Hein hein ! Si l'exercice en a probablement effrayé certains, les autres étaient – pour sûr – en terrain connu, conquis. Volontairement soumis. Car l'un des derniers remparts du néo-métal
90's se tenaient bien là cette nuit, debout sur ses fondations indestructibles, transformant Saint-Cloud en champ des possibles.
La scène fait
penser à ce clip des Foo Figthers (décidément !) « The Pretender »… En fosse, un cordon de sécurité se tient en ligne, au garde à vous, le polo
bordeaux et les bouchons d'oreille de rigueur. Tous sont impassibles devant les provocations d'une foule impatiente, aux aguets. Avant que finalement tout n'explose. Big bang ! En seulement
quelques secondes... De ces lames de fond qui vous ramassent à la cuillère et ne laissent que peu de pitié pour la verdure ainsi rapidement piétinée.
Trois ans ! Trois ans depuis les Rage Against The Machine, que le parc n’avait pas connu l’anarchie. Une telle furie, un cocktail (molotov !) entre colère et énergie. Et le calme avant
la tempête ne fut que de courte durée quand Chino Moreno et ses assaillants donnèrent leur première salve, le temps de tout ravager. La guitare gronde, gueule et s’époumone, la batterie tonne et
les changements entre les chansons sont les seules amnisties éphémères avant que le couperet ne retombe. Inlassablement.
Cette voix hurlée, raclée du fond de la gorge, joue les bras de fer musclés avec les chuchotements et autres cris stridents à vous glacer le sang. On pique une suée devant ces larsens en pleurs
qui réinventent la définition du « Wall of sound ». L’ensemble est massif, délicieusement âpre et rugueux. Collectif. De ces véritables madeleines de Proust juvéniles dont on en
reprendrait chaque jour volontiers. De ces instants qui restent éternellement à prolonger.
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De retour après 6 ans d'absence à Rock en Seine, les Foo Fighters ont su se faire pardonner à coups de missives indélibiles. De
coups de mortier balourdés par une rythmique intrusive. Et avec un public gonflé à bloc, galvanisé - voir électrisé - par le maître des lieux, aucun doute que ce retour en France les a convaincus
de ne plus nous rendre orphelin aussi longtemps.
Un piano minimaliste, une réverb' fantomatique et un univers entre cauchemar et réalité... Le chant des cygnes, cousines de
Björk, est à son apogée. Des trophées plein les cheveux et des cordes d'harpe plein les doigts, elles s'élancent de leurs voix fluettes et cristallines, de ce souffle qui s'étrangle dans les
coins.
Il y a toujours une ambiance particulière, à la scène de la Cascade, avec ces arbres qui s'élancent à l'horizon en bord de
fosse. Le public est encadré, doudouné par cette verdure. Idéal pour accueillir RV Salters, ex-comparse de -M-, de Femi Kuti ou encore du groupe Vercoquin. Le vieil orgue hanté, la rythmique
marquée et les solos blues-rock… Pas de doute, le sorcier des claviers, artisan acharné des textures, est bien là.
BB Brunes, les baby rockers... C'est fini toute cette polémique ?
Pour ceux qui fuient la
fièvre du samedi soir, l’ambiance bas-fonds alcoolisés avec sourires gras et filles de joie, les CCKS préfèrent la version « brunch dominical » des plages du Nord-Ouest. Faut dire que
les Normands nous rejouent le coup de l’invasion anglo-saxonne avec pour embruns des « Wowowo ».
C’était le 8 mai 2005.
Le Wall Street Journal publiait l’article « Faîtes-moi des électrochocs, les Ramones sont devenus mainstream. » 2011, l’imagerie du quatuor punk américain sert à
transformer en homme-sandwich les clients de magasins de fringues à bas prix. Oui, oui. Rien ne se perd, tout se transforme… Rigolez, allez ! Viendra un jour où votre vieille sera affublée d’un
pull cœur croisé à l’effigie de la bestiole d’Iron Maiden.
Mais loin d’être un aboutissement, la 20ème édition est surtout un cap (breton ?).
Un horizon qui espère en reprendre 20 de plus. Avec l‘appétit vorace des grands enfants. Car, cette année encore, de nouveaux records sont à inscrire dans la mythologie du festival : 212 000
entrées payantes (soit 260 000 personnes sur le site, 14 000 de plus qu'en 2010) ; 175 000 billets vendus en seulement trois jours ; et la 2ème fois (avec 2001) que le festival est
complet.













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