Samedi 3 mai 2008
Derrière la grande scène, c’est le no man’s land. Les portes du village artistes ne s’ouvrent qu’aux maigres initiés possédant un sésame. Sur place, les différentes formations cohabitent dans un brouhaha artistique. Petit retour en arrière sur les bruits de couloir du festival.

>  Collectionneurs ? Pour décorer leur loge, les canadiens Arcade Fire ont demandé une toile d’art naïf et un jeu de cartes vendredi après-midi pour s’occuper avant son concert. Sur scène, Rodéo Massacre, Emilie Simon et la chanteuse de M.I.A. ont admiré leur concert.

> Comme tout artiste, Björk a transmis au festival un « rider », liste résumant ses demandes spécifiques et les dispositions à prendre en vue de son arrivée. Parmi elles, l’islandaise aimerait manger des raisins… sans pépin. Ils étaient tous présents à son concert et se promenaient anonymement dans le foule : Jack Lang, Arthur H, Katel, Mademoiselle K et même Dj Zebra.

> Le service public est rock ? Madame le Ministre de la Culture, Christine Albanel, a assisté au concert des Rita Mitsouko. Un groupe venu d’ailleurs en famille… tout comme Jarvis Cocker (aperçu devant le concert de Jesus and the Mary Chain). Un de ses enfants a oublié un jouet dans la loge.

> Le groupe Mogwai voulait absolument repartir avec une affiche collector du festival. C’est chose faite. L’organisation leur a offert une affiche exclusivement réservée à l’affichage des Colonnes Maurice, représentant une sirène.

> Leur manager avait prévenu. Dès que Marc Ronson commence à avoir l’accent scottish, il ne faut plus lui servir de bière !

> Décidemment… Kelis a, elle aussi, fêté son anniversaire sur le festival. L’organisation lui a payé un gâteau d’anniversaire.

> Sacrée forme ! The Hives a passé toute une nuit à faire la fête dans leur loge.

> Tania, la chroniqueuse du Grand Journal (Canal+), a été aperçue jouant avec un caddie.

> Il semblerait que la chanteuse Anaïs était sur le festival mais personne ne l’a reconnue. Pourquoi ? Parce qu’elle aurait rasé sa tête.

> Sympa ! A la suite de l’enregistrement de son plateau TV avec Arte, les Puppetmastaz ont réalisé un autre titre pour les journalistes. Ils ont par ailleurs oublié leur dentifrice dans leur loge. Qui veut ?

> T'es trop VIP ? Philippe Katerine est passé en coup de vent à l'espace presse ce samedi...

> Tool a demandé au festival 75 serviettes et pour le repas… que des légumes ! Dont des épinards frais... Le groupe s’est ensuite isolé en barricadant l’entrée de leur loge avec des barrières de sécurité.

> Amoureuse ? La chanteuse de CSS est restée « scotchée » à son homme durant toute la journée. La bassiste est elle aussi restée toute la journée… à jouer au jeu Guitar Hero sous le chapiteau presse.

> Surprise ! Oui, c’était bien eux dans la foule… deux des membres du groupe des Klaxons étaient là.

> Par mégarde en rangeant la loge, l’accueil artiste a failli mettre à la poubelle les tambas (étuis pour la batterie) d’Erik Truffaz. Ouf !

> Le groupe Rock & Roll a fait honneur à son nom : groupies, excès et décoration de la loge revisitée… Yeah !


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Rock en Seine


par Blog officiel Rock en Seine
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Jeudi 1 mai 2008
Derrière l’apparente facilité du scénario - une équipe de journalistes, chargée de suivre le quotidien nocturne de pompiers barcelonais, se retrouvent au centre d’une intervention qui tourne rapidement au drame - le film se révèle d’un effrayant réalisme grâce à son mode « caméra au poing ». Si efficace que les américains en éditent un remake pour fin 2008.

Récompensé trois fois au festival du film fantastique de Gérardmer, [Rec] est né de l’idée de la matérialisation d’un cauchemar crédible, s’étendant en flux tendu pour maintenir le spectateur en haleine. Mission réussie pour les deux réalisateurs Jaume Balaguero et Paco Plaza qui ont ainsi puisé dans la télé-réalité et dans des jeux vidéo de survival horror. La première bande annonce avait déjà provoqué le buzz, ne dévoilant aucune image du film, mais la réaction de ses spectateurs filmés en caméras infrarouge. L’initiative avait alors déjà alerté sur sa forme. Et si cette forme évoque logiquement Projet Blair Witch, le lointain Cannibal Holocaust ou le mitoyen Cloverfield, [Rec] fait une plus grande part à l’improvisation, ne confiant que des scripts incomplets aux acteurs afin de conserver un certain dynamisme naturel et un sens du réalisme.

Le film espagnol exploite au mieux son principe subjectif et anxiogène : les protagonistes s’attaquent directement aux spectateurs tandis que l’unité de lieu renforce la promiscuité. Le tout a des allures de train fantôme qui emprunterait ses recettes à Résident Evil ou Silent Hill (obscurité, énigmes, immuabilité). En effet, le spectateur se rend très vite compte que le destin doit s’accomplir et est noyauté par niveau. Mieux, que les principes d’articulation et le traitement effectué sont plus importants que la cohérence de l’histoire (pourtant estimable). Et, malgré les emprunts réguliers à Romero (maître des zombis), l’effet obtenu par l’absence de moyens souligne la relative intelligence du film face à la surenchère de blockbusters du type I am a Legend.

On ressort donc à la fois stressé et euphorique de ces 90 minutes sous tension. Un film qui malheureusement risque de rester inaperçu en raison de son amalgame avec d’autres avatars adolescents. Pour autant, il est vrai que [Rec] n’invente rien, ou peu, mais le film ne se permet ni temps mort, ni excès d’hémoglobine. La situation est limpide (contrairement au Projet Blair Witch) et ne souffre pas d’une caméra épileptique. La psychologie des personnages n’est pas poussée mais suffisante pour comprendre la paranoïa qui s’empare d’eux et pour partager leur angoisse. Sans nul doute, l’un des meilleurs films d’angoisse de cette année pour ceux qui sauront s’accommoder de la forme et de la version originale.


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par Cinextenso
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Mardi 29 avril 2008

Le premier long-métrage de Jan Bonny a bénéficié d’une première mondiale au festival de Cannes dans la catégorie Quinzaine des Réalisateurs. En consacrant son sujet à la violence conjugale exercée sur les hommes - fait méconnu et sous-estimé - le réalisateur rappelle l’une des fonctions premières du cinéma au-delà du simple divertissement : interpeller et provoquer la réflexion.


Georg est un policier allemand, reconnu pour son apparente stabilité. Pourtant, sa vie conjugale bat de l’aile. En effet, lui reprochant sa lâcheté et sa constante empathie, sa femme Anne le bat dans l’intimité. Une situation inavouable socialement par Georg qui lui reste tristement fidèle. Le film se résume donc à une confrontation directe au sein même d’une intimité qui a su depuis longtemps s’isoler de l’extérieur. Pas étonnant de constater que la production du film fut confiée à Bettina Brokemper (Lars von Tier, Thomas Vinterberg). Sans renouvellement du cinéma réaliste, le sujet touche par son traitement classique et sans surenchère. L’absence d’artifice permet au contraire de mieux s’interroger en évitant le racolage et la généralisation du propos. Ici, la complaisance n’a pas sa place et les protagonistes ne sont pas manichéens pour autant, laissant libre le jugement du spectateur. La domination et l’humiliation font alors face sans que des mots puissent l’expliquer, constituant une des grandes réussites de ce film.

L’un
Le choix des acteurs est pertinent dans leur apparente banalité. Leurs physiques savent ainsi s’extraire du statut de victime. Impression renforcée par l’urbanisme vieillissant d’une Allemagne qui vit perpétuellement son deuil. L’homme affronte ses peurs silencieuses, encerclé par sa vie professionnelle (rivalités jalouses entre collègues) et sa vie personnelle (une femme névrosée d’une angoissante réalité, le chantage affectif de la belle-famille, des enfants déserteurs) que fera voler en éclat une promotion sociale. Seul, Georg s’enferme dans un jeu d’arcade pour pleurer dans une sublime métaphore du cocon qu’il ne fera partager qu’à une collègue tentatrice.

L’autre
A travers des regards, des gestes, le spectateur identifie notamment au fur et à mesure le manque de reconnaissance parentale d’Anne. Le personnage se déteste tellement qu’elle exerce un transfert évident sur son entourage. Mais si les coups sont accentués, l’histoire ne connaît pas le paroxysme qu’elle pourrait le laisser supposer. Au contraire, la folie se lit davantage dans les yeux de Anne que dans son hystérie. Là encore, le film ne se veut pas grossièrement démonstratif et parvient ainsi à nous atteindre et, comme son protagoniste, à nous blesser.


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Hommes battus


par Cinextenso
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Vendredi 25 avril 2008
La 32ème édition s’est clôturée après une semaine de pluie fine. Le festival a une fois encore confirmé son statut de Midem bis (Marché international de la musique) où l’arrivée en France des mondialistes Live Nation a squatté toutes les conversations. Et si les jauges restreintes réservées aux journalistes n’ont pas toujours permis une couverture médiatique optimale, Le Printemps de Bourges a accueilli 10 000 entrées de plus que l’année dernière. Petit aperçu des festivités.

> Mardi 15
Pendant que le Phoenix accueillait sa première soirée consensuelle mais obligatoire (Rose, Renan Luce, Christophe Willem), le 22 d’Auron affichait, lui, complet. Syd Matters y a confirmé son perfectionnisme entre harmonies vocales, mélancolie et final post rock. Plus en retrait, La Maison Tellier est parue moins à l’aise sur scène qu’à son habitude, distillant malgré tout un folk mariachi tout en retenu. Quant aux French Cowboy (ex-Little Rabbits), ils ont clôturé la chevauché US avec de lentes et longues montées épiques qui savent ne jamais exploser. Une sorte d’orage de chaleur dépressif, lourd et lancinant, rappelant parfois le refrain du « Little Wonder » de Bowie. Toujours aussi impeccables sur scène, on regrette toutefois que les nouvelles compositions lorgnent désormais vers le punk californien.

> Mercredi 16

La journée fut riche en révélations avec tout d’abord les déjantés Gatineau. Bien qu’affublés d’un public majoritairement préadolescent, les rappeurs québécois se sont fait remarqués par la voix téléphonée et le costume de Stewart des chœurs ou les slams sur les fauteuils et le caleçon apparent du chanteur (présent toute la semaine du festival). Une fusion rock et second degré dans le style Svinkels et à l’opposé du hip-hop classieux et anglophone des parisiens The LatitudZ. Direction ensuite le slam avec ZoB, artiste intelligent, sensible et drôle qui sait toucher à chaque tirade.

La soirée a par la suite accueillie la malingre Claire Diterzi qui ne s’est pas fait prier pour montrer sa déception quant au timing attribué. Sèche dans ses interventions, son concert révèle à l’inverse un travail onirique et audacieux autour des métissages musicaux ou de la scénographie. Chapelier Fou affiche lui une mandoline et un violon pour servir un downtempo répétitif, joyeusement bruitiste et empruntant les hors pistes sans souci d’unité. Une abondance attrayante et complexe que vient compléter l’excellent exercice plus classique du Dj - abstract hip-hop - Liléa Narrative.

> Jeudi 17
Malgré de belles intentions et un violon intéressant, Thomas Dutronc déçoit en début de soirée avec son humour maladroit, l’écho assourdissant du Phoenix et un répertoire qui courtise davantage la variété, faisant passer les accents tziganes pour une caution intellectuelle. Un véritable affront face aux Moriarty, monstres d’intelligence - faussement timides - et de délicatesse envoûtante pour un magnifique folk des Appalaches. Sans surprise, le trip-hop de Birdy Nam Nam - qui comporte un membre des Svinkels et un autre d’Alliance Ethnik - remporte logiquement la mise, tandis que la magnétique Phoebe Killdeer enfonce un peu plus loin le clou. Sexy et expérimentale, la chanteuse continue sa déstructuration blues-rock entre Shivaree et David Lynch.

Fujiya & Miyagi réussissent, malgré l’absence de charisme, de magnifiques envolées hypnotiques et électro-dancefloor, rapidement accompagnées par l’assistance. Be Own Your Pet et leur punk féminin trahissent leurs ambitions Riot Grrrl en s’enfermant dans une attitude juvénile et en refusant les slameurs sur scène. Dommage. Enfin, les Foals - groupe NME très attendu - ont su, malgré leur influence Klaxons sous acide et leur groove évident, faire preuve d’une arrogance anglo-saxonne peu vue depuis Gallagher. Et l’on comprend vite pourquoi.

> Vendredi 18
La fratrie des Kid Bombardos a en premier lieu prouvé que le rock bordelais pouvait s’affranchir de ses aînés en empruntant davantage à l’anti-folk et aux Strokes. Les Curry and Coco n’ont pas ménagé le public avec leurs râles sauvages, leurs synthétiseurs grinçants et leurs moustaches kitch. Non loin de là résonnent la scène dub-reggae et son trio Groundation, Tiken Jah Fakoly et Israel Fondation. Attirant une foule de curieux, Sébastien Tellier n’a pas su confirmer son aura hype. Dans un sweat-shirt ample, clope à la main, un verre de champagne dans l’autre, le proxénète barbu 80’s se révèle plus efficace en BO vieillissante pour film industriel que sur scène. Catherine Ringer a, elle, impressionné pour la sobriété - compréhensible - de son interprétation. Enfin, les bootlegs de Dj Moule ont su rappeler que si Dj Zebra révolutionne le concept par ses participations en live, Moulhoud s’avère définitivement plus pointu dans ses mélanges musicaux.

Mais le clou de la soirée - et du festival - revenait logiquement à
Camille. Le début du spectacle fait d’emblée penser à Björk (en raison de la cape de la chanteuse et ses sauts de cabri) ou à Emilie Simon pour ses expérimentions sonores. Mais très vite, l’impression est oubliée. Camille pousse le white gospel dans ses retranchements, utilisant à outrance les chauffes du genre, l’utilisation du corps et un esthétisme binaire (noir / orange). Pour son dernier soir, la chanteuse se révèle même être plus chaleureuse que le laissaient supposer les échos de la presse, s’autorisant pour le coup des apartés avec le public ou son groupe - dont un des membres fête son anniversaire -. Un show inédit, transgenre et universel qui dépoussière la scène française mais qui, par ses aspects délicats et son jeu avec l’obscurité (sublimé par le théâtre), laisse interrogateur sur son potentiel en plein air dans les festivals de cet été.

> Samedi 19
En off, Lucas - artiste jouant de la basse avec ses pieds - nous offre un blues-garage des bas fonds, tandis que Makali fait une prestation remarquée malgré la pluie. La douceur de leurs chansons et l’esthétisme ambiant ont su apaiser les mécontents. Armée de son accordéon, Yoanna a impressionné par son naturel - limite punk - et son humour décapant, le tout sous une frêle carcasse mais néanmoins sexy. Ez3kiel a poussé plus loin ses explorations en contrées rock avec un set efficace et carré où - malgré quelques problèmes techniques - les vidéos se sont révélées encore plus abouties qu’alors. (était-ce possible ?) The Hives a prouvé une fois encore que le pays d’Ikéa ne sait pas qu’arrondir les angles. Et si Cali harangue la foule avec les mêmes gestes dans une naïveté trop répétée pour être crédible, les punks suédois savent au moins cultiver un égocentrisme teinté d’humour. Le chanteur singe Mick Jagger, tandis que le guitariste se déhanche à la Elvis ou que le groupe lance à la foule une dizaine de baguettes de batterie et une trentaine de médiators. « Le meilleur groupe rock du monde ? » En voilà surtout un qui cultive le mythe avec un second degré désarmant.

Tout le contraire de Justice qui ont pour le coup le mérite d’avoir mieux jouer qu’à leur habitude et d’avoir été - historiquement - programmé trois années de suite. Mais est-ce suffisant ? Les basses saturent et grésillent au sein d’un groove imparable, mais trouvent leur limite dans le peu de générosité de ses protagonistes, cachés dans l’ombre de leurs amplis décoratifs. Au moins Vitalic rappelle l’énergie de The Hacker et se place en nouvel exportateur légitime de la scène électro française. Dommage que le lieu n’ait pas été à la hauteur de l’événement. Un final en trombe, loin des univers sexy et world de Rokia Traoré et Asa présentes le lendemain.

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par Longueur d'Ondes
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Jeudi 24 avril 2008

Plus de 25 ans après leur formation, le duo mythique Catherine Ringer et Frédéric Chichin effectue l’un de ses derniers concerts. Prêts à en découdre avec les festivaliers.

Rita-Mitousko.jpgInimitables. Que l’on aime ou pas les Rita, force est de constater que leur style est singulier. Des frasques de la chanteuse à son déhanché, jusqu’à l’attitude imperturbable du guitariste… Ce sont autant de détails qui ont façonné leur légende. Une esthétique reconnaissable entre mille tant à travers leur look que leurs clips avant-gardistes. Et pour preuve de leur surplus de créativité, le groupe s’était d’ailleurs offert une pause l’année dernière en participant à la création du spectacle « Les Noces de l’Enfant-Roi » (Alfredo Arias) présenté à Versailles.

Le couple conserve sur scène son aura dynamique et éclectique, se réappropriant la new wave, la soul et le rock à la sauce frenchy. La chanteuse ne tient pas en place et harangue la foule d’invectives malines. Leur set list est à l’image de leur dernier album Variety : un mariage franco-anglais tourné vers le rock posé. D’où le duo enregistré avec Sej Tankian, le chanteur de System of A Down. Le concert s’est lui terminé sur une réinterprétation plus libérée de « Marcia Bella » qui a valu au duo une longue ovation en fin de concert. Et tant pis pour leur autre tube « Andy. »

Présents sur le plateau d’Arte à la suite de leur prestation, les Rita Mitsouko ont rappelé leur vision de la musique : l’importance d’apprendre les instruments, l’immaturité de la nouvelle génération rock, la volonté marketing des directeurs artistiques des labels, le peu de gravité du téléchargement illégal et les trop nombreuses subventions attribuées à la musique. Singuliers, disions nous... 

Fred Chichin décèdera par la suite le 28 novembre d’un cancer fulgurant dont il appris l’existence quelques semaines après Rock en Seine.

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par Blog Rock en Seine
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Lundi 21 avril 2008

Exploitant son habituel triptyque (musique traditionnelle / jazzy / électro), le 10ème album du multi-instrumentiste breton cultive ici encore les anachronismes.

Roland-Becker.jpgRien d’étonnant donc pour ce sonneur-arrangeur, pionnier du celtic jazz eighties et actuel professeur d’ethnomusicologie. Le son froid et contemporain des séquences vient judicieusement se briser sur l’amas de cordes et d’instruments à vent. La dimension traditionnelle y est revisitée, digérée et réappropriée au grès des remous organiques et hypnotiques.

Davantage une synthèse qu’une conclusion, l’opus justifie les parenthèses entre minimalisme contemporain et poésie épique. Si l’orchestration sait prendre de l’ampleur, elle sait aussi rendre naturelle les fils rouges vocaux et trip-hop sans jamais céder à l’anecdotique.

Et fort de cette ouverture, le disque prend forme sur scène, mêlant vidéastes, éclairagistes et sculpteurs... A l’image de son généreux auteur.

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par Longueur d'Ondes
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Vendredi 18 avril 2008


Enregistrement.jpgCamille
La chanteuse continue sa relecture du hip-hop acoustique en jouant la carte du jukebox anglophone. White gospel, beatbox mélancolique, folk amère, onomatopées minimalistes, néo-opéra énervé… Camille expérimente autant qu’elle s’approprie les styles, donnant à l’ensemble un goût de sucré-salé festif.


 - -

Gonzales

Le fantasque canadien délaisse le noir&blanc, la mélancolie et les instrumentaux pour reprendre un peu de couleurs. Moins hip-hop, le disque signe un retour à l’autodérision et au chant, avec pour axe narratif le pouvoir, l’amour ou la misanthropie. Survival uptempo et disco eighties sur le déclin, Gonzales joue les poils à gratter.


LIENS
> 1ère partie de l'
interview
> 2ème partie de l'
interview


par Longueur d'Ondes
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Mercredi 16 avril 2008

Qu’elles soient positives ou non, les premières fois ont toutes en commun une dimension indélébile, sorte de passage initiatique à l’âge adulte où la fierté du groupe rencontre la timidité introspective. Le film, par sa douce transgression et son action en suspension, a fait de sa sincérité l’une des plus belles surprises de l’été 2007.

 

Le sujet de Céline Sciamma offre un deuxième regard sur la sexualité des teenagers, peu après le « Et toi t'es sur qui ? » de Lola Doillon. Initialement prévu pour n’être qu’un projet de fin d’études à la Fémis, c’est le réalisateur Xavier Beauvois (« Le Petit Lieutenant ») qui conseille finalement à Céline Sciamma de porter le scénario sur grand écran. Un bienfait car le film sera par la suite présenté à Cannes en 2007 dans la section Un Certain Regard et nominé 3 fois aux Césars. L’idée initiale repose sur les propres désirs confus de la réalisatrice, mêlés à l’imagerie kitch, nostalgique et féminine de la natation synchronisée. Trois amies adolescentes de 15 ans, Marie, Anne et Floriane vont toutes, chacune à leur manière, être en proie à l’initiation sexuelle. Chroniques d’une première fois inoubliable, le temps d’un été, où s’affrontent le regard de l’autre, l’insouciance et la découverte de son corps.

Contexte
Le film s’inscrit dans un sentiment constant d’intemporalité : absence de technologies contemporaine, de références datées ou de mode vestimentaire. Si quelques rares adultes apparaissent, les parents, eux, n’ont pas leur place ici. Ces adolescentes semblent ainsi livrées à elles-mêmes, illustrant au mieux le microcosme solitaire dans lequel navigue cette tranche d’âge. Cergy (Val d’Oise) sert également la langueur ambiante par sa juxtaposition de structures architecturales. Partant de ce fait, la piscine s’impose par son espace ouvert et esthétique, autant que ses sons étouffés en font un huit clos psychologique. Car, plus que jamais ici, le lieu fait office de métaphore parfaite du dévoilement et de l’exultation des corps, de l’introspection personnelle et de la moiteur des désirs.


Contenu
« Naissance des Pieuvres » impressionne par son condensé d’émotions, laissant une grande importance aux silences. La justesse de l’interprétation taillade les sobres plans de plafonds et les rêveries aquatiques. Dans les regards, les attitudes et les souffles, le spectateur devine sans peine les intentions des protagonistes entre l’angoisse de la norme, le soucis d’intégration, l‘affirmation et la découverte de soi. La distance imposée ne sombre jamais dans le voyeurisme facile ou l’intrusion violente, même face au saphisme. Et malgré quelques allégories, la franchise qui y domine extirpe le traitement du sujet des autres ambitions du genre. En témoigne la fraîcheur des premiers essais de Floriane et Marie présentes sur le Dvd. La musique du producteur de TTC est audacieuse, presque contemplatrice face à l’intrigue. Les tâtonnements apportent une grande crédibilité au sujet et n’autorise aucun jugement adulte. La morale amoureuse ne faisant pas loi, le non-dit dévoile plus que la parole, rendant caduc l’habituel teen movie abonné aux blagues potaches ou ses clichés mode. Un film juste, troublant et efficace qui renvoie à sa propre expérience.


Dvd

Le travail de numérisation sert ici magnifiquement le film par son approche contrastée et mesurée. L’unique piste Dolby Digital 5.1 offre une assise importante et dynamique à la bande originale. Un plus, tant les envolées électro, les respirations et les ambiances aquatiques ont leur place dans l’axe narratif. Les menus aussi prolongent l’esthétisme de l’affiche et du générique et participent de ce fait à la mise en place de l’univers visuel. Si l’on peut regretter la présence des traditionnelles bande-annonces et photographies de tournage, on prend plaisir à découvrir quelques scènes coupées et les premiers essais des comédiennes. Et c’est là tout l’intérêt de ces suppléments : on découvre peu à peu la tension et l’ambiguïté qui règnent entre les deux protagonistes, sans le moindre artifice stylistique. Même les scènes coupées laissent entrevoir les choix de la réalisatrice (suppression des signes de caractères trop évidents), préférant le soin au spectateur de se faire sa propre opinion sur les personnages. Des bonus qui préfèrent donc jouer la qualité plutôt que la qualité. Cohérent.


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