Vendredi 6 juin 2008

Oubliée la crête gélifiée, le noir et le fluo, les slims ou les singlets moulants. Au printemps dernier, les adeptes de la Tecktonik ont vu d’un mauvais œil l’arrivée en France du Melbourne Shuffle. Nouvelle lubie, nouvelle danse et mode vestimentaire, le Melbshuffle est aux pieds ce que la Tecktonik est aux bras.

La Street Dance - appellation générique pour ces danses venues de la rue - fait son grand retour dans les médias grâce notamment à son exploitation dans les clips Rap ou R’n’B. Dans ce contexte de réappropriation et de métissage, deux principaux mouvements américains avaient par ailleurs donné le ton, dépassant leur simple statut initial. Il y eu par exemple le New School (ou New Style), exploitant à son avantage des mouvements rapides et combinant d’autres danses comme le Popping, le Boogaloo ou la Wave Dance. Puis, nous pouvons noter entre autre le Krump (ou Clowning), mélangeant dans un esthétisme tribal des figures acrobatiques. De beaux exemples de synthèse d’héritages culturels, soulignant chaque fois l’importance sociologique liée à ces émergences et la mutation de l’espace public en un gigantesque terrain de jeu.

Mais au-delà même du Melbshuffle, de nombreuses danses avaient bien évidemment capitalisé sur les mouvements des pieds et des jambes. Le JumpStyle belge, par exemple, consiste en un enchaînement de sauts sur une rythmique appuyée. D’autres variantes sont connues, à l’image du Hardjump, y intégrant des notions plus ou moins chorégraphiées. Enfin, plus récemment, le Footworkin’ (ou Jurkin’) de Chicago et ses refrains accélérés sur des beats acides donnait dans le remix Riverdance du Break Dance traditionnel.


Le courant est né au début des années 80 au sein de l’underground australien


Le Melbshuffle (ou Shuffling, Melbourne Shuffle) est issu, comme son nom l’indique, de Melbourne. Mais si les Djs étrangers nomment ainsi le style pour illustrer son croisement entre « la danse du poulet et celle du robot », c’est seulement en 92 que le mot  apparaît en Une du journal The Age. Bien que ringardisé dans les années 90, le style a finalement fait son grand retour grâce aux nombreuses vidéos des plateformes d’hébergement en ligne.

Les mouvements de base combinent le Moonwalk et un martèlement du pied. Certains danseurs n’hésitent d’ailleurs pas à recouvrir le sol de poudre de talc pour faciliter la sensation de glisse. Plus rarement, quelques variantes intègrent les bras ou des sauts pour compléter ces pas stylisés. Au niveau vestimentaire, les danseurs utilisent principalement des phats (pantalons larges et évasés en bas) pour cacher les pieds et des sweats à capuche ou des casquettes. Dernièrement, certains ont même opté pour des pantalons corsaires, afin de mettre davantage en valeur leur jeu de jambes.

Côté musique, la composante principale était à l’origine le triptyque Jazz / Acid / House. Au fur et à mesure, c’est la très populaire Transe Music du début des années 90 qui pris le relais, puis finalement le HardStyle et l’Electro à l’arrivée de la House Minimale. Très prisé en Hollande, en Belgique et dans le Nord de la France, le HardStyle (130-150 bpm / battements par minute) est également utilisé pour le JumpStyle et la Tecktonik.


Les aficionados sont en majorité métropolitains avec une moyenne d’âge de 15 ans


Si la France connaît un retard relatif en la matière, le Melbshuffle a lui déjà gagné le Japon et l’Allemagne depuis quelques années. Il est également présent dans quelques raves parties du Royaume-Uni et de la Thaïlande (Koh Phang Ngan). Des compétitions sont même organisées en Lituanie ou en Malaisie et un documentaire intitulé « Melbourne Shuffler » est sorti en DVD en Australie à la fin de l’année 2005. Dans le Sud de la France, la danse se développe grâce à quelques boites de nuit, telles que l’Inox Electronic Club à Toulouse ou encore le Barlive à Montpellier.

Suite aux nombreuses critiques à l’encontre de la Tecktonik, le contexte actuel pourrait bien favoriser l’émergence du Melbshuffle en France. En effet, au-delà du débat portant sur son cigle de l’aigle héraldique propre aux empires (de Charlemagne en passant Napoléon et les nazis), le terme « Tecktonik » est en France une marque déposée par Cyril Blanc et Alexandre Barouzdin, de la discothèque Metropolis à Rungis. Il est donc impossible d’organiser une soirée employant ce terme sans un accord préalable, contrairement à la majorité des mouvements de danse. Enfin, depuis décembre 2007, TF1 Entreprises est devenu l’agent international de la marque. Certains danseurs veulent ainsi se détacher de cette dénomination « Tecktonik » et choisissent volontairement l’appellation Danse Electro pour éviter toute récupération.

Face à cette surenchère, le ton est donné. La Street culture du Melbshuffle aura-t-elle raison des fins commerciaux de la Tecktonik ?

LIEN
> Analyse de la
Tecktonik


par Rue89
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Mercredi 14 mai 2008

11 nominations aux Laurence Olivier Awards (Société des Théâtres de Londres), 7 aux Theatregoer’s Choice Awards (Prix du public) et 8 Tony Awards… L’adaptation du film homonyme et coloré de John Waters bat tous les records. Joué depuis octobre 2007 au Shaftesbury Theatre à Londres et depuis 2002 au Théâtre Neil Simon de Broadway, la comédie musicale a déjà généré plus de 135 millions d’euros. A quand la France ?

En 1962, la rondouillette Tracy Tumblad tente d’intégrer le casting d’une émission télévisée populaire, grâce aux conseils de ses amis black. Une love story naît alors de ce contexte où se mêle ségrégation, opposition white trash et société consumériste. L’histoire a ainsi tout de la fable universelle et intemporelle à la Bollywood, entre castes sociales et ethniques. Au sommet de ce mécanisme pyramidal subsiste des Etats-Unis 60’s en proie à un ennemi commun : la différence. Un antagonisme présent au sein de l’Amérique profonde, tant chez les prolétaires et les obèses qu’à travers une immigration non assimilée. La jalousie haineuse et les chants prennent alors prétexte à toutes les situations.

Meilleure comédie musicale 2007 ? Les critiques britanniques ne s’y sont pas trompées. Dans cette joyeuse récréation kitch et régressive, les décors sont criards, les sourires sont forcés et les mèches gominées comme tout épisode d’Happy Days sous acide. Très vite, on se laisse emporter par l’énergie communicative de l’excellent casting vocal, qui parvient même à en effacer la vedette. De la blonde arriviste en passant par la grosse rêveuse, le gentil black, le bellâtre timide, la mégère jalouse ou encore la frigide en éclosion, les personnages sont volontairement caricaturaux pour cloisonner les ambiances et rappeler la naïveté d’antan. La Soul, le Funk et le Big Band donnent des airs de boom déjantée - inspiré par le Buddy Dean Show - où les déhanchés et les claps dans les mains remportent allégrement la mise. Sans temps mort, le casting anglais est si parfait (dont un postiche de The Supremes) que l’on en vient à être profondément tatillon et guetter, en vain, le moindre faux pas. En prime, Michael Ball, le travesti anglais jouant le rôle de la mère de Tracy, apporte un décalage bienvenu et irrésistible, confirmant le second degré de cet ovni. Effet garanti, même chez les inconvertis du genre.

En France, et ce malgré les nombreuses récompenses, on peut se poser légitimement la question de savoir si une adaptation aurait autant de succès. Tout d’abord, la légèreté des paroles Soul et leurs traductions dans la langue de Molière pourraient malmener la tradition du parolier francophone en guimauve édulcorée. En effet, nos patriotes éprouvent le besoin - somme tout inédit en Europe - d’intellectualiser les œuvres à tout prix et de fuir toute culture populaire. Une méfiance qui ici devrait être plus accrue en raison du remake récent réalisé avec John Travolta. Ensuite, l’hexagone voue un amour particulier aux Etats-Unis dans son inconscient collectif, en particulier pour cette époque guimauve qui ne développe que peu de nostalgie chez les réfractaires de l’ère Elvis. Difficile donc de s’identifier directement dans cette ode à la tolérance et à la liberté dont la désuétude évoque presque l’imagerie gay. Enfin, les comédies musicales françaises peinent à décoller malgré leur qualité (Cabaret, Roi Lion) quand les mêmes adaptations sont jouées depuis des années à Londres ou Broadway. Et si les comédies françaises sont en France des tremplins, c'ets à l'étranger une récompense pour les acteurs expérimentés. Que l’on se rassure, dans ses références et ses faits, l’exception culturelle française existe et résiste toujours. Mais est-ce toujours un bien ?

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par Samuel Degasne
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Vendredi 8 février 2008

23 ans que le groupe marseillais existe. 15 ans que Freeman, l’un de ses chanteurs, y rêvait.

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La BD est enfin sortie dans les bacs début décembre. Inscrit dans la mouvance des Marvel et autres Comic’s, Akhenaton, Shurik'N, Kheops et les autres proposent une image fantasmée du groupe pour notre plus grande plaisir.

Le premier volume d’une saga prometteuse à l’esthétisme soignée, emprunt de second degré.

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par Longueur d'Ondes
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Lundi 17 décembre 2007

Comptable de formation et autodidacte, le sculpteur a achevé cette année deux sculptures en bronze dans la commune de Chévremont (Territoire de Belfort). Deux œuvres massives qui font autant la fierté de la bourgade que celle du retraité devenu un jeune talent.

bronze.JPGAvant de devenir lui-même acteur de son art, Jean-Pierre Bernard a longtemps visité les musées en simple spectateur. Une sensibilité accrue qu’il a su un jour mettre à l’épreuve de la photographie, puis de l’argile. De cette phase d’observation et de persévérance, Jean-Pierre en garde des réminiscences. Une quête de l’élégance et de la pureté. Une volonté de rattraper le temps perdu. Une obsession communicative qui le pousse désormais à parfois utiliser des patines ou des peintures flashies sur ses bronzes. Car se sont réellement deux univers qui se rencontrent ici : l’essence noble et brut du matériau froid face à la couleur vive de la modernité. Un joyeux anachronisme qui fait le pont entre les cultures et les âges.

Cette année a été marquée par l’aboutissement du « Galant de Chèvremont » en juin dernier. Une sculpture de plus de deux mètres de haut qui a nécessité cinq ans de travail. L’initiative marque à la fois une sensibilisation à l’art et la volonté de protéger le patrimoine local. En effet, l’œuvre puise son origine dans une balade traditionnelle aux environs de 1756, et chantée lors des fêtes familiales. Chèvremont faisait alors parti de l’Ajoie à une époque où le Royal Comtois aurait pu être ce soldat Garant revenant de la guerre. Et si une première démarche de conservation avait été effectuée en 1978 par un groupe folklorique grâce à la tradition orale, la légende a désormais prit pied dans le bronze. Cristallisée et figé dans le matériau, elle peut traverser sans crainte les générations. Une seconde sculpture sur le parvis de la Mairie acte l’initiative et effectue un rappel de sa grande sœur juchée sur le carrefour principal de la ville. Les deux œuvres se renvoient ainsi l’appareil alternant pour l’une un axe contemporain et un angle résolument narratif pour l’autre.


INFOS
> Fonderie d’Art Bronze
Prenez un stage de cire perdue en pleine Provence. Pendant 5 jours, apportez votre sculpture et repartez avec une copie de celle-ci en bronze et avec sa patine. Le formateur (Ingénieur INSA-IAE) vous apprendra toutes les techniques de cet art et le fonctionnement du four à fusion. Des financements sont possibles par l’Anpe et les Fonds d’Aide à la Formation.
> Site officiel

> Le Bronze Industriel

Fondée en 1934 et située à Suippes (Champagnes-Ardennes), l’entreprise est actuellement le leader de la métallurgie des alliages cuivreux spéciaux.
> Site officiel


> Musée du Bronze

L’économusée d’Iverness (au Québec) est un des seuls instituts reconnus dans le monde. Cet organisme, sans but lucratif, est voué à la recherche, à la mise en valeur, à la diffusion, à la fabrication, à l’interprétation et à l’éducation relative à l’Art du Bronze.
> Site officiel


> Atelier François Bronze

Avant de déménager sur Avignon, l’atelier fut créé en 1958 à Paris. Il perpétue depuis la tradition de la restauration, de l’entretien et de la conservation de tous les objets d’art en bronze. Fort de sa renommée internationale, François Bronze intervient dans toute l’Europe. Tout y passe, des horloges, aux statues, en passant par les fontaines publiques ou les monuments aux morts.
> Site officiel


par VOUS Mag
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Lundi 8 octobre 2007

A la base, il s’agissait d’une expression créole exprimant le fait de faire circuler l’information par la parole. Au final, c’est un collectif parisien corrosif et acide entre slam et références littéraires. Un téléphone arabe métissé et politiquement incorrect. Un ring verbal qui fait le grand écart entre Apollinaire et des revendications sociales presque anarchiques.


Bouchazoreill’ fait l’apologie de la parole libre. Celle qui vous titille les neurones et qui sort du maquis pour vous sauter à la gorge. Celle belliqueuse ou ironique qui prône autant un bordel assumé que l’apport culturel de l’immigration. On hurle contre les injustices, on taillade au nom de ses droits, on s’indigne au gré de ses envies. Ces poètes de la rue et grapheurs de mots signent tour à tour des manifestes au goût de pamphlet acerbe et de tendre brûlot. Trop loin, trop vite, trop politique… Imaginez donc des Rage Against The Machine en français, les No One Is Innocent de la grande époque, les Sexy Shushi ou autre Yelle. Les tournures cognent, s’entrechoquent et résonnent sur les beats gras de l’électro, des guitares saturées ou des ambiances épurées.

Né des après-midi organisés à la Boule Noire et au Trabendo pendant 3 ans, le collectif s’est créé à l’initiative du rappeur et comédien D’ de Kabal. Sur scène, les « micros ouverts » partagent le brasier avec les vidéos d’Alambik. Le propos est cru et sans détour. Le style englobe à la fois la littérature, le hip-hop, le théâtre et la politique. Et même le médiatique Grand Corps Malade fait parti de l’aventure, au même titre qu’un bon nombre de musiciens qui ont su habillé cette matière brute : Emilie Simon, Olivier Mellano, Hélène Labarrière, François Manara ou encore Doctor L. Le tout a une saveur de cendres, graviers dans la bouche, pavé dans la main et batte de base-ball dans l’autre. Quant au disque, il est une excellente continuité de ces rendez-vous désormais incontournables avec de très bonnes surprises comme « Merci Merci », « J’ai vu » ou « La Chasse ».

Craignez donc l’invasion de ces nouveaux slamistes. Ce cri de douleur autant que celui du cœur. De la révolte dopée à la créativité…

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par Respect
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Lundi 6 août 2007
Si depuis 82, la Loi Lang a réussi à sauver les petits diffuseurs français de la concurrence en limitant les rabais, la mesure souffre aujourd’hui de nombreux détournements. Internet et ses multinationales relancent l’offensive qui avait coûté la vie des disquaires. Nul n’en connait l’issue, mais une chose reste certaine, c’est que dans le milieu, une page se tourne.

Loi-Lang.jpgLa Région Aquitaine
a dernièrement choisi de monter au créneau avec une campagne de sensibilisation à l’occasion des 25 ans de la loi sur le prix unique du livre. Car oui, un livre n’est pas plus cher que l’on aille dans un hypermarché ou une librairie de proximité ! Cette loi a ainsi favorisé la diversité de la production éditoriale et inspiré une dizaine de pays européens.
 
Ce que l’on sait moins cependant, ce sont les constantes tentatives d’y déroger : non-conformité avec le traité de Rome (libre concurrence européenne), les discounts sur les exportations belges et sur les livres scolaires ou parascolaires, les bons d’achats ou les cartes de fidélité. Autre menace : le port gratuit des boutiques en ligne. La stratégie constitue un véritable argument de vente et le livre y sert de produit d’appel. C’est ici qu’intervient la confusion entre le commerce culturel et le commerce de la culture. Ces pratiques, même si elles font souvent l’objet de condamnations, sont courantes.
 
Le problème ? Les trois principaux groupes (Alapage, Fnac et Amazone) ne sont pas inquiétés par les amendes judiciaires et établissent même leur stratégie sur des positionnements à perte pour conserver leur monopole. Le pire ? Ces enseignes ne sont que des intermédiaires.

Pourquoi préférer les libraires ?
Si les grands réseaux de distribution amplifient les succès, elles ne proposent ni choix qualitatifs, ni véritables conseils (à part quelques forums ou présentoirs illusoires). Perte de temps. Perte d’argent. Le combat est donc inégal face à des librairies dont la mission est la lecture, la recommandation, les collectivités locales et la personnalisation du client. Attention, les libraires ne nient pas l’importance d’Internet. Ils soulignent juste son rôle initial d’extension de l’activité traditionnelle. Avons-nous envie d’un marché qui décide unilatéralement de ce qui est bon ou ne l’est pas ?
 
L’Etat doit prochainement se prononcer sur la question et propose en préambule la création d’un label indépendant. En vue d’écrire un nouveau chapitre à la Loi Lang ?

LIENS
> Bookcrossing
Devenir écrivain : une mode ?


par Croque-Madame
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Mercredi 16 mai 2007
Les autodafés enfin révolus, voici venir l’ère du e-paper, envahissant bientôt le marché de l’édition et de l’information. Qu’à cela ne tienne ! Le papier n’est pas mort et dans l’ombre, la lutte s’organise. Fini l’élevage en captivité, le livre a décidé de retourner dans son premier élément : la nature. Car si votre entourage ne partage pas vos goûts, il est encore possible d’en faire profiter les autres... Avides de lecture, vous êtes prévenus ! Les battues sont lancées et la chasse est ouverte.

BookCrossing.jpg
Quoi ?
Inventé par Ron Hornbaker en mars 2001, le BookCrossing (BC ou BK) consiste à cacher un livre dans un lieu public, l’enregistrer sur Internet et suivre ainsi son parcours grâce à un numéro identifiant unique (BCID). Chaque nouveau propriétaire de l’objet peut ensuite écrire un commentaire après lecture, avant de lui-même relâcher le livre. Un concept qui s’inspire des chasses aux trésors (celles classiques : Cistes / celles avec GPS : Geocaching) et des sites Internet permettant de connaître la traçabilité de ses billets de banque (dollars US : Wheresgeorge / dollars canadiens : Canadian Money Tracker / euros : Eurobilltracker).
 
Depuis la création du site le 17 avril 2001, plus de 550 000 membres ont été identifiés pour près de 3 620 000 livres inscrits. Dans l’Hexagone, le phénomène a explosé le 23 octobre 2003 avec le premier MegaBookCrossing (remplacé par MeetUp).où se sont retrouvés tous les participants français.
 
Evolutions ?
Il y a actuellement en France près de 15 000 bookcrosseurs pour environ un millier de livres libérés par mois. C’est peu face à la moyenne anglo-saxonne ! L’initiative subit en parallèle quelques variations comme les BookRings. Quelle différence ? Une personne propose de faire circuler un livre à une liste de lecteurs inscrits. Les participants se chargent ensuite de faire suivre l’objet entre eux. Attention, les choses se compliquent ! Si le livre ne revient pas à son propriétaire original, ce n’est plus un BookRing, mais un BookRay. Et si c’est une boîte contenant plusieurs ouvrages (généralement thématiques), on emploie le mot BookBox. Dans ce cas, chaque inscrit peut remplacer le lot par le même nombre de livres.
 
Enfin, en 2005 est apparu le PostCrossing (PC) sur l’initiative du portugais Paulo Magalháes. Reprenant le même procédé appliqué aux cartes postales, le site Internet compte aujourd’hui 20 000 membres issus de 131 pays différents et plus de 530 000 envois postaux. Les pays les plus actifs sont la Finlande, les Etats-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Portugal. La France, quant à elle, est toujours à la traîne…
 
LIENS
> Site officiel (anglais)
par Croque-Madame
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Vendredi 4 mai 2007
Il a fallu une vingtaine d’années pour faire accepter le graffiti comme un véritable art visuel, et non plus comme une simple nuisance urbaine, facteur d’insécurité et de vandalisme. Et pendant que la police continue de courir, des musées dédiés à la discipline s’ouvrent de part le monde. Mais c’était sans compter sur la génération actuelle qui vient de révolutionner le genre…

Space-Invaders.jpg
Avant
Les murs, les métros et les camions ont fait les frais de cette culture hip-hop. Exit les peintures rupestres de Lasco et ses peaux de bête, direction le métro de New-York dans les 70’s. A l’époque, les gangs s’unissent pour graffer des rames entières. Et même le New York Magazine lance un concours. C’est dire… En France, après quelques balbutiements pendant l’Occupation, c’est évidemment Mai 68 qui met le feu au poudre avec ses slogans vindicatifs au pinceau. Aujourd’hui, la majorité des graffeurs délaissent leur nombrilisme pour se cacher derrière des concepts marquants. Monsieur Chat, El Pez, Miss.Tic ou Space Invaders, ce sont autant de noms qui appartiennent désormais au patrimoine urbain. La SNCF, elle, continue de consacrer 5 millions d’euros par an pour lutter contre l’invasion…

Après
L’un des buts du taggueur est que son message soit vu par le plus grand nombre. C’est en tout cas l’un des objectifs de Psy et Team qui terrorisent actuellement les murs du périphérique parisien. Grâce à un extincteur dont le contenu a été interverti par de la peinture, le duo peut réaliser des tags de 4m en quelques secondes. Pour l’artiste Bad News, tagguer c’est avant tout choisir un support original. Le français a donc décidé de s’attaquer aux billets de banque, puis de les remettre en circulation. Du côté des Etats-Unis, un collectif joue les Fight Club en n’allumant sciemment que certaines lumières des immeubles la nuit pour faire apparaître un smiley, une tête de mort ou des messages comme « I Watch You ». Enfin, à Sào Paulo, les Pixadores ont inventé leur propre écriture et s’improvisent alpinistes sur les façades de buildings ou dans les endroits les plus inaccessibles. Alors, à quand l’Elysée ?


LIENS
> Agit Pop : la peinture anti-capitalisme
> Les Pixadores
> Monsieur Chat
> Miss.Tic
> Space Invaders

par Croque Madame
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