Aurélien Makosso-Akendengué ne fait pas les choses à moitié. Le chanteur et réalisateur franco-gabonais s’offre 21 pistes dont une magnifique
ouverture instrumentale.
Et ce qui frappe en premier lieu, c’est la voix toute particulière de l’artiste, évoquant de temps à autre Jay Jay Johanson.
Un chant mis en avant grâce au minimaliste des arrangements, posé là sur un simple piano, tant l’artiste fait preuve d’assurance.
En 2004, Jann avait déjà fait parlé de lui en interprétant un texte sur l’écrivain Robert Brasillach, supposé homosexuel, antisémite et partisan de la collaboration.Le chanteur sait même interrompre sa musique pour mieux prendre à revers, soulignant un propos qui bascule parfois vers une catharsis systématique et une
mise en avant de l’égo.
Quoi qu’il en soit les textes se nourrissent des états d’âmes et des interrogations, livrant un exercice qui pourrait paraître répétitif, mais d’une indéniable sincérité.
Gwenolé Michenaud,batteur de feu Tri Bleiz Die (combo punk-rock bretonnant de Nantes) délaisse les rivages kitch de son premier
essai.
Direction l’album concept avec cette revue et entrevue animalière, thématique propre à l’exploitation artistique, d’habitude coutumier du jeune
public. Mais ici, et même si l’on peut regretter un esthétisme et certains raccourcis parfois en deçà de l’ambition initiale, on se laisse vite bercer par cette joyeuse régression à la
Gotainer.
C’était mal connaître l’artiste, officiant depuis presque dix ans dans différentes formations : de l’expérimental, en passant par le jazz, le métal progressif et… le spectacle musical pour
enfants. Epaulé par JC (Orange Blossom, Prajna, Bassdrum) et Stéphane Kotakis, Gaino signe des interludes irrésistibles et des compositions dans la pure tradition naïve.
Un exercice qui aurait presque pu n'être qu’en acoustique, tant l’opus est frais et revigorant.
Les bordelais sont de retour avec un 2e opus dominé notamment par l’ombre d’un Manu Chao dans les arrangements et d’un Serge Gainsbourg dans
l’interprétation.
Rien à voir a priori avec le roman de science-fiction de Clifford Donald Simak dont est tiré le nom du groupe. Ni même avec l’ecstasy, d’ailleurs. Et pour
cause, le tempo ne se cale pas sur la fréquence cardiaque, mais plutôt sur le léger hochement du bassin. La guitare acoustique, l’harmonica ou la contrebasse, tout valse d’une même ronde pour
servir un chant grave mi susurré, mi étouffé. Les chœurs sont délicats et l’album construit des univers sonores complets, jouant des surcouches pour installer son univers.
Seul regret : une voix en retrait qui ne félicite pas toujours l’intelligibilité des textes malgré leurs profondes rigueurs poétiques, renforçant pour le même coup la ressemblance avec
l’homme à tête de chou ou le ton monocorde d’un Miossec.
Deux frères et une copine de fac composent le line-up de ce groupe de rock, dont les textes sont en français.
Bien que n’étant pas - à la base - originaires de l’hexagone, le combo a su développer certains attraits de la scène nationale : une voix nasillarde
sur une musique simple et directe autant qu’un power trio aux rangs resserrés et aux accents gentiment mélancoliques. Car si Daisybox marque, ce n’est pas tant pour sa force mélodique ou
narrative, mais pour son esthétisme léché naviguant vers des rivages pop et électrifiés.
L’unité est respectée et propre sous tout rapport, donnant à l’utilisation de l’imagerie « mannequins plastiques et ascenseur d’hôtel luxueux » de la pochette une certaine cohérence
avec son contenu. Ici, nul explosion rageuse ou cynisme vengeur, mais un set efficace et mainstream, rappelant parfois les nantais Dolly.
Idéal pour une diffusion FM ou sur la bande originale d’un teen movie.
LIEN
>Site officiel
La gouaille a encore de beaux jours devant elle. Et ce quintet est à cette image, sorte de liberté de ton d’un Paris d’antan qui se serait
préservé de son stress.
Cruelle poésie ou comptines humanistes, les portraits sont taillés dans la matière brute de l’âme au détour d’une guinguette. La voix enfumée de Nader
Mekdachi puise ses accents dans les brèves de comptoir, les apéros du soleil couchant et les ponctuations world. Sous ces ballades romantiques, il y a toujours un swing enivrant et nostalgique
pour vous consoler ou jouer la sérénade aux héros de la rue.
Ce 4ème album acoustique sert la culture populaire avec une rare noblesse dans l’écriture, néanmoins teintée d’humour. Padam sait ainsi faire délicieusement la synthèse de ses
dernières années et hurle son amour pour la vie. Ici, ça respire la simplicité. On se pose en observateur amusé des agitations extérieures, sans attaque apparente du temps.
Le groupe yvelinois mérite plus qu’un simple chronique. Pour ainsi dire, c’est même la révélation hip-hop du moment, réussissant de
magnifiques hold-up à Bourges et lors du Grand Zebrock.
Le quatuor
construit ainsi un univers sonore très riche entre approche funk, envolées rock et arrogance US. Le rappeurmalawien réussit à s’y
imposer tel un prêcheur soul, balayant les convenances et s’attardant sur scène dans de longues introductions parlées et caractéristiques.
Incroyable d’imaginer que ce combo vient de l’hexagone, tant le flow est naturel et les influences complexes rappelant l’élan du mouvement fusion dans les 90’s. L’énergie est là. Le groove et le
romantisme aussi. Un album d’une réelle intelligence qui sait réconcilier les styles et ne pas sombrer dans les raccourcis évidents.
Incontestablement, les « Tudz » possèdent cette facilité et cette aisance imparable qui s’en révèlent presque… énervante.
Dernier poulain en date du micro label rennais, le combo électro expérimental est aussi un vrai groupe de scène.
En témoigne leur prestation remarquée aux Rockomotives de Vendômes à l’hiver dernier où accordéon, batterie, basse, guitare et machines habillaient les
lieux. Créé par le clavier David Euverte (Ripley, Dominique A) et le chanteur Philippe Onfray (Casse Pipe), les Xmasx savent autant emprunter les sons froids d’un trip-hop résolument contemporain
que les sonorités déstructurées du jazz.
Procédant par touches sonores, le mixage de Thomas Pol y est subtil, profitant des cassures de rythmes pour donner une cohérence à l’ensemble. Les envolées sont somptueuses, sortant des nappes
ambiantes et fantomatiques. La voix se pose ainsi dessus, céleste et péremptoire, à l’attente d’un nouvel orage de larsens.
Terrifiante et envoûtante, cette musique, même sous ses virages les plus pop, est chargée d’images cinéphiles.
Exploitant son habituel triptyque (musique traditionnelle / jazzy / électro), le 10ème album du multi-instrumentiste breton
cultive ici encore les anachronismes.
Rien d’étonnant donc pour ce
sonneur-arrangeur, pionnier du celtic jazz eighties et actuel professeur d’ethnomusicologie. Le son froid et contemporain des séquences vient judicieusement se briser sur l’amas de cordes et
d’instruments à vent. La dimension traditionnelle y est revisitée, digérée et réappropriée au grès des remous organiques et hypnotiques.
Davantage une synthèse qu’une conclusion, l’opus justifie les parenthèses entre minimalisme contemporain et poésie épique. Si l’orchestration sait prendre de l’ampleur, elle sait aussi rendre
naturelle les fils rouges vocaux et trip-hop sans jamais céder à l’anecdotique.
Et fort de cette ouverture, le disque prend forme sur scène, mêlant vidéastes, éclairagistes et sculpteurs... A l’image de son généreux auteur.
COMMENTAIRES