Lundi 21 juillet 2008

Pour lutter contre l’érosion du marché de la bière en déclin depuis 25 ans, les principaux brasseurs mondiaux misent sur le cidre et ses dérivés. En France, c’est Kronenbourg qui a dégainé son Apple Frost - Cider on Ice - en mai dernier et qui compte sur les festivals de l’été pour l’implanter.

Ne pas confondre cidre et cider. Le cidre obtenu après fermentation des pommes n'a rien à voir avec les 6 millions d'hectolitres britanniques fabriqués avec des concentrés de jus de pommes mélangés au glucose, au sucre, aux arômes et aux colorants.

En France, c’est la Normandie qui demeure la 1re région productrice de pommes à cidre (300 000 tonnes par an), lançant dernièrement le programme écologique « Innovacidre » avec l’aide des régions Bretagne et Pays de la Loire. De nombreux praticiens en vantent les vertus curatives, notamment pour stimuler le métabolisme, aider à la perte de poids et réduire les troubles digestifs ou les risques de calculs rénaux grâce à ces propriétés détoxifiantes.

Selon le dernier rapport de la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot, le cidre est de loin la boisson alcoolisée la plus souvent consommée chez les 11-13 ans. Un record qui s’estompe à partir de 15 ans. La boisson s’est en effet banalisée en raison de sa relative teneur en alcool, sa réponse au goût amer de la bière et sa plus grande utilisation en cuisine, permettant de se marier avec de nombreux plats.


En 3 ans, la vente de cider a été multipliée par 10 outre-Manche


En 2007, le marché de la bière en France est en recul de 3,5 % (soit 19,56 millions d’hectolitres, contre 20 millions l’année précédente). Le fruit cider pèse 425 millions de livres, soit 1,3% du marché des alcools. En Grande-Bretagne et en Irlande, les consommateurs sont 5 fois plus nombreux par rapport à ceux du vin et 10 fois plus important que ceux de la bière. Les lignes sont donc en mouvement côté brasseurs et le cidre / cider apparaît comme une occasion de reconquérir le marché.

Le contexte économique explique aussi cette nouvelle démarche. Pour lutter contre la fusion du nouveau leader mondial InBev (Stella Artois) / Anheuser-Busch (Budweiser), le groupe Heineken / Carlsberg a acquis la moitié du groupe anglais Scottish and Castle (Strongbow) et le numéro 1 en France : Kronenbourg. Le géant hexagonal ne s’est alors pas fait attendre pour préparer sa riposte.

Son dernier né (et preuve de ce renouveau) : le cider Apple Frost, une boisson fermentée à base de jus de pomme, servie sur des glaçons et accompagnée d’un concentré de jus de poire. Vendu par pack de 4 dans les 4,20€, les bouteilles de 33 cl avoisinent les 5°. Et avec un marché du cidre estimé à 1 million d’hectolitres par an, le brasseur strasbourgeois espère donc en vendre 25 000 pour l’année 2008 d’après les tests réalisés dans 150 points de ventes français.


Kronenbourg estime que le marché des 18-35 ans est désormais mûr


Le groupe poursuit ainsi son recentrage après la cession des Tavernes de Maîtres Kanter et de sa filiale Elidis. Si l’opération marche et que la croissance équivaut celle de la Grande-Bretagne, l’Apple Frost proposera des déclinaisons de formats et de goûts. Enfin, le produit sera fabriqué à partir d’avril 2009 sur le site d’Obernai (Alsace), malgré tout menacé par une centaine de suppressions de postes d’ici à 2010, selon Le Figaro Economie.

Malgré l’échec du X-Cider en avril 97, le brasseur français retente donc l’aventure en s’inspirant des produits irlandais (Magners, puis Bulmers) plus fermentés, alcoolisés et marketés que la boisson traditionnelle. Certains barmans reprochent dors et déjà le prix supérieur de 27 cent au litre par rapport au réputé Strongbow (dont la croissance est de 19% par an), et ce, malgré les glaçons fournis. Il y a 11 ans, c’était Pernod Ricard qui avait malmené la marque en sortant un produit similaire. Qu’en sera-t-il pour cette année ?

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par Rue89
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Vendredi 16 mai 2008

Restaurants gastronomiques, étalages de marché, sites Internet spécialisés… Tous réintègrent désormais avec audace des légumes anciens ou oubliés dans leurs menus. C’est ainsi le grand retour du panais, du topinambour ou encore du salsifis, tombés en désuétude depuis plusieurs décennies.

Au cours du XXe siècle, le volume des espèces et des variétés de légumes consommés a décliné au fur et à mesure des avancées de l’urbanisation. Le développement de nouveaux modes de production et de distribution a conduit à restreindre l’offre en matière de diversité. L’exode rural entraînant une baisse de la main d’œuvre et la déprise agricole (abandon de l’activité de culture ou d’élevage) de certaines zones de faible productivité, l’agriculture intensive et de masse a supprimé les plantes à faible rendement et poussé à investir plus pour palier au déficit.

Il ne faut pas négliger non plus les conséquences des pénuries en temps de guerre qui poussèrent à la surconsommation de certaines variétés, provoquant par l’abondance un dégoût relatif et post-traumatique. Les affres de la restauration collective ont, elles aussi, parfois participé à certains bannissements dans les nouvelles générations. On estime ainsi aujourd’hui que sur l’ensemble des variétés comestibles cultivés il y a cent ans, près de 75% ont disparu.


Une situation inquiétante dans un monde qui bascule vers l’obésité


Quelques irréductibles remettent au goût du jour ces légumes oubliés tels que le crosne du Japon, le cerfeuil tubéreux, la carotte jaune longue du Doubs, la pomme de terre suédoise bleue, la betterave chiogga, l’arroche des jardins rouge. Certains ont d’ailleurs bénéficié d’un effet de mode comme le retour d’Halloween en France. Ainsi, les cucurbitacées, le pâtisson, les coloquintes ou le potimarron connaissent depuis dix ans un nouvel engouement en automne, envahissant aussi bien les décorations que les assiettes.

Même la recherche scientifique a recommencé à valoriser les vertus de végétaux oubliés et sous-estimés, faisant davantage état de leurs vitamines, de leurs minéraux et de leurs fibres. De récentes études, relayées notamment par le livre "Alternative Medicine and Rehabilitation" en 2003 sur les atouts antioxydants des polyphénols (des molécules organiques), offrent des perspectives intéressantes dans le traitement et la prévention du cancer, des maladies inflammatoires, cardiovasculaires et neurodégénératives.


Influence perceptible dans l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique


Les cuisiniers, en particulier ceux de la cuisine gastronomique ou traditionnelle, se sont eux aussi réapproprié certaines saveurs, en offrant de nouvelles perspectives culinaires à leurs plats. Cardons, tétragone, ficoïde, pissenlits, orties sauvages, salicorne, nèfles, baies de sureau… Chacun sollicite ces sensations oubliées jusqu’alors, en combinant les couleurs, les formes, l’originalité et la nostalgie d’antan. Des chefs comme Marc Veyrat ont pris l’habitude de se fournir dans les sous-bois, louant les qualités de la menthe sauvage, du crocus sylvestre, de l’oxalis ou autres baies et champignons peu utilisés.

Effet garanti: la curiosité des consommateurs urbains est attisée


Pourtant, le problème n’est pas récent et certains militent depuis des années pour ce retour. Bernard Lafon, par exemple, est à la tête de sa ferme "Oh légumes oubliés" depuis 1977. Ce producteur de Sainte-Marthe (à 15 km de Bordeaux) est un amoureux de la biodiversité et des plats de son enfance. Il réhabilite, valorise et vend des pâtissons, du pourpier, du sureau, du vergus du Périgord, du navet noir ou encore de l’amour en cage. Il s’agit actuellement d’un des lieux les plus visités de la Gironde.

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par Rue89
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Vendredi 11 avril 2008
C’est désormais possible d’habiter dans un commissariat, un pub ou une chapelle. Conséquence d’un assouplissement de la loi ? Non. Depuis 15 ans, Camelot Property se charge de repérer des lieux inoccupés en attente de rénovation ou de destruction en échange d'un contrat de gardiennage. En France, c’est Lancelot qui assure le relais du groupe européen.


Cherche locataire pour ancien hôtel désaffecté: 159€/mois." L’annonce pourrait être une blague de mauvais goût, si la formule n’avait pas séduit plusieurs pays européens. Il faut avouer qu’habiter un lieu hors du commun en guise de logement temporaire a de quoi rendre jaloux tout amateur d’émissions de décoration.

L’initiative vient de spécialistes de la prévention d’occupation illégale. Le premier bureau s’est ouvert aux Pays-Bas en 1992. La société s’est par la suite développée au Royaume-Uni, en Belgique, en Irlande et désormais en France. Le panel d’habitations va de l’usine désaffectée au centre commercial en cours de réhabilitation, en passant à l’école en démolition ou le château bientôt mis en vente.

Des gardiens improvisés, qui évitent l'arrivée de "vrais" squatteurs

La solution est idéale pour ceux qui déménagent souvent ou ceux qui ne peuvent payer les prix du marché immobilier local. En échange d’un prix dérisoire, les gardiens improvisés -pour la plupart de vrais candidats au logement ou des bobos en mal de sensations- préviennent de tout acte de vandalisme, de problèmes de tuyauterie ou de toiture, et de la présence de squatters non autorisés.

Aux Pays-Bas, 8 000 personnes vivent ainsi, confirmant le potentiel européen autour de plus de 35 000 logements de ce type. En France, ce serait entre 50 000 et 60 000 personnes qui seraient intéressées, avec une quinzaine de bâtiments qui seraient disponibles fin 2008.

Pour postuler, il faut justifier d’un emploi fixe et de fiches de salaires des derniers douze mois. Attention enfin, les enfants et les animaux ne sont pas acceptés, seules l’eau courante et l’électricité sont assurées et une inspection mensuelle est effectuée par l'agence.

Etymologiquement, le terme même de "squat" est intéressant. Venant de l’anglais "s’accroupir", il définissait l’action d’occuper un lieu inhabité. L’emploi est intervenu lors de la conquête de l’Ouest américain, au XIXe siècle. Par extension, le squat a connu un essor contemporain sans précédent en Europe, comme en témoigne la centaine de squats barcelonais, leur légalisation aux Pays-Bas et en Italie ou ceux abritant des artistes à Paris.

Cependant, si l’on connaissait le squat par nécessité (précarité), à vocation culturelle (ateliers/workshops), libéral (zone de gratuité/free shops) ou politique (anarchisme, mouvement autonome), l‘action de Camelot Property s'intègre dans la tendance des "vacances horizontales".

Un dépaysement social, pour redécouvrir la ville

Le principe, initialement new-yorkais, consiste à prendre un congé non loin de son habitation usuelle, afin d’investir notamment l’hôtellerie de luxe ou le logement humanitaire. Ainsi, les initiés accèdent à un dépaysement social, découvrant leur ville sous un autre jour.

Le squat réitère également la notion de propriété d’usage, revendiquant par ce mode une maigre dépendance à l’argent au profit de son temps de vie. Il peut donc autant se révéler être un espace de résistance qu’un lieu d’expérimentation de l’autonomie (sociale et économique).

Lancelot France propose donc une forme de lutte contre le mal par le mal. L’occasion également de mettre un peu de piment dans son quotidien et se rassurer sur son refus de l’uniformisation sociétale. Preuve une fois encore que, hors de sa valeur fiduciaire, l’originalité a tout de même un prix.


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> Lieux branchés
> Monde de la contrefaçon


par Rue89
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Vendredi 12 octobre 2007
Nous étions parmi les premiers à vous en parler. Après les maris l'an dernier (visibles dans leur intégralité ici), c'est au tour des femmes des agriculteurs de poser nues sur un calendrier. D'une pierre deux coups, l'opération de Patrice Boinot avait autant permis de récolter des fonds pour le Téléthon de Gâtine (Deux-Sèvres, Vendée) que de décomplexer la profession. La seconde édition va-t-elle faire mieux que les 7000 calendriers de 2006 (soit 49 000€) ?

Pour commander le calendrier 2008 des agriculteurs pour 10€, composez le : 05.49.04.24.36 ou le 05.49.72.89.76


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> Dossier sur les calendriers

(dont celui des agriculteurs)

 

par Samuel Degasne
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Lundi 27 août 2007

C’est fini. La traditionnelle poche blanche à bretelle est, elle aussi, désormais inscrite au rang des espèces en voie d’extinction. Certains en ont d’ailleurs vu prendre la fuite, se retirant en pleine nature pour vivre une retraite heureuse. Pendant ce temps-là, dans l’ombre, la relève s’organise…

 
Sac-Plastique.jpgHein ?
Bien que pratique et économique (pour le consommateur), le classique « pochon » en polyéthylène n’avait rien d’écologique. Et si en Irlande, c’est une taxe qui régule l’affaire, il a fallu attendre 1995 et Michel-Edouard Leclerc pour médiatiser le problème en France. Résultats ? L’Etat a même fixé à 2010 la destruction de tous les sacs plastiques non biodégradables (malgré les réticences de la Commission Européenne).
 
Il faut avouer que la situation avait dégradé le paysage de zones comme la Corse ou Mayotte. Car, pour rappel, 500 sacs sont distribués par seconde, soit plus de 150 millions de déchets atterrissant sur le littoral français. Allez expliquer ça aux mammifères marins qui meurent en confondant l’objet avec une méduse… D’autant qu’il faut 400 ans pour décomposer un sac. Mais le souci ne se situe pas seulement à la destruction du sac de caisse, mais à sa fabrication (pétrole raffiné, encres, etc.).
 
Solutions ?
Tout ça profite à la star des années 60 : le cabas. Et à ce propos la créatrice anglaise Anya Hindmarch a visé juste avec un cabas écolo. Depuis, l’objet estampillé « I’m not a plastic bag » est relayé par de nombreuses stars : Scarlett Johansson, Claudia Schiffer, Jessica Alba ou encore Kate Beckinsale. Créé en association avec le mouvement militant « We Are What We Do », l’objet – presque introuvable - est actuellement l’une des meilleures ventes du magasin Colette.
 
Mais détrompons-nous, la guerre ne s’effectue que contre l’industrie du jetable et non contre celle du plastique. Car le traditionnel sac n’est utilisé que 20 minutes en moyenne et ne représente que 4% de la consommation de pétrole. Il s’agit donc d’une lutte symbolique et visuelle (le sac plastique étant l’objet le plus présent dans le monde). On étudie aussi pour l’instant des répliques en polyéthylènes oxo-biodégradables ou à l’amidon de maïs. L’Australie, l’Inde, la Nouvelle Zélande et les Philippines tentent eux de rattraper l’avance de San Francisco, Kinshasa et du Canada. Et même Schwarzenegger s’y met ! C’est dire…

A vous le look « arty-écolo » du dernier chic quand, sous les yeux de vos amis jaloux, vous sortirez votre nouvel ami le cabas… du coffre de votre gros 4x4.

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Vacances participatives : après les forums… 
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Absinthe : le retour de la Fée Verte 
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Fat Admirers : les hommes préfèrent les (très) grosses

par Croque-Madame
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Vendredi 17 août 2007

On connaissait le goût immodéré des japonais pour les monuments intellectuels français (Alain Delon, Mireille Mathieu, …), les sous-vêtements en coton, les Karaokés et les tentacules friponnes. Fini de rire ! A la rentrée, l’Empire du Soleil Levant exporte son concept-bar nippon à Paris.

Maid-Cafe.JPG

Comment ?
Certains se souviennent peut-être de la bunny girl. Une serveuse affluée d’un justaucorps, d’escarpins, d’un nœud papillon et d’une fausse queue de lapin... Initialement attribué aux serveuses des bars Playboy (en référence à la mascotte du magazine), le concept avait gagné bon nombre de boîtes de nuit douteuses des 80’s.


Quoi de plus normal en pleine époque Collaricocoboy, Emmanuelle, publicités sexistes et cartes postales vintage improbables. Une fois Mai 68 digéré, on pouvait alors montrer le corps féminin sous toutes ses coutures et sous n’importe quel prétexte, traitant les réfractaires de censeurs, et tant pis pour ce qu’en pensaient les intéressées. Puis les féministes apparurent et on enterra le corps nu aussi vite que la société l’avait offert en pâture…

Un bar-fastfood tenu par des soubrettes ? Des pays occidentaux, tels quel’Italie et le Canada, s’étaient déjà essayés à cette mode nipponne. A Paris, l’initiative reste presque inédite. Il y a bien eu le salon Japan Expo 2006 et son Maid Café CCO Cha, mais rien de plus... Sur place, le spectacle se limite au plaisir des yeux et la serveuse attentionnée s’adonne à des « Bonjour chéri » ou des « Bien travaillé aujourd’hui, mon ange ? » De quoi alimenter l’imaginaire de dominateurs en puissance devant une armée de nymphettes candides aux positions lascives.

Pourquoi ?

Alors que la transgression, le fait de dépasser son statut sociétal pour vivre en secret ses vices, peut expliquer une bonne parties des pratiques - dite hors normes -, le fait de vivre au grand jour ce fantasme s’explique ici par une régression assumée. Au Japon, les valeurs morales sont importantes et leurs apparences sont exacerbées. Le fétichisme apparaît donc comme un rejet du refoulement et permet de s’échapper des dogmes. Mieux, c’est un exutoire teinté de revanche sociale et de nostalgie. L’ego reprend sa place face aux dons de soi qu’impose le monde du travail. Et dans cette société répudiant l’échec, l’engouement pour la sphère privée féminine et sa représentation, l’exposition de sa marginalité face à la masse ou l’accès à l’inavoué s’en trouvent amplifiés. Le « Fan Service » servait déjà à alimenter les mangas en fantasmes : scènes de douche, poitrines animées (« Gainax Bounce ») ou gros plans sur les culottes (« Panty Shot »). Le Maid Café restitue, lui, ce fantasme virtuel dans un quotidien qui cultive les icônes pop, colorées et volontairement décalées.


Reste à noter que cette tendance correspond à une réalité sexuelle et culturelle dans un pays où les sous-vêtements surpassent la nudité dans l’inconscient collectif et où la notion de pédophilie a été tardive. (La loi date de mai 99) La femme japonaise est ramenée à sa simple maternité quand les adolescentes véhiculent à l’inverse une innocence lubrique. Ainsi, en France, à l’exception d’individus en mal de spectacle et d’exotisme, le Maid Café pourrait très probablement rester anecdotique. Résultat d’une sexualité culturelle, disions-nous
.


LIENS
> Cosplay / Gothic Lolita
> Manga Paprika
 
 
par Croque-Madame
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Mercredi 15 août 2007

Si de l’extérieur l’activité a tout d’une milice fanatique et virile ayant dépassé le stade des cowboys et des indiens, la réalité en est tout autre. Oui, ça sent la testostérone et ça joue à la guerre fagoté comme une botte d’asperges… Mais, il y a aussi derrière ce nouveau sport à la mode une tradition historique, esthétique et sous-estimée.


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Hein ?
L’Airsoft désigne un jeu opposant deux équipes par le biais d’authentiques répliques d’armes militaires. Les scénarii les plus utilisés sont la capture d’un drapeau, la chasse à l’homme (deathmatch) et la défense d’une base ou d’un VIP. Et les projectiles ne contenant pas de peinture, le jeu repose sur le fair play des participants. A première vue, l’affaire ressemble sacrément au Paintball : « Pan ! Pan ! T’es mort… » Et bien non ! L’Airsoft possède des armes moins puissantes et plus réalistes. Ici, l’éthique et la reconstitution priment. Les tenues vestimentaires sont beaucoup plus proches du camouflage. Quant au sport, il se pratique sur des terrains privés ou abandonnés avec une majorité largement masculine.
 
Pourquoi ?
Ce que l’on sait moins, justement, c’est que l’Airsoft est né à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Les civils japonais se voient à l’époque interdire la possession d’armes à feu et notamment chez eux (armes de collection comprises). Contradiction : la neutralisation coûte 5 fois plus cher que le prix d’achat, augmentant les côtes de ces modèles. A la fin des années 60, les collectionneurs se rabattent donc sur des modèles plastiques ou en résines. Les Wargames (ou Survival Game) suivent ainsi la mouvance et donnent naissance à l’Airsoft. Un sport en guise de cours d’Histoire et de défouloir collectif.
 
Car il n’y a pas que les armes qui font preuve de réalisme. Certaines parties reproduisent fidèlement des batailles historiques avec costumes et équipements adéquates, pourvu que l’on efface tout insigne nazi et autre cigle douteux. De plus, l’utilisation d’uniformes de l’administration française est interdite (gendarmes, police nationale). Enfin, tout membre ne respectant pas les règles ou ne faisant pas preuve de prise de recul se voit aussitôt exclure.
 
L’Airsoft est donc plus qu’une simple transposition dans la vie réelle des jeux vidéo de « tir subjectif multijoueur en ligne », du type Counterstrike. Le sport a su ainsi prouver que les exercices paramilitaires ne sont pas tous dénués de réflexion et de sens moral. De là à s’engager ? Hum… Faire preuve de sens moral, disions-nous ?

LIENS
> Brutal Woods : promenons-nous dans les bois
> Serious Games : évolution du RPG ?


par Croque-Madame
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Mercredi 8 août 2007

S’il y a une discipline qui a subitement fait évoluer son image, c’est bien ce sport méridional. Exit son statut alcoolisé et bedonnant de ces dernières décennies, taquiner la boule fait désormais l’objet d’une récupération hype. Manquerait plus que l’on nous fasse aimer le ping-pong ou le vélo !


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Mais c’est nul…
Des clichés à la Pagnol, en passant par les campings grabataires et les moustachus en marcel qui tirent le cochonnet, la pétanque avait de quoi provoquer la stupeur chez les jeunes générations. Comment s’identifier à l’ami René en tongs gesticulant et s’époumonant après ses coéquipiers à l’ombre des platanes ? La relève semble n’avoir conservé que la tradition du verre anisé de fin de match, relayant la pratique du côté de la pêche et de la belotte. Une activité populaire sénile pour vacanciers ou retraités, sujette à nombreuses blagues grasses.
 
Ah bon ?
Sixième sport national tout de même, la pétanque aurait été introduite en Gaule par les Romains. Et même si les joueurs sont majoritairement masculins, il s’agit de l’une des seules disciplines où des compétitions mixtes sont organisées, les deux sexes étant sur un point d’égalité. De l’Algérie au Vietnam, ce sont plus de 70 pays qui pratiquent. Etonnant, non ? Ce sont pour ces raisons que la fédération milite pour son intégration au programme scolaire, mettant en valeur les atouts de la pétanque : concentration, précision, coordination, stratégie, sociabilité, esprit fédérateur. L’occasion aussi pour des jeunes non athlétiques de se distinguer et d’entendre des « Tu tires ou tu pointes ? » sur la cour de récré.

Mais c’est génial !
En étrange résonnance aux 100 ans de la pétanque, la mode nous prouve ici encore qu’elle n’est qu’un éternel recyclage. Les boules sont donc devenues le « nouveau poker » à la mode, suivant une ascension aussi fulgurante. A ce titre, la Suisse accueille de plus en plus de compétitions avec des Djs et des concerts improvisés, autour de soirées estampillées « second degré ». Quant à la télévision, elle relaie les championnats estivaux. Même l’industrie du jeu vidéo s’y met. Mieux, les jeunes s’improvisent « booligan » (hooligan de la pétanque), prenant du recul sur le jeu lui-même, et théâtralisant les échanges pour perturber l’adversaire.
 
Hum… Et pour mémoire, qui est censé avoir perdu la boule ?

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> Urban Gaming



par Croque-Madame
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