Sacs à mains, chapeaux, vinyles, lunettes et accessoires fantaisistes,
bottes à talons et manteaux en cuir... On trouve de tout sur les stands improvisés de l'espace presse. Normal, des brocanteurs vintage ont investi, pour la première fois, l'endroit. Parmi eux,
Stéphane et Geoffroy, passionnés de Lucha.
Difficile de les rater avec
leurs masques de catcheurs mexicains et leurs babioles bariolées. Jaune, vert, rouge… La macédoine de couleurs a de quoi vous rendre épileptique, style fajitas géantes en prise avec un
retour d’acides. Et si les six exposants traînent les mêmes brocantes, les deux compañeros tranchent avec le décor, comme la moustache d’un mariachi flottant dans un verre de
téquila. Ca sent l’hormone et la sueur, ouais. La transgression.
"Oui, mais le catch mexicain, c’est rock, justement ! Beaucoup plus flamboyant que la vitrine américaine...", balance le premier, façon uppercut anticipé. "Beaucoup
de groupes utilisent cet univers graphique, comme par exemple la vierge de Guadalupe, tout simplement parce que la culture ancestrale et le monopole gauchiste y sont importants. Revendiqués avec
force !" Au deuxième d’ajouter qu’ "il existe une vraie connexion avec les arts. Regardez les anciens catcheurs El Santo ou Blue Demon… Ils ont fait du
cinéma !"
Il faut dire qu’on ne la leur fait pas. En effet, près de 4 masques de catcheurs mexicains sur 5 à Paris ont été vendus par leurs soins. Oui, mais sur le festival ?
"Même si cela aurait certainement encore plus marché dans le village artiste, l’esprit correspondant au public d’ici. Après tout, ne se déguise-t-il pas déjà pour venir ? Pantalon stretch,
grosses lunettes de soleil, chemise cintrée, etc. Nous n’en sommes pas loin !"
A côté, les deux compères gèrent le bar La Lucha Libre, dans le 5e arrondissement, avec ring adéquat, commentaires avisés pour haranguer la foule et nourriture
épicée. Le bar à tapas accueille même des concerts de surf music, de rock 60’s et dernièrement… Party Ben, le bootlegger. Et pour ceux qui en revoudraient encore, possibilité de se tataner en
sumo sur le ring. Et toc !
Oui, mais les gars, honnêtement, entre nous, c’est décoré aussi flashy et kitch chez vous ? "Ouh la non !", répond Stéphane, sourire en coin, "chez moi, j’ai
fait un mélange mexicano-japonais, au grand dam de ma femme, histoire de varier un peu, quoi. Ambiance pop dopée au colorant…"
Ah oui, quand même ! Comme quoi, c’est Valérie Damidot qui va être contente…
Au cœur même du festival, une partie des 150 portraits de la série Lift'In,
réalisée en marge de l'émission de Canal+, tranche avec les festivaliers qui s'encanaillent et les statues du parc dessinées par Le Nôtre. Pour tous les photographiés, un même cadre : un
monte-charge, une lumière blafarde s'extirpant du plafonnier crasseux et, surtout, un temps de pose limité. Les corps en suspens sont cristallisés dans l'instant. Confinés dans un espace
restreint. A la fois intime et insaisissable. Que le festival a récréé de toute pièce.
Comment est né le projet ?
En parallèle de sa programmation
culturelle et multidisciplinaire, la ville du Blanc-Mesnil (93) organise pour la troisième année, quatre rendez-vous avec des intellectuels et des penseurs. L’occasion de s’interroger sur le
monde qui nous entoure à travers l’angle de la psychanalyse, du travail, de la philosophie ou encore de la démographie. Le 12 novembre à 18h30, c’est au tour du philosophe Alain Badiou d’ouvrir
la nouvelle édition, répondant à l’invitation de Bernard Vasseur, le coordinateur de ces rencontres.
Depuis quelques années, l’artiste
développe ses recherches autour de la « pollinisation de la ville » : le Rucher Expérimental sur le toit de la Mairie de Saint-Denis, les Butineurs Urbains sur les trottoirs de Paris et
d’Aubervilliers ou bien encore la ruche Bee-box suspendue dans le quartier de Stalingrad à Paris et depuis juin au Forum du Blanc-Mesnil dans le cadre de la résidence départementale.
La Street Dance













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