Le trio nantais n’a jamais eu besoin de forcer l’admiration, confirmant au passage l’excellente et tenace forme de la région.
Après deux albums enthousiasmants et une aventure au sein de La Colonie de Vacances (collectif monté avec Le Pneu, Marvin et
Electric Electric), les noiseux reviennent avec une même exigence, un même sens radical de l’esthétisme.
Dès les premières notes, le poids de la sérénité vient souligner l’expérience acquise à la force du poignet. Ca sent le Ian Mac Kaye,
Fugazi ou Jesus Lizard… Et ce n’est pas la production de John Congleton (Explosions In The Sky, The Roots) qui fera mentir cette impression. Elle évite les rondeurs, fait mouche avec précision,
comme cette rythmique saccadée qui vient titiller les riffs abrasifs.
L’ensemble ? Il occupe le terrain avec des leurres, une architecture faussement simpliste et au devenir imprévisible.
Bref, plus qu’une « récréation » : une pause bienvenue.
Avec pour sous-titre « Instrumentracks, a collection of cinematic & Groovy cuts », le groupe de surf’n’jerk’n’soul résumait assez bien sa carrière : trois albums et un e.p. en hommage à
Dutronc.
Onze ans que les cinq Rennais nous font le coup des cuivres enflammés, des guitares fuzz, des caisses claires qui font
claquer du talon, des claps dans les mains qui font twister les chevilles et se pamer les james bond girls. Au programme : deux faces, A et B, contenant des morceaux remixés, mais surtout…
déjà publiés.
Car ici, les Bikini compilent leurs meilleurs morceaux instrumentaux, avec notamment des versions sans paroles d’ « Où vont les
cons » ou de « La pharmacie anglaise ». Un seul inédit : « The Chase » et son orgue pétaradant au service d’une boucle rythmique obsédante.
L’intérêt ? Comble du mimétismesixties, cette collection de titres n’est disponible qu’en vinyle. Et celui que le micro-sillon ne fait pas sauter de joie se rassure : un cd y sera
glissé à l’intérieur…
Le tome 2 du quatrième album du groupe toulousain de post-rock est consacré à la capitale d’Irak.
Issu d’un triptyque de 18 chansons, qui a vu le premier chapitre évoquer Barcelone, ce triple-album – compté comme le
quatrième – sort sans label, ni distributeur. L’autoproduction la plus nue avec pour principal acteur : le bouche-à-oreille.
Côté musique, l’arrivée à Bagdad se fait donc en douceur, laissant au décor le temps de s’installer. Sur place, le phrasé parlé vient se
mêler aux bourrasques électriques, malgré une production parfois trop ronde qui aurait mérité un traitement plus abrupte. De quoi donner davantage corps aux cris.
Summum de l’édifice : « C’est une guerre », missive chaotique et massive toute en cassures de rythmes et en reprises de
souffle. Une qualité que l’on peut noter sur l’ensemble avec cette très bonne gestion des temps morts et des tempos, comme un boxeur qui sait ménager son jeu de jambe.
L'Adami(société de gestion des ayant-droits du secteur musical),Deezer(site international d'écoute en streaming avec 20 millions d'utilisateurs) etEuropavox(festival de
Clermont-Ferrand dédié à la scène européenne qui fête sa 7e édition) se sont associés, il y a 3 ans, pour créer un prix récompensant et médiatisant de jeunes découvertes musicales sur
la scène européenne.
Cette année, en plus d'avoir confié la présidence à Philippe Zdar (confondateur du groupe Cassius - lire chronique ici - qui succède au
pianiste d'Aaron), les trois membres fondateurs ont également ouvert leurs portes à deux autres festivals européens :
Les Nuits Botaniques (Belgique) et le Montreux Jazz festival (Suisse). Le gagnant
bénéficiera d'un coup de projecteur sur Deezer, Le Mouv' et dans Les Inrocks - lire
itw ici, d'une date dans les festivals partenaires, d'une
diffusion de son concert sur Arte.
Ainsi, les lauréats 2012 sont :Garciaphone, Hyphen Hyphen, Juveniles, Me et Odezenne - lire chronique ici. Les internautes ont du 8 au 29 mars pour voter pour leur formation préférée et déterminer un gagnant. L'annonce du lauréat sera effectué le 2 avril.
+
d'infos www.deezerdetalents.eu
EDIT Odezenne remporte le concours. > Chroniquealbum >Coup de coeurLongueur d'Ondes
Reportée en raison des mouvements sociaux d’octobre 2011 à Mayotte, la finale de la 3e édition du Prix Océan Indien s’est déroulée, le 16 décembre
dernier, à la salle de concert Le Kabardock de l’île de La Réunion. Le magazine Longueur d’Ondes était sur place pour rendre compte de la victoire de
l’artiste Bo Houss, jeune mahorais de 25 ans issu des musiques urbaines. Retour sur un Prix injustement mésestimé, mais ô combien essentiel.
La naissance du Prix Musiques de l’Océan indien date de fin 2004. La volonté initiale ? Révéler les artistes de ce secteur
géographique en favorisant la diffusion de leurs œuvres et en apportant une aide au développement à l’international des lauréats. Mais la création du Prix se voulait également répondre à une
segmentation des zones : Mayotte et La Réunion pour RFO, l’Afrique et Madagascar pour RFI... L’idée est donc de mutualiser les moyens et les supports, mais également renseigner
sur les droits ainsi que la protection des artistes et de leurs œuvres.
Ainsi, le Prix prend en compte 7 îles : Les Comores, La Réunion, Madagascar, Maurice, Mayotte, Rodrigues et Les
Seychelles. Sa périodicité ? Organisée selon une biennale : une année le Prix, la suivante le développement des lauréats. 2007, première finale à Madagascar :
Maalesh (Comores) remporte le tremplin. 2009, deuxième édition également à Madagascar, dans le cadre du Festival Angaredona : Mami Bastah (Madagascar) en
sort vainqueur. Octobre 2011, les différents mouvements sociaux qui secouent
Mayotte font annulés la tenue du Prix Musiques de l’Océan indien lors du festival Milatsika à Chiconi. Reporté le mois suivant, il est organisé à la sale des musiques actuelles du Karbardock au
Port (La Réunion). A cette issue, c’est Bo Houss (Mayotte) – que nous vous présenterons plus longuement dans un prochain numéro – qui s’illustre face à la guitare world de
Teta (Madagascar) et au reggae Kom Zot (La Réunion). Mélangeant rock, r’n’b, hip-hop et chant mahorais, l’artiste et ses cinq musiciens ont su électrisé la
soirée par leur polyvalence.
Que gagne-t-il ? Un dvd promotionnel contenant la captation de la soirée, une semaine de résidence-coaching scénique
et sa programmation dans les festivals partenaires (Musiques Métisses d’Angoulême, Festival Les Suds, Babel Med Music de Marseille, Festival en Othe…), les voyages et visas étant pris en charge.
Enfin, un titre du répertoire du finaliste est inclus dans la compilation 2011 de l’Organisation internationale de la francophonie.
Mais si Bo Houss a été sélectionné par le jury sur des uniques critères
artistiques et scéniques, on ne peut toutefois s’empêcher d’en souligner la portée symbolique. Car des soulèvements de Mayotte, on retient surtout celle de sa jeunesse, dans un
pays constitué en véritable orphelinat à ciel ouvert. Cette île, à la recherche de sa voix, trouve écho dans cette nomination et les textes de l’artiste. C’est un peuple, une jeunesse,
qui se bat pour son avenir et s’illustre ici par ces chroniques du quotidien, incontestable pont entre la tradition (chant mahorais) et la modernité (musiques urbaines). Preuve, une fois
encore, de la nécessité de vecteurs de valorisation comme le Prix Musiques de l’Océan indien.
Bien sûr, et c’est même affreux pour toute une génération d’artistes du genre, pour peu que le propos soit un peu lettré, que le fond sonore soit un tant soit peu travaillé, il faudrait
automatiquement que tout slam ressemble à du Abd Al Malik en puissance...
Mais ce serait trop facile. Et
surtout pas totalement exact pour les Waggons qui allient rock psychédélique et blues au spoken word. Les textes de Lucien 16’s sont engagés –
évidemment me direz-vous – oui, mais le chaud-froid de ce rap désespéré produit ici des étincelles au contact de cette musique intimiste. Ouatée.
Prenez le magnifique « Fuis aigreur » (12’18) : le MC harangue la foule, apostrophe. Oh, pas comme le rappeur, non, mais comme le ferait le crooner sur sa longue introduction.
Dépassant le tempo, puis le laissant filer avant que la batterie n’explose. Avant que l’émotion ne vienne…
Sans conteste le meilleur groupe lyonnais de ce début de siècle.
Les années 2010 ? Le retour du groupe à mèche. Et pour preuve : 1/ Quadricolor est un groupe de chevelus ; 2/ ces jeunes rockeurs niçois sont prêts à exploser, n’attendant plus
que la signature d’un label.
Leur crédo ? Un pont tendu entre électro-pop anglaise et psychédélisme américain, meilleur remède pour réconcilier la
vieille Europe et le nouveau continent. Les paroles ? In english, dans le texte, et écrites par un parolier... Bref, depuis 1 an, le quatuor commence à se faire un nom, malgré son pseudo
potache emprunté à une célèbre réplique de l’émission tv Popstars (merci Bruno Vandelli). Il faut dire que depuis le tremplin de Rock en Seine en 2010, les p’tits ont parcouru du chemin !
« C’était notre plus gros concert. L’année suivante, nous avons enchaîné pas mal de MJC, le Prix Deezer 2011 et sommes enfin devenus intermittents du spectacle. Hé oui, notre bac date quand
même de 2009 et nous habitions encore il y a peu chez nos parents ! »
Groupe de lycée, donc ? « Pas du tout, nous nous sommes rencontrés – hormis le batteur – au conservatoire. » Hum… Ambiance studieuse, nous présumons. Voire des stakhanovistes du
son, plus habitués des studios de répétition ou d’enregistrement que de la scène… Sourire : « Pas obligatoirement ! La scène et le studio méritent tous les deux un apprentissage.
Nous nous refusons de faire un choix. D’autant que, si le disque physique vend moins, il est tout de même écouté. L’un complète l’autre et inversement. » Mais ce premier album ? « C’est
en cours, mais nous ne sommes pas pressés. On a tellement vu des types de notre génération aller trop vite… Nous avons déjà pas mal évolué, murit. Finie l’expérimentation, nous connaissons nos
capacités. Et, en soit, c’est déjà la preuve d’une certaine maturité... »
Avouez ! Avouez que la lecture de cette chronique vous a d’abord intrigué (dégouté ?) à cause de son nom...
Il faut dire qu’il y avait
certainement plus subtile pour nommer cette délicieuse farce punk, sorte de brouhaha gueulé du fond du garage avec le bourdonnement des décibels comme seule mélodie. Et puis bon, si cela a permis
de découvrir un groupe... Mais même pas !
Urine est loin de squatter les fêtes de lycées : il s’agit du side project de Lab°, se la jouant ici crade sous les aisselles bien loin de leur
dub habituelle. Car en moins de 30 minutes, ce sont bien 21 goulées de tord-boyaux qui sont avalées sec, in english dans le texte, avec le larsen en guise d’étendard.
Conclusion ? Ca défoule, ok.
Idéal pour l’hiver. Et puis on se dit – quand même – à la fin du pogo que les membres (quarantenaires) de Lab° ont du raté un truc dans leur jeunesse pour s’y mettre aussi tardivement...
Bon, une fois le touche-pipi fini, on se remet au boulot maintenant ?
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