2012 : et une décade de plus pour le magazine gratuit. L’un des derniers indépendants, ce bimestriel, affichant 100 000 exemplaires à
son compteur (répartis entre la France, la Canada, le Luxembourg et la Belgique), n’a en rien perdu de sa vigueur et continue de défricher les musiques actuelles de l’espace
francophone.
Mais qu'est-ce que Sur la même
Longueur d'Ondes (L.O.) ? La réponse est géovariable, sans cesse en mouvement, preuve que la musique est matériau vivant qui ne cesse de se renouveler. Une revue qui, sans jamais se noyer, n’hésite pas à nager à
contre-courant, traitant ainsi en majorité les autoproduit et faisant appel à son propre réseau de diffusion. Et trois composantes essentielles :
UN NOM
Presque un slogan, emprunté à un album de Diane Dufresne daté de 1975. Dufresne ? La chanteuse québécoise, ses costumes excentriques et
son goût pour la mise en scène ou la peinture. C’est assez symbolique de l’ambiguïté que voulait entretenir le magazine, lui-même à cheval entre deux continents et avec une volonté
pluridisciplinaire. D’un clin d’œil, cette phrase-titre “Sur la même Longueur d’Ondes” est rapidement devenue une envie, la nécessité de drainer une large communauté - “du même avis” - délaissée par les médias traditionnels. Comme une promesse, une réponse francophone à nos cousins du magazine Rolling Stone (dont le titre fut, lui, emprunté
à Muddy Waters).
UNE PHILOSOPHIE
Rédaction ? Plutôt un “collectif”. Un
rassemblement d’individualités (photographes, journalistes, musiciens, écrivains, plasticiens, animateurs radio…) autour d’un projet commun. Un savant mélange d’expériences et de générations aux
goûts très hétéroclites. Assez pour se revendiquer multiculturel et s’éloigner des diktats du journalisme lambda. Et si certains ont déjà pu tâter le caractère entier de certains de ses
collaborateurs, n’est-ce pas, là encore, logique ? Ici, les choix ne se justifient pas par le contexte, mais les tripes. Ici résistent quelques passionnés et autres insoumis ! Un Adn plutôt
“rock”, finalement. Car Longueur d’Ondes est à l’image du monde qu’il défend : une horde d’enthousiastes, une “famille” d’auteurs qui multiplient les projets internes et externes. C’est au
contact des autres que l’on s’enrichit ? Le magazine en est l’illustration.
UNE IDENTITÉ
C’est surtout l’un des derniers magazines
indépendants ! Qui subsiste musicalement aujourd’hui pour défendre les petits, les artistes en développement, les oubliés et indépendants ? Un bon tiers du magazine propose à chaque parution des
entrevues et des chroniques avec des artistes autoproduits ! Ces trois axes (nom, philosophie, identité) sont les pierres fondatrices de l’édifice. La raison qui anime la rédaction, la motive.
Ils expliquent, au fond, l’essentiel : l’économie vacillante autant que les coups de gueules, les coups de cœur et la réelle différence avec la concurrence.
UN MAGAZINE ?
Ca fait 30
ans que l’on vous ment...
C’est un esprit ! Un savoir-vivre et une façon d’être ! Que
vous en partagiez les choix éditoriaux ou non, à travers son indépendance, au fond, c’est aussi la vôtre qui se joue.
> Nouveau site web
Illustration : Florent Choffel
C’était le 8 mai 2005.
Le Wall Street Journal publiait l’article « Faîtes-moi des électrochocs, les Ramones sont devenus mainstream. » 2011, l’imagerie du quatuor punk américain sert à
transformer en homme-sandwich les clients de magasins de fringues à bas prix. Oui, oui. Rien ne se perd, tout se transforme… Rigolez, allez ! Viendra un jour où votre vieille sera affublée d’un
pull cœur croisé à l’effigie de la bestiole d’Iron Maiden.
Mais loin d’être un aboutissement, la 20ème édition est surtout un cap (breton ?).
Un horizon qui espère en reprendre 20 de plus. Avec l‘appétit vorace des grands enfants. Car, cette année encore, de nouveaux records sont à inscrire dans la mythologie du festival : 212 000
entrées payantes (soit 260 000 personnes sur le site, 14 000 de plus qu'en 2010) ; 175 000 billets vendus en seulement trois jours ; et la 2ème fois (avec 2001) que le festival est
complet.
« On n’a pas tous les jours 20 ans » dit un peu facilement la chanson populaire. Et de Lorie à Amel Bent, de Serge Lama à Pierre Bachelet, de
Juliette and the Licks à Placebo, tous ont chanté cet âge qui
Eux, du rock à papa ? Plutôt des orphelins du genre, ouais. Voire des bâtards
magnifiques. Et pourquoi pas ? Car si certains y trouvent des relents old school, les sales gosses d’Orsono Records sont loin d’avoir une approche scolaire. Bien au contraire ! Il n’y a
pas que les rosbifs pour ressusciter les solos, faire culbuter classe et décadence, brutalité et mélo. Oui. Les Frenchies – aussi – sont capables de faire monter la cote, le poing en l’air et
l’autre main dans une culotte.
Avec un 1er E.P. promo et autoproduit « No Time To Meet The Pastor » (2010),
Clock n’ Works prouve que l’énergie peut se faire autant sensuelle que rageuse. Explosive et impulsive. Naturelle. Le 18 avril, deuxième acte : l’E.P. « However You Wanna Call It »
est livré avec la montée de sève printanière. Ecoutez voir le single « Oh Yeah right ». Ca sent la plage, baby. La pin-up en grenouillère et la bagnole, lancée à toute balle, avec
l’autoradio comme b.o.
Le
groupe bordelais, à la trajectoire unique en France, a toujours été un corps. Corps à corps, corps défendant, à corps perdu, esprits de corps… Toutes les définitions – et variations – semblent
lui convenir, tant l’unité fut motrice de leur action. Car, bien plus qu’une simple addition de membres, ce collectif a toujours fait preuve de cohésion. Dans les interviews (rarement en solo),
tout d’abord. Dans l’adversité (Vilnius) et ses actions de soutien, ensuite.
Ce fut le 8e défilé du festival. Un défilé attendu avec impatience chaque année et qui définit et redéfinit les
diktats du genre. Dans l’assistance endimanchée, tout le gratin était représenté : Marco Prince, Dominique A, Philippe Manœuvre, Mareva Galanter, Zazie, Daniel Darc, Jack Lang et 105 000 autres
habitués de cette traditionnelle fashion week de Saint-Cloud. La frange est basse et les lunettes ensoleillées – malgré le décor nuageux – dans un lieu qui affiche complet depuis une semaine.
Pourtant,













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