Record historique de fréquentation pour les 20 ans du festival musical de Belfort. Malgré une clôture sous la pluie et un week-end chargé en
événements (Solidays, Main Square, Terre Neuvas, etc.), 100 000 festivaliers se sont succédés pendant 3 jours sur la presqu'île du Maulsaucy. L’Hexagone
sort finalement gagnant de ce tiercé éclectique à la dominance américaine. Keny Arkana, Missill, Daniel Darc et Ez3kiel sont en effet parvenus à se hisser sur le podium aux côtés de The Offspring
et Battles.
Vendredi
Belle introduction au festival que l’invitation de Keny Arkana. Si peu semblait l’attendre, le ton martelé et virulent de la rappeuse a su courageusement lancer les festivités. Dommage
pour le belge Arno, contraint d’amputer 20 minutes de sa prestation délicieusement rocailleuse en raison d’une panne d’électricité. Du spectacle La Bande Originale réunissant
pour l’anniversaire du festival Olivia Ruiz, Oxmo Puccino ou encore Amadou & Mariam pour des reprises rock classiques, nous retiendrons les interventions allumées de Didier Wampas. Lumineuse
sur album, Cat Power a fait une entorse à son nom en proposant - bien que de bonne facture - du mou pour le chat. Les Comets on Fire ont su réhabiliter un Deep Purple instrumental
se perdant parfois sur la longueur. Massive Attack s’est retrouvé un brin handicapé de part son intervention en pleine journée et un son incroyablement faible pour le style.
En pleine communion avec un public déchaîné, le génial bootlegger américain Girl Talk est resté imperturbable malgré la centaine de personnes sur scène. Ben Harper & The
Innocent Criminals n’a pas autant marqué qu’à son habitude. Toujours aussi peu à l’aise debout, le chanteur a transformé sa playlist en un jouissif autoradio FM, délaissant parfois la tension
revendicatrice de certains de ses tubes. Un peu répétitif en raison de son approche minimaliste en power rock, la dodue de Gossip a fait dans le revival
de Janet Jackson pendant la finale du Superbowl avant de sauter en sous-vêtements dans la foule. L’expérience Nortec Collective - pourtant difficile dans
ce cadre - a su s’en tirer avec les honneurs avec une vision intéressante de l’électro cuivrée. Enfin, le très jeune Calvin Harris a joué les zizis sauteurs disco, tandis que la
chorégraphie de Franck 2 Louise Drop It ! et son ballet électrique s’est révélée être une parfaite opposition entre la chair et la machine.
> La surprise de la journée était du côté de La Plage avec l’intervention électro de Missill. Parfaite maîtrise des breaks, montées en puissance, basses grésillantes... Le set fut
survolté, entre une Billy ze Kick punk et des L7 électro. Comble de la prestation, après une reprise saturée et déstructurée de « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana, l’artiste - fêtant son anniversaire - a quitté ses platines pour rejoindre son groupe. Un final explosif et sévèrement martelé
qui a achevé l’assistance dans un chaos sonore et revigorant. Impressionnant.
SUITE
> Samedi
> Dimanche
par Longueur d'Ondes
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L’arrivée de la presse on-line a été un bienfait évident pour redynamiser le secteur, notamment grâce sa rapidité de publication, ses
flux continuels d’informations et ses compléments photos ou vidéos. Elle a par contre multiplié les initiatives amateurs, brouillant ainsi la critique dans un magma général.
Cette course éphémère à l’information a institutionnalisé un manque de recul évident. Et
encore, nous ne parlons pas des plagiats réguliers ou des alignements successifs sur les notes des concurrents. Les exemples sont malheureusement nombreux. Autre fait marquant, la presse a
parfois tendance à jouer la surenchère des commentaires complaisants, espérant être ainsi cité sur le dossier de presse du jeu vidéo comme référence (constituant une publicité indirecte à la
publication, cela va de soi). Résultats ? Dans chaque cas de figure, ce sont les éditeurs qui sont gagnants.
Dernière explication, l’apprentissage du métier de critique de jeu vidéo n’est pas si facile qu’il n’y parait pour plusieurs raisons. Tout d’abord, contrairement aux confrères politiques ou
d‘investigations classiques, il ne subsiste pas de réelle formation. Si on en simplifie et généralise le principe, la majorité des intervenants de la presse de jeux vidéo sont d’anciens geeks
reconvertis et sauvés in extremis du magasin de jeu, exerçant l’activité en parallèle d’un autre emploi plus alimentaire. Le manque de temps et d’approfondissements est ainsi affaire courante. Le
geek possède par contre toutes les ressources nécessaires pour assurer les analyses et comparatifs demandés. Seul problème, si cette légitimité est indéniable, le geek - dans son stéréotype le
plus tenace - n’en reste pas moins un passionné hors norme qui s’époumone dans les débats et peine parfois à exercer un objectivité monastique en laissant libre court à ses états d’âme. Une
difficulté exponentielle par le fait du niveau de ses connaissances et de ses critères (nostalgie, partis pris, relation avec l’éditeur) qui l’éloigne parfois du jeune lecteur, incapable
d’assimiler pour le coup toutes les références citées. En somme donc, plus un critique est grand, plus ses critères échappe au lecteur lambdas.
Enfin, ce qui guette encore plus ce métier, c’est l’autocensure. Un consensus mou né d’un débat au sein de la rédaction qui a pour but de ne vexer personne et que l’on retrouve régulièrement à
longueur d’articles. Tout comme chez les politiques, la question se pose alors : faut-il s’élever contre les dogmes et les institutions avec le risque de se faire de nombreux ennemis ou
faut-il faire du populisme et du conventionnel en guise de langue de bois ?
Car l’esprit critique, nous en avons tous les jours besoin. Pas seulement pour des considérations purement démocratiques, mais aussi pour que le lecteur (et
potentiel acheteur) puisse être guidé dans la jungle des sorties, pour peu que l’on garde à l’esprit toute la subjectivité de l’exercice. Il n’y a rien de plus frustrant de faire un mauvais
investissement, d’autant plus à une époque où le pouvoir d’achat semble devenir l’obsession première. Qu’est-ce qui est bien ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Pourquoi ? Voici les
principales et uniques réponses à un article. L’activité n’a pas pour but de servir un égo ou une quelconque mauvaise foi. C’est un contre-pouvoir et un garde-fou important, contraignant
l’éditeur à pousser chaque fois plus loin la qualité d’un produit sans s’abaisser à une rentabilité mercantile et automatique. Pour exemple, Turtle Rock Studios s’est toujours différencié des
blockbusters AAA en misant sur le gameplay. Après son rachat par Valve (Half Life), en sera-t-il toujours autant pour Left 4 Dead ?
C’est une nécessité primordiale alors que le marché du jeu vidéo a enregistré l’année dernière près de 2,96 milliards de recettes en France. Un chiffre qui dépasse le marché du cinéma et de la
musique réuni avec une croissance de 15%, et ce, malgré le prétendu problème du piratage. L’explosion des jeux vidéo sur mobile et l’incrustation de publicités à l’intérieur même des décors
devraient amplifier très prochainement cette hausse, en même temps que fleuriront de prestigieuses sorties telles que Diablo 3, Fallout 3 ou encore Left 4 Dead… Mieux, en développement depuis
2003, Starcraft 2 devrait devenir facilement le jeu de stratégie de référence pour les compétitions de sport électronique, tandis que les analystes prévoient à terme qu'un possesseur sur deux
d’une PlayStation 3 ou d’une Xbox 360 possédera un exemplaire du jeu GTA IV. Prenons donc garde à bien exercer ce recul pour continuer à faire le tri. Car demain, soyez en sûr, ça sera pire…
LIEN
> 1er chapitre : une presse vidéoludique dithyrembique ?
par Living Action Game
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Nouvelles Technologies
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GTA IV, Metal Gear Solid 4, Team Fortress 2... Internet semble s’emballer à chaque nouveau blockbuster, décernant à tout va des
notes maximales à peine le jeu réceptionné. Mais si ces récents hits sont effectivement d’excellente facture, les nombreux superlatifs et autre « meilleur jeu de la décennie »
fleurent - à coup sûr - le manque de recul face à cette surenchère de communication. Course à l’exclusivité, intimidations des éditeurs ou partis pris ? Les raisons ne manquent pas pour
expliquer cette crise d’objectivité du critique, en prise désormais avec ses bits et son couteau afin de récupérer une part du gâteau.
Ne croyez pas qu’il s’agit une fois encore d’une exception culturelle française. La presse internationale emboîte souvent le
pas des articles partisans, traitant de façon élogieuse et unanime les productions d’envergure. Dernier exemple en date, le jeu de Rockstar North : Metal Gear Solid 4 - Guns of the
Patriots. Quelques jours seulement après la réception des premiers exemplaires presse, les 10/10 ont inondés la toile. En Angleterre, aux Etats-Unis et en Italie, les Official PlayStation
Magazine (OPM) ont décerné la note suprême et tant convoitée pour la production de Hideo Kojima. Véritable raz-de-marée excluant le moindre défaut, le reste de la presse a suivit : 9,9/10
pour IGN, 40/40 pour Famitsu, 5/5 pour GamePro US ou encore 19/20 pour Joypad, pour ne citer que les principaux. Smash Bros ou encore Mario Kart avaient suivit un scénario similaire. Dans ce
contexte, qu’adviendra-t-il de la notation des futurs hits ? Est-il encore possible de dépasser ces caps fatidiques ?
Première explication, le monopole des éditeurs pourrait bien à lui seul expliquer cette pluie d’éloges. En effet, les exemplaires confiés quelques mois auparavant sont donnés au compte-goutte aux
rares privilégiés et les services presse sont souvent l’objet de ruptures de stocks étrangement inexpliquées. Un fait compréhensible devant le peu de sérieux de certaines publications et les
risques de piratages éventuels de confrères peu scrupuleux. C’est du moins la version officielle régulièrement évoquée. Un comble quand on connaît le fonctionnement d’autres industries du même
genre. Alors que dans les faits, chaque publication sur les jeux vidéo doit régulièrement montrer une éternelle allégeance pour recevoir son sésame doré, la situation en est inversée dans le
secteur de la musique, laissant le soin aux labels d’interpeller le journaliste, et non l’inverse. Le procédé démocratique est ainsi respecté et le papier peut être publié sans un accord
préalable et des demandes iconographiques.
Mais au-delà des autorisations, ce ne sont pas les seules pressions indirectes ou non qui sont exercées. On ne reviendra pas sur les nombreux cadeaux,
soirées ou voyages qui sont régulièrement offerts et qui malmènent logiquement l’objectivité. Non. La nouveauté, ce sont les procès. Pour exemple, Atari a intenté un procès et exigé du site
néerlandais Shacknews qu’il retire les 5/10 attribués au jeu Alone in the Dark. Motif ? La critique aurait été postée un jour avant la date de la sortie européenne officielle. L’éditeur
prétend ainsi qu’il s’agit donc d’une copie illégale du jeu ou que le test n’a pu être effectué que sur la base d’une prévisualisation incomplète. Pour les mêmes raisons, la firme s’était
attaquée au site allemand 4Players qui avait attribué un 68% pour la version du même jeu sur Xbox 360. Même procédé pour les 3/10 du site scandinave GameReactor et ceux du site norvégien Gamer,
contraints également de retirer leur article car le jeu avait été acheté à un détaillant. En novembre 2007, Jeff
Gerstmann, journaliste à GameSpot, avait signé un test de Kane & Lynch jugé « assasin » par l’éditeur Eidos en raison de son 6/10. Après avoir exercé des pressions sur le site
Internet, les pères de Lara Croft ont tout de même réussi à obtenir le départ forcé du journaliste. Un comble… Le jeu s’est, lui, très bien vendu et a même bénéficié de cet éclairage
« particulier. » Plus récemment, c’est EGM qui a décidé de ne pas publier le test de MGS 4 à cause des pressions de Konami, et en particulier de Kojima. L’entreprise a prétexté ne pas
vouloir mentionner la taille de l’installation, la durée des cut-scènes et tous autres éléments pouvant nuire au jeu.
Ces cas de figure n’existeraient sans doute pas si la presse se portait mieux. Malgré une légère hausse de la section magazines, les habitudes de lecture et d’achat ne sont plus aussi
florissantes qu’il y a une dizaine d’années. Ce déclin s’explique autant par la baisse de fréquentation d’un lectorat qui manque de temps et de budget, autant que par un secteur qui a multiplié
ses concurrents sans se soucier de maintenir une qualité éditoriale sérieuse et d’établir un suivit à long terme. Paradoxalement, la presse a besoin d’argent - et donc de concessions - pour être
libre dans ses choix et ses avis. Dans cette démarche précaire à l’issu cannibale, certains ont été donc fait des choix hasardeux ou provoqué des ententes plus que visibles avec certains
éditeurs. La crise de confiance des lecteurs était donc prévisible.
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> 2e chapitre : le Gaming boom
par Living Action Game
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Aurélien Makosso-Akendengué ne fait pas les choses à moitié. Le chanteur et réalisateur franco-gabonais s’offre 21 pistes dont une magnifique
ouverture instrumentale.
Et ce qui frappe en premier lieu, c’est la voix toute particulière de l’artiste, évoquant de temps à autre Jay Jay Johanson.
Un chant mis en avant grâce au minimaliste des arrangements, posé là sur un simple piano, tant l’artiste fait preuve d’assurance.
En 2004, Jann avait déjà fait parlé de lui en interprétant un texte sur l’écrivain Robert Brasillach, supposé homosexuel, antisémite et partisan de la collaboration. Le chanteur sait même interrompre sa musique pour mieux prendre à revers, soulignant un propos qui bascule parfois vers une catharsis systématique et une
mise en avant de l’égo.
Quoi qu’il en soit les textes se nourrissent des états d’âmes et des interrogations, livrant un exercice qui pourrait paraître répétitif, mais d’une indéniable sincérité.
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par Longueur d'Ondes
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Chroniques musicales
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Gwenolé Michenaud, batteur de feu Tri Bleiz Die (combo punk-rock bretonnant de Nantes) délaisse les rivages kitch de son premier
essai.
Direction l’album concept avec cette revue et entrevue animalière, thématique propre à l’exploitation artistique, d’habitude coutumier du jeune
public. Mais ici, et même si l’on peut regretter un esthétisme et certains raccourcis parfois en deçà de l’ambition initiale, on se laisse vite bercer par cette joyeuse régression à la
Gotainer.
C’était mal connaître l’artiste, officiant depuis presque dix ans dans différentes formations : de l’expérimental, en passant par le jazz, le métal progressif et… le spectacle musical pour
enfants. Epaulé par JC (Orange Blossom, Prajna, Bassdrum) et Stéphane Kotakis, Gaino signe des interludes irrésistibles et des compositions dans la pure tradition naïve.
Un exercice qui aurait presque pu n'être qu’en acoustique, tant l’opus est frais et revigorant.
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par Longueur d'Ondes
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Biche Prod est une plateforme de groupes et d'artistes non puristes, provenant de la place nantaise. Dans son sillage : Jukebox, Bernard
Menez Social Club, Electrock Sound System, Soul Surgeons, Morpho, Resistenz, Smith&Wesson, Dj Fluke, Dj Barbelivien ou encore selecta Moonboots. Rencontre avec son booker, Butterhands, ancien
animateur de la radio associative PRUN’.
Que pensez-vous du principe d'achat proposé par Live Nation ?
La musique, au lieu d’être une proposition d’artistes devient une réponse à des besoins ou des intérêts d’autres acteurs (les intermédiaires divers et variés, la presse, les annonceurs, le
public...). D’où la reformation ou le maintien en vie d’artistes dinosaures.
Est-ce symbolique d'un changement de moeurs ?
Cette mutation correspond à un mouvement de concentration de l’industrie du spectacle qui espère ainsi préserver ses intérêts menacés par Internet. Les ventes de disques devenant secondaires, il
leur faut trouver d’autres revenus.
Sommes-nous menacés ?
Sont concernés, au premier chef, les gros tourneurs français, car même s’ils se drapent d’un passé d’indé, ils génèrent de l’argent et sont eux même passés dans une démarche « à la Live Nation »
: production de concerts, voire de festivals… Il faut être lucide, Biche Prod ne boxe pas dans la même catégorie. Nous ne travaillons qu’avec des artistes émergents, dont Live Nation ne soupçonne
même pas l’existence. Par contre, nous ne pouvons fonctionner que grâce à un réseau de salles et de festivals (associatifs, subventionnés ou non). Et c’est dans ce réseau que certains osent
encore programmer des groupes émergents. S’ils pâtissent du rouleau compresseur Live Nation, par ricochet, Biche Prod en pâtira aussi.
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par Longueur d'Ondes
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Après 8 années passées au sein d’une major avec en charge Marc Lavoine, Damien Saez, Frédéric Lo, Tcheky Karyo, Daniel Darc ou encore Elodie
Frégé, le jeune producteur a enfin monté son écurie. Un retour aux sources basé sur le développement humain et le réseau, dit traditionnel. Premier né de cette nouvelle
aventure : le groupe électro rock Silvouplay, refusant l’utilisation du laptop en live.
Que pensez-vous des contrats à « 360° » ?
C'est un modèle qui concerne surtout les projets déjà développés et matures, assurant une assise et un impact certain par des moyens d'exposition et de diffusions importants. Mais bien que la
révolution numérique permette de « sauter des étapes », le défrichage nécessite encore des facteurs humains et de proximité qu'une structure comme Live nation peut difficilement
proposer. Cela passe par les réseaux locaux, régionaux et nationaux : MJC, tourneurs, bars, tremplins, radios, SMAC.
Qu’est-ce qui explique cette mutation ?
C’est une course à la maîtrise des contenus par les différents acteurs de la filière. En tout cas d'un certain changement de regard sur le business de la musique et, par la globalisation, une
remise en cause des métiers connexes.
Quelles répercutions cela peut-il avoir ?
Le nombre de manifestations et de spectateurs n'est pas extensible à l'infini. Rien ne dit que ces nouvelles pratiques vont assurer une croissance en volume du spectacle vivant. Il y aura un
écrémage, sorte de concurrence locale et déloyale, une hausse des prix induit par cet oligopole. Ensuite, si les possibilités d'étapes intermédiaires entre les premiers concerts locaux et les
tournées de Zénith se réduisent en nombre, on en réduit aussi indirectement le nombre de projets développés. Pour l’instant, le travail local est préservé, car il ne possède pas le même public,
mais les deux sont liés par les premières parties à assurer. Il faut que les acteurs locaux continuent leur audace.
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Madonna, U2, Jay-Z… Tous ont cédé l’ensemble de leurs droits (tournées et futurs
enregistrements) à l’organisateur de concerts américain pour une durée de 10 ans en signant un contrat, dit à 360 degrés. Car si le disque est en crise, les concerts génèrent toujours autant de
profits. Mais qui est ce nouveau géant international qui squatte toutes les conversations ? Et doit-on s’en méfier ? Explications.
Basée à Beverly Hills en Californie et créée en 2005 d’une scission de Clear Channel
Communications, Live Nation (LYV) est la première société mondiale de spectacles sur scène. A sa tête : Michael Rapino, possédant les prestigieux contrats de Barbara Streisand, Joe Cocker,
George Michael, Coldplay ou encore Van Halen. La multinationale possède un chiffre d’affaire de 3,7 milliards de dollars, emploie 4 400 salariés et s’adresse à plus de 60 millions de
spectateurs chaque année. C’est actuellement l’un des plus importants producteurs de concerts au monde et la deuxième entreprise de gestion de salles (Fillmore Auditorium de San Francisco,
Wemblay Area à Londres, Nikon Theater à Jones Beach).
Et si l’on parle autant de Live Nation aujourd’hui, c’est en raison de la future concurrence que cela pourrait induire en France sur le marché des festivals. En gérant la carrière des artistes à
360 degrés, la société produit ainsi les futurs albums de son catalogue en se substituant aux labels, organise les concerts, la billetterie (grâce à Eventim), les produits dérivés et les contrats
publicitaires qui en découlent. C’est donc toute la chaîne, de l’artiste au spectateur qui est maîtrisée. En Europe, ce sont trois festivals belges (Rock Werchter, TW CLassic, I Love Techno), le
plus gros organisateur de spectacles espagnol (Gamerco) et le rachat en France de Jackie Lombard Production (Rolling Stones, Depeche Mode, Ricky Martin) qui lui assurent une assise sans
précédent. Dernier en date : le Main Square Festival d’Arras. L’organisatrice, France Leduc, a signé un partenariat avec Herman Schueremans, fondateur de Rock Werchter et pilier de Live
Nation Europe. Résultats ? Des exclusivités avec notamment Metallica et les Chemical Brothers face au festival des Eurockéennes de Belfort, actuellement en proie aux sueurs froides.
Devant cette surenchère et ces exclusivités, beaucoup de festivals cèdent à une politique inflationniste pour tenter d’attirer plus
de têtes d’affiches. Selon la République du Centre, la Route du Rock a dû casser sa tirelire pour obtenir les Smashing Pumpkins en 2007, soit 45% de son budget et l’actuel montant de leur déficit
: 120 000€. L’auditeur dépensant moins pour l’achat de produits musicaux, un
report du budget s’exerce ainsi sur le spectacle. Les artistes le savent et font gonfler les prix, comme par exemple Radiohead qui se produit pour environ 400 000€ alors qu’un groupe
international moyen culminait à 80 000€ il y a deux ans. Rentabilisé par l’ensemble de sa tournée et les retombées annexes, Live Nation tire son épingle du jeu en réduisant ses coûts et en
exerçant une sorte de « commerce équitable libéral » que seuls les Ogres de Barback arrivaient à maintenir dans le milieu indépendant.
Mais à bien y regarder en France, le problème semble surtout inquiéter les festivals de plus de 40 000 spectateurs et les 5 à 7 tourneurs qui font de l’international. Certains de ces
tourneurs ont d’ailleurs déjà la main sur des salles ou des festivals... Quant aux petits tourneurs français, ils ne sont pas inquiétés directement, vu que Live Nation ne fait pas dans le
développement d’artistes. Alors réelle menace ou peur de l’hégémonie américaine ? Fait à noter, la filiale française possède une boîte postale sans numéro de téléphone où un coursier
achemine tous les jours le courrier vers des bureaux dont l’adresse « doit rester confidentielle ». On croit naviguer dans un mauvais pastiche de Micheal Moore...
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