Lundi 14 avril 2008
Le rendez-vous musical du 92 parisien a réussi son anniversaire en proposant un savant équilibre entre les piliers francophones (Bernard Lavilliers, Alain Bashung, Etienne Daho), les figures montantes de l’année passée (Hey Hey My My, Zita Swoon, F.M.) et les audaces stylistiques (Zenzile, Antibalas, Idir). Rajoutons à ces choix les concerts gratuits du midi et la programmation jeune public pour deviner sans peine l’éclectisme de l’événement et ses réservations rapidement prises d’assauts.
 
Ce qu’il faut retenir du festival c’est le MC de Dub Pistols et son trombone, le violoncelle et la flûte accompagnant les vinyles de Wax Tailor,  les métaphores assassines de Benoit Dorémus, l’anecdote hilarante de Thomas Fersen sur son bleu (malgré un concert identique à celui du Bataclan), la formule dépouillée de Jean-Louis Aubert et ses samples ou de Sanseverino et ses coups de pied dans les cymbales, les nouveaux arrangements de Moriarty (qui ont refoulés plus d’une centaine de personnes), Musica Nuda et son concept « Nouvelle Vague » italien aux tessitures polymorphes, le toujours émouvant Loïc Lantoine et la rigueur de ses textes, la mine peu réveillée du comique Thomas VDB, la chaleur écrasante et les ombres chinoises de Shaka Ponk, la reprise de REM par Daphné, la standing ovation pour La Maison Tellier (plus à l’aise avec la reprise de Rage Against the Machine que celle de Britney Spears), le charisme du chanteur des Vendeurs d’Enclumes et les guests vidéo de la pince-sans-rire Tender Forever.

Enfin, le tremplin du Conseil Général a récompensé cette année Roken is Dodelijk (ex-Power Rangers Texans), un combo lillois "sixties" habitué au CQFD. Une fois encore, et n’en déplaise à Patrick Devedjian, le Chorus Festival, a ici prouvé sa singulière complémentarité.


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F.M.


par Longueur d'Ondes
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Vendredi 11 avril 2008
C’est désormais possible d’habiter dans un commissariat, un pub ou une chapelle. Conséquence d’un assouplissement de la loi ? Non. Depuis 15 ans, Camelot Property se charge de repérer des lieux inoccupés en attente de rénovation ou de destruction en échange d'un contrat de gardiennage. En France, c’est Lancelot qui assure le relais du groupe européen.


Cherche locataire pour ancien hôtel désaffecté: 159€/mois." L’annonce pourrait être une blague de mauvais goût, si la formule n’avait pas séduit plusieurs pays européens. Il faut avouer qu’habiter un lieu hors du commun en guise de logement temporaire a de quoi rendre jaloux tout amateur d’émissions de décoration.

L’initiative vient de spécialistes de la prévention d’occupation illégale. Le premier bureau s’est ouvert aux Pays-Bas en 1992. La société s’est par la suite développée au Royaume-Uni, en Belgique, en Irlande et désormais en France. Le panel d’habitations va de l’usine désaffectée au centre commercial en cours de réhabilitation, en passant à l’école en démolition ou le château bientôt mis en vente.

Des gardiens improvisés, qui évitent l'arrivée de "vrais" squatteurs

La solution est idéale pour ceux qui déménagent souvent ou ceux qui ne peuvent payer les prix du marché immobilier local. En échange d’un prix dérisoire, les gardiens improvisés -pour la plupart de vrais candidats au logement ou des bobos en mal de sensations- préviennent de tout acte de vandalisme, de problèmes de tuyauterie ou de toiture, et de la présence de squatters non autorisés.

Aux Pays-Bas, 8 000 personnes vivent ainsi, confirmant le potentiel européen autour de plus de 35 000 logements de ce type. En France, ce serait entre 50 000 et 60 000 personnes qui seraient intéressées, avec une quinzaine de bâtiments qui seraient disponibles fin 2008.

Pour postuler, il faut justifier d’un emploi fixe et de fiches de salaires des derniers douze mois. Attention enfin, les enfants et les animaux ne sont pas acceptés, seules l’eau courante et l’électricité sont assurées et une inspection mensuelle est effectuée par l'agence.

Etymologiquement, le terme même de "squat" est intéressant. Venant de l’anglais "s’accroupir", il définissait l’action d’occuper un lieu inhabité. L’emploi est intervenu lors de la conquête de l’Ouest américain, au XIXe siècle. Par extension, le squat a connu un essor contemporain sans précédent en Europe, comme en témoigne la centaine de squats barcelonais, leur légalisation aux Pays-Bas et en Italie ou ceux abritant des artistes à Paris.

Cependant, si l’on connaissait le squat par nécessité (précarité), à vocation culturelle (ateliers/workshops), libéral (zone de gratuité/free shops) ou politique (anarchisme, mouvement autonome), l‘action de Camelot Property s'intègre dans la tendance des "vacances horizontales".

Un dépaysement social, pour redécouvrir la ville

Le principe, initialement new-yorkais, consiste à prendre un congé non loin de son habitation usuelle, afin d’investir notamment l’hôtellerie de luxe ou le logement humanitaire. Ainsi, les initiés accèdent à un dépaysement social, découvrant leur ville sous un autre jour.

Le squat réitère également la notion de propriété d’usage, revendiquant par ce mode une maigre dépendance à l’argent au profit de son temps de vie. Il peut donc autant se révéler être un espace de résistance qu’un lieu d’expérimentation de l’autonomie (sociale et économique).

Lancelot France propose donc une forme de lutte contre le mal par le mal. L’occasion également de mettre un peu de piment dans son quotidien et se rassurer sur son refus de l’uniformisation sociétale. Preuve une fois encore que, hors de sa valeur fiduciaire, l’originalité a tout de même un prix.


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par Rue89
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Mercredi 9 avril 2008

Paris sous le crachin, un lundi matin. Rendez-vous donné à 9 heures. Heureusement, l'ambiance « chic & sexy » de l'hôtel Kube, avec ces canapés en fourrure et ces fauteuils-bulles, nous replonge dans la chaleur ouatée de la couette. Dandy gominé, pull col en V, les yeux encore encombrés de sommeil, Gonzales attend. Camille se fait désirer. Elle arrive désolée et emmitouflée. Thé vert pour l'une, café noir pour l'autre. Canada / France, match au sommet et première rencontre pour les deux artistes, qui se sont croisés sur un festival suisse sans oser s'aborder. Ils sympathisent, plaisantent, s'échangent des conseils. Les différences apparaissent avec la complicité. Prélude d'un ping-pong autour de la création et de la pop.


Gonzales.jpg

Tous les deux, vous portez une très grande attention à mettre en scène votre musique.
Camille :
La pop, c’est plus que des chansons. C’est une globalité, un univers, un esprit autour des chansons. Je sélectionne et j’arrange les chansons en fonction de cette couleur musicale. C’est pour ça que je m’attache beaucoup à la production.

Gonzales :
Pour moi, c’est une évidence : il ne faut négliger tous les à-côtés de la musique. Pendant des siècles, les artistes l’ont fait. Il y a le contenu - la musique, mais aussi le contenant, dont il ne faut pas se foutre. Respecter la musique, c’est aussi trouver son équivalent visuel, scénique et même philosophique. Ne pas le faire, c’est nier la communication. Ne pas construire un univers autour d’un album, c’est une insulte faite au public.

C :
Si tu ne fais pas ce travail-là, on le fait à ta place et tu deviens un produit marketing. Et tant mieux, d’ailleurs : ça nous oblige à le faire. Je ne pense pas que Mozart se prenait la tête sur des couvertures de disques... (Rires)

G :
Oui, mais il se prenait la tête pour savoir comment il allait se comporter à la Cour, comment il allait faire son entrée... D’ailleurs, son pote Salieri n’a pas fait ce travail de recherche. Il n’a pas osé. Il a fait la même chose que Mozart, mais il n’a pas construit d’univers autour de sa musique. Il pensait que la musique suffisait. Peut-être respectait-il trop l’acte de création pour le salir avec ces questions. Résultat : les gens se sont fait une image fausse de lui, celle d’un conformiste. Tout ça à cause de son manque d’audace.

Le français, l’anglais, ce sont des matières sonores indifférenciées ?

G :
Pas du tout. Moi, je n’oserai jamais enregistrer en français, parce que j’ai un accent quand je chante, et que pour moi, chanter ne peut pas correspondre à ce manque de maîtrise. (S’adressant à Camille) Mais, toi, tu chantes sans accent - ton lead est souvent en anglais. Et quand tu chantes en français, c’est toujours plus détaché. C’est plus comme un chœur grec…

C :
Sur Le Fil, j’avais en tête cette idée de chœur qui commente l’action. L’anglais est pour moi, plus dans la spontanéité et le français reste la langue de mes études, de l’analyse et des nuances. Et aussi de mon inconscient. L’anglais lui permet d’aller droit au but, d’aborder des sensations plus viscérales, à la fois les plus élémentaires et les plus profondes, plus universelles - « I love you », « I am hungry »... La pop anglaise a cette possibilité-là de faire sonner les mots les plus simples, contrairement au français. Regarde toute la musique noire-américaine. I will survive¸ c’est très simple et en même temps, hyper puissant : tout part de l’intention !

G :
Ou Staying alive…

C : Ou Staying alive. Toute la tension y est tellement incarnée. En français, pour que ça soit incarné, tu dois raconter quelque chose. En revanche, le français tire sa force des sons, avec des consonnes, idéales pour le drame ou le réalisme à la Piaf. Quand elle chante, elle s’appuie sur les consonnes. Elle s’enracine. En plus, il s’agit d’une langue latine parfaite pour adapter par exemple, un standard brésilien, grâce à toutes les consommes percussives et fricatives. L’anglais, c’est plus du chewing-gum. Tu peux te mettre en bouche les voyelles et les faire durer des heures.

G :
Quand j’enregistrais, il y avait dans le studio, un  chanteur français de R’n’B. Parfois, entre deux prises, je l’entendais chanter et je n’entendais que son accent français. Rien que son « oh oh » sonnait faux. C’est pénible de vouloir plaquer l’anglais sur le français. L’inverse, aussi. Par exemple, l’album Monsieur Gainsbourg¸ ils ont traduit du Gainsbourg en anglais. Ce n’était pas terrible.

C :
Tu ne peux pas traduire des mélodies parce qu’elles sont indissociables d’une langue. Le problème de la pop actuelle, c’est qu’on se calque sur la pop anglaise. Du coup, on pense que l’allemand ou le français ne sont pas des langues musicales.

G :
Et Schubert, ça sonne mal ? (Rires)

C :
Toutes les langues génèrent un imaginaire, des rythmes, des mélodies. Dans Music Hole, j’ai fait le choix de l’exactitude [Ndla : de la prononciation]. Je voulais faire des chansons, qui comme des standards, racontent des histoires, qui puissent vous embarquer. D’ailleurs, mon coréalisateur, Majiker, est anglais et si ça n’allait pas, il me le signalait. En revanche, dans God is sound, ce qui m’a intéressé, c’est le travail des sonorités. Mon propos n’est pas d’être dans l’exactitude. Je ne parle ni arabe ni chinois. Ce sont des matières sur lesquelles je vais improviser.

Soft-Power.jpgAlors, quel rôle joue la spiritualité dans la création ?
C :
En fait, je déteste parler de spiritualité : c’est très intime et ça peut être très vite galvaudé. Mais à propos de la musique, et de la voix en particulier, il y a effectivement une vibration assez cosmique : ça part en soi, se diffuse dans un lieu et atteint les autres. La musique relie au monde.

G :
Camille ayant une approche scientifique de sa voix, peut-être y trouve-t-elle quelque chose de mystique. Moi, c’est l’inverse : j’ai une approche scientifique de la musique, je me concentre sur l’harmonie…

C (l’interrompant) :
C’est un truc incroyable, l’harmonie ! Ce sont des lois qui nous dépassent totalement !

G :
La mélodie, c’est extrêmement cérébral. Le rythme, plus corporel. Et l’harmonie joue sur les émotions. C’est ce qui a le plus de pouvoir. C’est le plus dur à quantifier et à maîtriser. Comme j’ai longuement étudié les harmonies, j’y vois peut-être moins de mystère que Camille. En revanche, comme je ne maîtrise pas le chant et que le son de ma voix est plus instinctif, j’ai un rapport plus mystique avec les mots que je chante. Et l’effet sur le public est tout aussi mystérieux. C’est ce qui donne du pouvoir à la musique.

Et le pouvoir vous intéresse ?

G :
Bien sûr ! C’est la raison pour laquelle je fais de la musique. J’ai besoin d’exercer ce pouvoir ; c’est dans mon caractère. Ce qu’il y a de bien dans la musique, c’est que les gens viennent à tes concerts et paient pour que tu exerces ton influence sur eux. Ils veulent être manipulés. C’est beaucoup moins dangereux ainsi que si j’avais été homme politique…

C :
Dans la musique, le pouvoir n’est pas qu’en toi. Tu es un médium. Même si tu maîtrises tout sur scène, tu jouis tout de suite des effets de ce pouvoir sur le public. Tu as un retour immédiat. C’est hyper épanouissant.

G (avec un fort accent québécois) :
Ça tue sa mère, Christ !

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> Page MySpace
Gonzales
> 1ère partie de l'interview
> Chroniques albums
(entretien réalisé avec Sylvain Dépée)


par Longueur d'Ondes
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Lundi 7 avril 2008

Loin des débâcles discographiques et des surgelés pour radio, ils sortent « Music Hole » et « Soft Power », deux albums enthousiasmants, où sans qu’il n’y paraisse, l’attraction des corps croise avec l’intime. Tous deux sondent leur enfance musicale. Le gospel, la soul et les chants primitifs pour l’une ; la variété synthétique du début des 80’s et les chanteurs-pianistes comme Barry Manilow pour l’autre. Preuve s’il en fallait, que la lave coule sous la banquise. Rencontre de deux exigences, entre instinct et cartésianisme.


Camille.jpgVos nouveaux albums s’ouvrent sur des titres très entraînants, très dansants, qui parlent au corps. Est-ce un élément important de votre inspiration ?
Gonzales :
Je ne danse jamais. Je ne m’exprime pas trop avec mon corps. Et surtout, je ne crois pas en l’inspiration. J’essaie de faire de la musique tout le temps. J’évite ainsi de mettre la pression sur l’acte "sacré" de la création. C’est dans l’oreille de l’auditeur que l’inspiration se passe. En plus, pour ma génération, la musique sur laquelle on danse est beaucoup moins festive que celle qu’on trouve sur Gospel with no Lord [Ndla : l ’ouverture de l’album de Camille] ou Working together, sur mon album.

Camille : Moi, je fais beaucoup de danse par contre. Le rapport entre le son et le mouvement m’intéresse beaucoup. J’ai donc fait ce choix du travail sur ma voix, et par définition sur l’instrument de la voix, c'est-à-dire le corps. Je ne tente plus de parfaire ma technique au piano, mais de développer la connaissance de mon propre corps, et du mouvement. La pratique de la danse a influencé ce dernier album : je voulais faire quelque chose de joyeux et d’ouvert, plutôt que dancefloor, même si il y a des clins d’œil au disco.

G : Solo Piano [Ndla : le précédent album de Gonzales] peut être considéré comme un album dansant. Il ne faut pas limiter la danse aux morceaux uptempo, des claps, des claquements de doigts ou des grosses caisses qui marquent le rythme.

C : Pareil, pour le mouvement. Il ne faut pas le réduire à un truc de clubbing. Je ne travaille actuellement sur les chants religieux, et l’important, c’est de chercher les rapports entre le son, le mouvement et le geste.

Est-ce à dire que la
musique est nécessairement un laboratoire ?
C :
Oui ! C’est forcément exprimer quelque chose que tu as dans la tête et qui n’est pas dans l’air du temps. Je n’écoute pas de hip-hop, mais je suis influencée par ces mecs avec leur subwoofer à fond, dans leur voiture. Ça m’a du coup, donné envie de travailler sur des subs  Pas de style particulier, donc, juste des éléments qui me touchent et qui m’imprègnent.

G :
C’est la différence entre entendre et écouter. Les artistes qui ont une musique personnelle, sont plus dans l’entente qu’à l’écoute. L’écoute, c’est chercher quelque chose. Quand je dis que l’inspiration n’existe pas, je veux dire que l’inspiration active n’existe pas. Quand tu cherches, que tu attends, que tu mets une pression sur l’acte "sacré" de la création, c’est généralement que tu n’es pas sûr de ce que tu veux faire ou dire. En réalité, la création est plus liée à l’inconscient ou à une passivité d’entente.

C :
Ton corps retient ce qui lui correspond, ce qui y pénètre naturellement. Il n’est pas dans une démarche volontaire de copie ou d’assimilation. Moi, je m’imprègne et je laisse les choses se décanter. Un disque n’est que le témoin d’un moment de ta vie. Ça ne sert à rien de se dire : « Je veux faire un disque dans ce style-là ». C’est à la fois un exercice mental et spontané. Corps, esprit, émotions, c’est l’expression de l’être humain en entier.

Music-Hole.JPGSelon vous, pourquoi faites-vous figures d’OVNIS ou de fous ?
G :
Il y a une époque où nous serions passés pour des conservateurs, pour des artistes conformistes. C’est juste une réaction aux mythes auxquels croient les musiciens de notre génération : notre démarche parait par rapport à eux, plus originale. En fait, j’ai une approche très conservatrice : je suis les règles musicales qu’on m’a inculquées. Je ne suis pas en train de chercher quelque chose de nouveau dans la musique, mais une manière d’exprimer ma personnalité, mes défauts et mes contradictions. Je mets de l’humour sur des mélodies mélancoliques, et pour certains, c’est bizarre ou inattendu. Mais, c’est juste moi ! Les musiciens qui font de la musique mélancolique essaient d’avoir une image plus sensible. Mais, je n’y crois pas et surtout, je ne le suis pas ! Employer  le mot « fou », c’est vraiment trop relatif. Prenons mon pote, Philippe Katerine qui pour moi, compte vraiment artistiquement. Il est tout sauf un clown ou un fou. Au XVème siècle, à la cour royale, personne ne l’aurait considéré comme un fou. Il aurait peut-être été  le poète le plus prisé de la Cour de France.

C :
Et être fou, qu’est-ce que c’est ? Ça veut dire qu’à aucun moment, tu n’es maître de ta créativité, de ton énergie ou de ta violence. La musique, c’est incompatible avec ce manque de maîtrise. A partir du moment où il y a création, il y a expression et donc, on n’est plus dans la folie. Peut-être, serais-je folle si je n’avais pas la musique…

: C’est comme les tueurs en série. Jusqu’au passage à l’acte, ils cachent leur mal-être…

C :
Combien même tu dis « je veux tuer tout le monde », mais que tu le chantes, alors, tu n’es pas fou ! Parce que tu as exprimé ton démon, tu l’as sublimé.

Votre folie, c’est peut-être sans verser dans l’impudeur, de beaucoup vous dévoiler dans vos albums, de révéler toutes vos facettes ?

C :
On n’a pas peur des contradictions. Mais, est-ce ça la folie ? Je ne crois pas. Pour moi, la vie, c’est accepter les contraires. La folie, ce serait plutôt être puriste, intégriste, vouloir que tout soit pareil. Mais, être dans la contradiction, c’est plutôt sain et ça me permet d’être très heureuse.

G :
Supprimer les contradictions pour faire un tube, voilà la folie ! Parfois, je rencontre des artistes dont la musique m’endort, et je découvre qu’ils ont d’autres facettes, des contradictions. Et je me dis : « Mais pourquoi je ne les entends pas ces contradictions ? ». Voilà la folie : avoir de la matière pour "entertainer" les gens et ne pas s’en servir ! That’s crazy !

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Camille
> 2ème partie interview
> Chroniques albums
(entretien réalisé avec Sylvain Dépée)


par Longueur d'Ondes
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Vendredi 4 avril 2008

Skate sous le bras, François Maurin étonne au naturel tant la pochette et la musique de son premier album l’ont érigé en dandy classique. Pourtant, la culture rock est bien là avec pour preuve ses reprises de Blondie ou des Stranglers sur fond de cordes aériennes. Pas de doute, le Neil Hannon parisien sort du lot et touche par son humilité.

F.M.jpgMême si ce sont des initiales, utiliser F.M. comme pseudo peut évoquer - à tord - l’esprit mainstream…
Ce qui m’a plu, c’est l’ambivalence de cet acronyme, sous-entendant à la fois la diversité et le formatage. Il faut transcender le genre avec une ampleur élastique pour qu’il parle aux gens. Moi, je pousse la pop music jusqu’à sa limite. C’est un jeu. Une recherche de l’efficace. C’est pour ça que nous avons rajouté - avec humour - la mention « New Popular Music. »


Populaire ? Pourtant les titres ne ressemblent en rien à la variété française…

Le mot est galvaudé. Moi, j’en revendique l’aspect noble. Il faut savoir parler au plus grand nombre, pas dans le sens de la longueur, mais dans celui du niveau d’écoute. Faire de la pop ne devrait pas être dégradant. Je fais de la musique à tiroir, simple et évidente. Une musique « inspirée de quelque chose... » Je trouve que c’est la moindre des choses.


Comment s’est construit l’univers visuel de l’album ?

Les retouches photos sont un passe-temps. Je rêvais d’un monde baroque et romantique. Une sorte de groupe de rock du 19ème siècle qui en supprimerait le superflu. Quelque chose qui nous relie au temps passé avec cette question obsédante : « Est-ce que mes ancêtres auraient aimé ce que je fait ? » C’est pour cette raison que nous avons opté pour Renaud Letang [Ndla : Katerine, Gonzales, Manu Chao] au remixage. Il comprenait mon approche rock. Quoi qu’on en pense, ma vie musicale s’est effectuée dans un casque… J’aime l’effet sonore.

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par Longueur d'Ondes
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Mercredi 2 avril 2008
Exit son Dj, le duo nantais se rêve de nouveau en gladiateur du rock alternatif après avoir partagé les scènes de Manu Chao et de Gogol Bordello.

La-Phaze.jpgLeur jungle-rock marque un retour aux sources autant qu’il démontre leur éclectisme. En témoigne les deux excellents singles : le métissé « Peine de Vie » sur l’euthanasie avec son tempo appuyé, son riff grinçant et ses cordes discrètes ; le ragga-punk « Little Face » rappelant leur amour revendiqué pour les Clash.

Et si certains puristes peuvent parfois y regretter une rage désormais plus contenue dans les textes que dans l’emballement rythmique, l’ensemble gagne tout de fois en ouverture. La présence du chanteur de Gogol Bordello et de la rappeuse Keny Arkana rappelle la précision mélodique et schizophrène du combo, autant que leur leur engagement perpétuel.

Une position qui, dans le contexte français actuel, mérite d’être applaudie. Et suivie par le plus grand nombre.

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par Longueur d'Ondes
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Lundi 31 mars 2008

undefinedDéfinition : joueur occasionnel habitué aux jeux simples
Opposition :
hardcore gamer

Age :
12-35 ans
Sexe :
majorité féminine
Population :
145 millions de personnes aux Etats-Unis

Moyenne du temps de jeu :
1h à 5h par semaine
Mode de jeu : solo (avec une préférence pour la gratuité)
Console : Nintendo DS (68 millions d’exemplaires)

Site :
Popcap (6 millions de visiteurs par mois)
Marché publicitaire : 400 à 700 millions de dollars en 2010 (Etats-Unis)


par Role Playing Game
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Vendredi 28 mars 2008

Final-Fantasy.jpgContradictions
Si le milieu est pollué dans sa majorité, le tableau n’est pas non plus si manichéen et collégial qu’il y parait. Du moins pas encore. Final Fantasy est l’exception scénarisé qui abat tous les arguments, mais parce que soutenu par une immense communauté et profitant de son statut d’éternel pionnier. Presque un délire à la Jack Lang, éternel Ministre de la Culture, dont la posture historique n’est jamais remise en cause, comme si la critique et la réfutation des mythes pourraient s’avérer blasphématoires. Il subsiste aussi par ailleurs quelques studios indépendants dont les jeux ne font pas figure de réelles performances visuelles ni de surenchère de budgets, mais qui se distinguent par son originalité et la volonté de donner une véritable ambition à leur temps de développement.

L’industrie du monde du jeu vidéo souffre finalement des maux reprochés aux autres corporations : du cinéma en passant par la musique, dont on compare souvent les revenus comme si la créativité se résumait à sa rentabilité. Pour autant, et même si cette industrie dépasse désormais les autres, elle s’avère encore schizophrène dans l’inconscient collectif. Pour exemple, comment expliquer que le dernier Lara Croft puisse être « recommandé » aux moins de 18 ans alors que le dernier Rambo, succession de viols et de membres arrachés, n’est interdit qu’aux moins de 12 ans ? La volonté de démocratisation du jeu a peut-être tué - sur le fond - la capacité créative d’une industrie, mais il serait temps de réhabiliter sa forme et sa perception par rapport aux autres industries avec lesquelles elle est sans cesse comparée.

Il faut aussi, sans langue de bois, avouer la situation - somme toute inédite - de la presse vidéoludique face aux grands conglomérats. Si la presse musicale (pour ne citer qu’elle) exerce un véritable travail de fond au niveau sélection et repérage, une telle pratique ne peut pas s’exercer au même niveau pour les jeux vidéo. Les éditeurs distillent au compte-goutte les images des jeux, rendant dociles ou corrompus certains médias obligés de céder aux compromis en échange d’une quelconque exclusivité, quand la presse musicale peut, elle, se contenter de détourner les réseaux classiques en prenant par exemple des photos d’un artiste en concert. Les médias vidéoludiques peuvent ainsi être tentés de courir davantage après les maigres éditeurs, et non l’inverse, galvaudant l’esprit critique et son souci d’indépendance. Au moins le lecteur peut ici faire rapidement son choix et deviner à travers certaines lignes les échanges négociés. Pourtant, la sélection est une nécessité, permettant au-delà des avis personnels, d’exercer une sélection qualitative voulu par le lecteur afin de ne pas se perdre dans la jungle des sorties.


IA.jpgSolutions ?

Si autrefois les IA étaient contraintes par la technique, saturant les ressources du processeur destinées aux graphismes, l’équilibre se rétablie peu à peu. Possédant désormais plusieurs puces, les processeurs peuvent jouer sur la complémentarité. Mais bien plus que la prouesse technique qui permet de compléter un jeu sous tous ses aspects, la future limitation - prévisible - des technologies va aussi effectuer une remise à niveau bénéfique. En effet, une fois standardisé, la démocratisation collégiale des performances visuelles va permettre un retour progressif des actions scénarisées. Finalement, c’est toute l’ironie de la chose. Si la démocratisation a pu tuer certaines créations, elle s’avère aussi être leur salut... Enfin, la communauté des joueurs est la 1ère culture post-moderne, se moquant des références universelles du monde réel et de leurs influences pour réinventer ses propres codes. Une puissance, dont le narcissisme tribal en est l’un des symboles les plus perceptibles, qui sonne la domination de la parole citoyenne. Car si les majors peuvent oublier leurs premiers objectifs et se perdre en chemin, le pouvoir est - plus qu’hier encore - dans la main de ses joueurs. Et un bon boycott ou un vote de sanction pourrait bien réveiller une industrie qui sous-estime sa cible. Preuve que la situation peut encore changer. Et dans le bon sens…

LIENS
> 1er chapitre : preuves /  postulat
> 2ème chapitre : pourquoi / conséquences


par Role Playing Game
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