Entre Paris et Nantes, un MC et un DJ ont décidé de troquer le bling-bling du genre pour le bang-bang des
rythmes, grâce à une formule basse-guitare-batterie.
Et si son leader, ALK 13, a un
pseudo tout droit sorti d’une soirée cibie entre routiers, le MC ne se laisse pas pour autant enfermer dans les clichés. Exit les écueils populistes, le flow s’apparente à du Kool Shen sur la
forme (blanc-bec rasé aux traits sculptés) et le fond (doux, adulte, précis).
Les paroles viennent vous saisir, naviguant à vue pour mieux surprendre, à l’exemple de « Ce que je te lègue » ou « On a dit » dont la paternité comme thème permet d’évoquer
notre héritage matériel et idéologique.
Mais Vent d’Ale possède surtout une force mélodique indéniable, dont la dimension cinématographique et ses instrumentaux ciselés n’ont pas à rougir des productions US. Cassures de rythmes, essais
latinos, section de cordes… Des vandales comme ça, on en voudrait tous les jours.
Sûrs de leur monture, les ex-Little Rabbits savent ménager leurs effets. Vidéos énigmatico-inédites publiées
au goutte à goutte sur leur MySpace, escapade en parallèle avec la troublante Lisa Li-Lund, puis la sortie de ce dernier E.P. cinq titres - en guise d’os à ronger - avant la version complète de
la troisième carcasse prévue fin février... Ménager ses effets ? Oui, c'est le mot. Car les vauriens nantais ont tout compris de l'industrie actuelle.
Quoi de neuf à l’Ouest, donc ? Un bon cru en guise de tord-boyaux des émotions : des boucles en écho et une même voix suppliante pour une chevauchée anglophone à la cool. Si la formule ne
surprend plus (et ce n’est pas ce qu’on lui demande), la traversée est toujours aussi hypnotique et mélancolique, offrant quelques lampées électriques à la tension sous-jacente.
« Dreaming » est aussi entêtant qu’un chewing gum collé à vos éperons, « It’s a question of time » lorgne du côté des pâturages Pixies, le rock’n’roll « Who’s that
knocking on my telephone ? » aurait - lui - suffit amplement en face B, tandis que « Girl » tape sous le ceinturon, période disco eigthies et brushing US sous le Stetson. Bref, le
butin offre de quoi joyeusement chiquer pendant quelques mois… en attendant la prochaine diligence ! Yeah.
Paraphrasant Katerine et les Daft Punk,
« Hobo, après tout » aurait pu être une maxime cousue sur son sac de voyage.
Mais s’il perpétue la tradition folk de ces artistes itinérants des années 30 à la Bob Dylan, ce fils et frère de musicien y associe surtout les carnets de route de la soul british, de
Van Morrison à The Jam.
Son répertoire constitue ainsi une schizophrène BO hollywoodienne entre guitares, cuivres et voix expressive.
Solitaire et boulimique, Konstantin Gropper s’est rendu spécialiste du mille-feuille musical.
En superposant les couches sucrées de la musique classique, celles salées des Balkans et celles acides d’un Radiohead, le multi instrumentiste étoilé s’épargne la lourde cuisine habituelle de la
pop lyrique.
Ici, tout est fin et nuancé, preuve qu’un seul homme peut être à tous les fourneaux, au service d’une intimité folk et baroque d’une grande subtilité.
La sappe qui claque, le talon haut et les couleurs qui titillent
l’épileptique, la Beyonce punk fait se rencontrer Grace Jones, Björk et les Clash autour d’une partie fine alcoolisée.
A tous les étages, c’est Mardi Gras qui se fait surprendre par Halloween dans un melting pop hilare.
Derrière le prodige ? L’illustre batteur des Damned. Ska, hip-hop, nu clash et afro beat, tout y passe avec outrance et irrévérence.
Collectionnant les
tarmacs de l’Europe et du continent africain, Tatiana Heintz et Gilbert Trefzger bousculent les horizons folk.
Dans leur sillage, le duo a réuni un melting-pôtes des plus classieux : Keziah Jones, Mick Jagger ou bien encore Jamie Lidell.
De sacrées figures de proue qui ont su reconnaître en eux un nomadisme à la fois culturel et philosophique, dont la soul apporte une bouffée d’air frais. > Page MySpace
Ici, les nerds ont troqué l’électro 8-bits pour s’attaquer à d’autres claviers : ceux analogiques de leurs parents.
Résultats de l’opération ? Un funk-pop sous électrode, non loin d’un Paul Simon ou d’un Fela Kuti.
Le tout en VO norvégienne non sous-titrée, s’il vous plait.
Dopé par les percussions afrobeat et sublimé par d’amers instruments acoustiques, la musique est accompagnée d’un théâtre d’ombres en digital qui rythme les échanges.
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