Vendredi 7 mars 2008

Ici, les mélodies se partagent entre accalmie pop et pugilat garage au grès des habiles cassures de rythmes.

MissRose.jpgPatate chaude dans la bouche, le verbe rocailleux est anglo-saxon et ne manque pas d’énergie.

Les riffs sautillants tailladent avec grâce des rythmes légèrement appuyés.

Quant aux ambiances, elles sont travesties pour mieux prendre à revers l’auditeur, alternant la détermination aux accentuations romantiques.

Un résultat intemporel, sorte de bâtard rock qui fait le pont entre les âges comme seule la scène belge savait le faire.



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par VOUS Mag
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Mercredi 5 mars 2008

Remarqué aux Transmusicales 2007, le hip-hop underground de ces londoniens a fait mouche.

Foreign-Beggars.jpgRien d’étonnant si l’on prend en compte leur dizaine d’EP / mixtapes ou leurs participations au sein de Gorillaz et de Björk. Orifice Vulgatron et Metropolis, les deux MC indiens et jamaïcains, attaquent à la gorge avec un flow épileptique aux échappées dub step ou human box.

Et preuve de l’influence des soundsystems, le groupe s’autorise ici une majorité de featurings dont certains français : Wildchild, Skinnyman, Graziella, Dajla, Disiz la Peste, DJ Vadim. Les instrumentations empruntent à la scène électro actuelle avec des phrasés old school qui ricochent à chaque rime.

Un petit bijou qui montre au fur et à mesure toutes ses subtilités. Idéal sur la platine vinyle autant que pour les battles.

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par Longueur d'Ondes
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Lundi 3 mars 2008

Olivier Marchal, l’homme qui a su dynamiser un polar français sclérosé par ses téléfilms, est de retour. L’intégrité et la vengeance concluent ainsi ce cycle au royaume des flics entamé avec « Gangsters » en 2002. Un film noir, certes, et à la photographie surexposée, mais qui préfère parfois la dualité esthétique à une véritable unité viscérale ou malsaine.

MR73.jpgLouis Schneider, flic au SRPJ et meurtri par des névroses obsessionnelles, mène une enquête sur un tueur en série marseillais. En parallèle, Justine renoue soudainement avec son passé lorsque Charles Subra, l’assassin de ses parents 25 ans plus tôt, risque d’être libéré de sa perpétuité pour bonne conduite. S’en suivent alors deux destins solitaires et blessés qui, une fois réunis, vont tenter ensemble de faire face à leurs drames familiaux. Et du passé, il en est autant question dans le fil rouge du film que dans le casting initial. A l’origine prévu pour Jean-Paul Belmondo, puis pour Gérard Depardieu, c’est finalement Daniel Auteuil, l’acteur le mieux payé du cinéma français, qui s’est vu offrir le rôle principal. Le titre du film fait d'ailleurs référence à l’arme de poing calibre 357 Magnum des ateliers Manurhin. Sorti en 73, ce six coups d’une grande précision est avant tout utilisé par des unités d’élite comme le GIGN ou le Raid. Un symbole de plus d’une police révolue auquel s’attache à décrire Olivier Marchal. Une nostalgie qui contraste cependant avec la stratégie de communication des studios qui ont invité une vingtaine de blogueurs influents pour assurer la promotion du dernier volet de cette trilogie.

Pose ton gun

« MR-73 » marque en premier lieu par son étrange résonance sur les problématiques perpétuité/récidive face à la rédemption et l’oubli développées récemment par Rachida Dati. Mais ce ne sont pas les seules évocations d’un cinéma du réel. Au-delà du scénario inspiré d’une histoire vraie, Olivier Marchal semble se cacher dans l’ombre de ses personnages. Tout d’abord sur le fond, l’institution et la morale bafouée écrasent ses garants dont le sacerdoce est donné en pâture aux guerres internes. Les affaires n’y sont jamais classées éternellement, se rappelant aux souvenirs de la mémoire ou de l’administration. On reconnaît aussi Marchal dans le traitement de l’intrigue, accumulant les personnages décalés et mal rasés, trahis par les siens et inhalant assez de fumée pour affoler n’importe quel ministre de la Santé. Attention cependant, une erreur s’est glissée dans une séquence, laissant un Daniel Auteuil allumer sa cigarette à l’envers.

Olivier-Marchal.jpgDouble détente
Il surgit alors un diptyque intéressant avec le précédent « 36 quai des Orfèvres » : la confrontation Paris / Marseille, l’ange déchu et le ripou, l’action face au mal qui ronge. Même la fin du film n’échappe pas à cette lecture binaire offrant la vie quand la mort en vole une. Pour autant « MR-73 » laisse entrevoir un aspect de la vengeance relativement différente. Il s’agit d’avantage ici d’une lutte – alcoolisée et obsessionnelle - pour l’éthique qu’une simple revanche personnelle. Et si le dynamisme fait parfois défaut au profit du réalisme, en témoigne la violence suggérée des scènes de crime, Olivier Marchal démontre qu’il maîtrise son univers. Lumières blafardes, caméra à l’épaule, entrepôts désaffectés, grain parfois abîmé de l’image… La patte du maître est bien présente. Son épouse, Catherine Marchal, se révèle être une beauté froide crédible, tandis que Guy Lecluyse, injustement connu pour sa voix dans l’émission « Motus », s’avère être ici un sbire malhonnête des plus impeccables. Quant à Daniel Auteuil, il joue sa partition sans véritable surprise mais sans fausseté, car on lui savait capable de la prestation au vu de ses précédents rôles.

En conclusion,
« MR-73 » est un film noir et honnête, qui souffre malheureusement de la comparaison avec son prédécesseur, mais qui n’en fait pas pour autant un objet inintéressant. Reste que l’on regrette parfois une bande originale à peine angoissante de la part de Bruno Coulais (« Rivières Pourpres », « Les Choristes », « Brice de Nice »), une exploration psychologique sans réelle profondeur et un cadre nocturne peu appuyé, afin que le film atteigne enfin ses ambitions de départ.

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par Cinextenso
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Vendredi 29 février 2008

Il aura fallu des années avant que Céline Frezza se décide à sortir son premier opus.

Rzatz.jpgIssue du mythique studio dub lyonnais et du trio Kinokik qu’elle forme avec ses amis vidéastes de Pixelles, l’artiste montre ici toute sa maîtrise des climats pesants. Dans la pure tradition électro/asbstract/hip-hop, les rythmes sont arides et désarticulés.

La mélodie joue les bruitistes à la fois humains, cinématographiques ou profondément mécaniques. Un pont entre les âges et les cultures, sorte d’anachronisme qui échappe à l’irrévérencieux. La maîtresse des lieux met en son et en forme des collages et bricolages d’une grande subtilité. Carbon Copies (Picore), Takeshi Yoshimura (Azianz) ou encore G Bart (Reverse Engineering) s’y imposent en conteur décalé et intemporel.

Une bonne découverte qui sait, même dans ses pondérations, se rendre inquiétante et magnétique. Un mirage spectral à l’apparence faussement sobre et apaisée.

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par Longueur d'Ondes
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Mercredi 27 février 2008

Rejoint dernièrement par une chanteuse, le trio nantais vient de confirmer son premier essai.

Hell-Nino2.jpgAu programme : un climat post-rock / dub quasi instrumentale avec extraits cinématographiques en bonne et due forme.

Les arrangements se perdent dans les horizons, sorte de vapeurs d’une grande intensité.

Le set joue les ping-pongs entre mélancolie et furie contenue, tandis que l’assistance se complait dans une lente agonie hypnotique.

Résolument post-industriels et vocalement presque Soul, les sons froids de cette mécanique résonnent de tout leur aspect contemporain.


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> 1er album "Sound Movie Esperience"
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par VOUS Mag
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Lundi 25 février 2008

C’est une réflexion intemporelle autour des relations homme/femme qui attend ici le spectateur. L’oeuvre de John Gray (« Les hommes viennent de Mars… ») y est digérée à travers les réadaptations anachroniques des contes de Perrault et des frères Grimm. L’occasion d’offrir une vision décalée et contemporaine des poncifs du sentiment amoureux.

Prince-Charmant.JPGThème universel autant inscrit dans une réalité fantasmée qu’un stéréotype d’antan, le Prince Charmant continue de fasciner. La jeune troupe En Plein Chœur part de ce postulat pour en analyser les tenants et aboutissants. Cette image héroïque et avenante s’est inscrite dans l’inconscient collectif, sorte d’idéal absolu que la modernité semble avoir oublié. Blanche-Neige, Cendrillon, Adam et Eve… La pièce tente de démontrer que l’Histoire peut se tromper et que Cupidon ne résonne pas forcément en des termes aussi restrictifs. Et si Blanche-Neige était finalement attirée par l’animalité du mafieux ? Et si Adam était au fond prisonnier de son innocente primitivité ?

La pièce sait prendre des contre-pieds intéressants, réhabilitant le coryphée de la tragédie antique comme juge omniscient. Et si certains personnages surjouent parfois pour des raisons comiques, le texte vient rapidement rattraper cette faiblesse. Schéma classique de cette fameuse quête théâtrale du réalisme propre aux acteurs. Le reste est porté par de fins jeux de mots, inscrivant « le théâtre dans un théâtre » et n’hésitant pas à sortir du cadre pour en dynamiser la narration. Pas de codes. Pas de règles. Les préjugés sont bousculés et réinterprétés à contresens sous la houlette d’un charismatique narrateur. On y rit. On s’émeut. Preuve que la compagnie a des jours plus que prometteurs devant elle. Un bon moment.

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par VOUS Mag
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Vendredi 22 février 2008

Sélection de la compilation CQFD 2005 des Inrockuptibles et Découverte des Printemps de Bourges.

Quidam2.jpgLe trio de Clermont-Ferrand a enfin sorti son premier album en janvier dernier.

Résultat ? Un rock français propre sur lui et bien sous tous rapports. Les riffs sont simples et le son est gentiment saturé dans l’esprit noise-garage.

Il y résonne une fraîcheur francophone aux refrains entêtants.

Un groupe joyeusement désinvolte qui, au vu de son soutien radiophonique, devrait se hisser sans mal dans les charts hexagonaux.

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par VOUS Mag
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Mercredi 20 février 2008

Le quatuor parisien sait, comme Phoenix, faire rapidement oublier ses origines françaises.

Daddy-Longlegs.jpgDeux de ses membres fondateurs ont par ailleurs écrit la BO du film « Zim & Co » (Pierre Jolivet).

L’accent est british, jonglant entre les cuivres latins, les atmosphères cinématographiques et les guitares électriques inventives.

Des références audacieuses tout en nuance qui se partagent entre lyrisme langoureux et set efficace.

Le deuxième album, actuellement en préparation, devrait arriver dans les bacs à la rentrée 2008.


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par VOUS Mag
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