Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 15:00


Hein hein !
Si l'exercice en a probablement effrayé certains, les autres étaient – pour sûr – en terrain connu, conquis. Volontairement soumis. Car l'un des derniers remparts du néo-métal 90's se tenaient bien là cette nuit, debout sur ses fondations indestructibles, transformant Saint-Cloud en champ des possibles.


La scène fait penser à ce clip des Foo Figthers
(décidément !) « The Pretender »… En fosse, un cordon de sécurité se tient en ligne, au garde à vous, le polo bordeaux et les bouchons d'oreille de rigueur. Tous sont impassibles devant les provocations d'une foule impatiente, aux aguets. Avant que finalement tout n'explose. Big bang ! En seulement quelques secondes... De ces lames de fond qui vous ramassent à la cuillère et ne laissent que peu de pitié pour la verdure ainsi rapidement piétinée.

Trois ans ! Trois ans depuis les Rage Against The Machine, que le parc n’avait pas connu l’anarchie. Une telle furie, un cocktail (molotov !) entre colère et énergie. Et le calme avant la tempête ne fut que de courte durée quand Chino Moreno et ses assaillants donnèrent leur première salve, le temps de tout ravager. La guitare gronde, gueule et s’époumone, la batterie tonne et les changements entre les chansons sont les seules amnisties éphémères avant que le couperet ne retombe. Inlassablement.

Cette voix hurlée, raclée du fond de la gorge, joue les bras de fer musclés avec les chuchotements et autres cris stridents à vous glacer le sang. On pique une suée devant ces larsens en pleurs qui réinventent la définition du « Wall of sound ». L’ensemble est massif, délicieusement âpre et rugueux. Collectif. De ces véritables madeleines de Proust juvéniles dont on en reprendrait chaque jour volontiers. De ces instants qui restent éternellement à prolonger.

 

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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 12:00


ROCK EN SEINE 2011// Dix minutes d'avance, c'est ce à quoi on a eu droit. La raison ? Un concert qui a démarré plus tôt en raison d'une pluie annoncée. Une gageure, au fond, quand on pense au véritable déluge provoqué par ces dieux du stade. Car Dave Grohl, incarnation du rock parmis les Hommes, a bel et bien su repousser les intempéries pour enflammer le public.



De retour après 6 ans d'absence à Rock en Seine, les Foo Fighters ont su se faire pardonner à coups de missives indélibiles. De coups de mortier balourdés par une rythmique intrusive. Et avec un public gonflé à bloc, galvanisé - voir électrisé - par le maître des lieux, aucun doute que ce retour en France les a convaincus de ne plus nous rendre orphelin aussi longtemps.

Il était heureux le Dave, courant dans tous les sens, mouillant sa chemise, payant son tribut sur l'autel du rock en se battant de tous les diables, en se jetant - corps et (!) âme - dans la foule. Un combat de boxe invisible, tendu et étiré jusqu'à l'os, avec pour comparse Chris Shiflett. « Best of you », entonne le chef de tribu ? Nous pourrions lui retourner le compliment.

Le rock ? Les Foo Fighters vous l'apportent en pleine gueule, le souffle court et rugueux, à avaler d'un trait. Comme un uppercut qui n'attend pas d'excuses. Ca sent le souffre, ouais. Les guitares se donnent des taloches et font exulter une suée bienvenue. Normal, nous direz-vous, il y a quand même 50% de Nirvana sur scène (Grohl & Smear) !

Après deux heures de combat quasi-ininterrompu, l'hymne final retentie : « Everlong » viendra accompagner le redémarrage de la pluie. Car quand ce ne sont plus les riffs qui se déchaînent, c'est bel et bien le ciel qui revient dans la partie. Quoi de plus logique, quand on y pense... Dieu du ciel Vs Dieu du rock ? Tout ça ne reste qu'un petit arrangement entre amis. 


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(écrit avec Mathieu Bouckenhove)


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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 09:00


ROCK EN SEINE 2011// Sorcières ! Impuuures ! Pour peu, les deux prêtresses du psyché-folk se seraient autrefois fait brûler pour tant d'hérésies sonores et au nom de quelques poncifs académiques. Une folie impardonnable, car qui mieux que les Nord-américaines pour habiter les complaintes hantées et les hymnes grinçants ?


Un piano minimaliste, une réverb' fantomatique et un univers entre cauchemar et réalité... Le chant des cygnes, cousines de Björk, est à son apogée. Des trophées plein les cheveux et des cordes d'harpe plein les doigts, elles s'élancent de leurs voix fluettes et cristallines, de ce souffle qui s'étrangle dans les coins.

Ambiance chamanique, ralentie. Les pythies, prêtresses fanatiques d'un culte invisible, contorsionnent les rythmes et suspendent l'instant. Les couches sonores ? Elles se superposent en boucle, au son d'un patchwork esthétique étrange. C'est un théâtre des ombres qui se joue ici, une pièce hybride et rafistolée. Une musique cyborg, dont on ne sait si elle est profondément contemporaine ou anachronique. Mais en tout cas, habitée.

La scène est irréelle, immense coffre à jouets foutraque à ciel ouvert et au charme étrange. Unique. L'ensemble s'anime machinalement, comme un ballet de pantins, après que les auteures eurent volé le maquillage de leur mère. Seules au monde, les petites jouent jusqu'à l'épuisement, à la barbe du croque-mitaine qui guettent l'instant.

Des nouvelles orientations du dernier album, on en aperçoit quelques respirations : là où précisément le hip-hop tutoie l'onirisme lyrique. Et que dire de cette reprise hallucinée de Kevin Lyttle ? Un de ces instants où Dieu, ses anges et quelques démons sont invités à faire hurler les jeux d'enfants, hululer les grésillements.

Magique, tout simplement.


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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 06:00


ROCK EN SEINE 2011// Mauvaises langues, tiens ! Le soleil était là, finalement. Si si… Et pour le voir, il fallait se rendre à la scène de la Cascade, juste avant que les Foo (furieux) Figthers ne provoquent le déluge.


Il y a toujours une ambiance particulière, à la scène de la Cascade, avec ces arbres qui s'élancent à l'horizon en bord de fosse. Le public est encadré, doudouné par cette verdure. Idéal pour accueillir RV Salters, ex-comparse de -M-, de Femi Kuti ou encore du groupe Vercoquin. Le vieil orgue hanté, la rythmique marquée et les solos blues-rock… Pas de doute, le sorcier des claviers, artisan acharné des textures, est bien là.

L'ambiance est à la cool, tranquillou. De ces musiques que l'on rêverait d'avoir dans l'autoradio de sa décapotable, filant sur les routes californiennes. De ces moments frais, revigorants, à écouter - le matin - sur la terrasse en thèque d'un hôtel luxueux, accompagné de son orange pressée. Faut dire que le perfectionniste frenchy est un exilé volontaire de San Francisco depuis 99... A voir les teintes or et bleutés du show, on se dit que le soleil a du transiter par le duty free.

Sur scène, le chanteur sautille comme un gosse trop pressé d'aller à la plage. Les chansons laissent la part belle aux instrus, aux solos en-veux-tu-en-voilà, réduisant les quelques paroles à de simples gimmicks langoureux, seules unités de l'ensemble. De temps à autre, RV Sallers annonce scolairement les morceaux, dont cet inédit « West Point » (a-t-on bien compris ?) qui convoque l'orgue groovy de Stevy Wonder et la guitare funk de Sly Stone. On guetterait presque l'arrivée de choristes black, mais il n'y a que le xylophone doux et tendre du batteur iroquois pour nous consoler.

Roi soleil ? Le mot parait facile. Mais avouez que le « sorcier des claviers», qui en connait à première vue un rayon, l'a bien mérité.


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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 03:00


Une clope à la main, une bouteille d'eau dans l'autre et les lunettes noires de rigueur, Monsieur Rock a fait de son corps une marque vivante, un logo, à l'instar d'un Ardisson ou d'un Lagerfeld. Mais pas seulement : impossible de passer à côté de cette voix nasillarde, et au Franglais caractéristique, sans reconnaître le bonhomme... L'occasion d'une interview sur le fil, juste avant le passage des BB Brunes sur scène.


BB Brunes, les baby rockers... C'est fini toute cette polémique ?
Fin de l'histoire, ouais ! Mais c'est normal...  A chaque nouvelle scène sa polémique, avec l'éternelle rengaine : les vieux contre les jeunes. Nous, on a l'habitude à Rock & Folk. C'était la même chose avec le punk... Voyez, je suis tout en cuir. Ma peau a appris à endurer ! (Rires) En tout cas, je suis fier d'avoir été là au 2ème concert des BB Brunes, au Gibus, quand maintenant ils vendent plus de 350 000 albums.

Vous êtes ici pour des concerts particuliers ?
La rédaction vient vérifier les dires des attachées de presse dithyrambiques... (Rires) Jim Jones Revue, Wu Lyf... Cage the Elephant ! Voilà d'ailleurs un jeune groupe américain qui passe enfin à la radio. Après la mort des Mötley Crüe, des Guns ou du Velvet, on se dit que leur nation a encore de beaux restes.

Vous aviez appris le décès de Kurt Cobain dans l'avion. Et celui d'Amy Winehouse ?
Ca a été très vite ! Une télévision m'a appelé ce fameux samedi après-midi. J'ai été tout de suite vérifier l'info sur Internet : c'était vrai ! Je suis passé en direct à 17h. La pauvre n'a eu le droit qu'à un seul jour de gloire. Dès le lendemain, tout le monde reparlait de DSK... C'est la dure loi de nos nouveaux moyens d'information.

Vous voilà devenu monsieur « nécrologies » !
Oui, c'est vrai... (Rires) D'un autre côté, je suis là depuis 40 ans ! Le public a besoin de référents, de témoins. Mais de toute façon, que dire ? Que dire sur ces artistes qui vendent des millions d'albums à 20-23 ans... Difficile de rester sociable après ça ! La drogue et tout le tralala qui s'en suit... Comment voulez-vous que les mecs arrêtent ? Fuck, quoi.

 

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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 01:00


ROCK EN SEINE 2011// Dans le rock, il y a bien sûr les bad boys qui utilisent le style comme exutoire, saute-mouton psychologique sans limite. Crise post-ado ou mal-être social ? Peu importe. La catharsis reste toujours grisante, quoi qu’autodestructrice et voyeuriste. Et puis, il y a les autres…


Pour ceux qui fuient la fièvre du samedi soir, l’ambiance bas-fonds alcoolisés avec sourires gras et filles de joie, les CCKS préfèrent la version « brunch dominical » des plages du Nord-Ouest. Faut dire que les Normands nous rejouent le coup de l’invasion anglo-saxonne avec pour embruns des « Wowowo ».

Ici, le rock se décline en ballade à cloche-pied sur les côtes pop. On pique-nique, limonade et cupcakes sur une nappe vichy, socquettes blanches et tennis aux pieds. La moitié du groupe est en short, tandis que la chanteuse – leggings et habits de lumière – passe son temps le doigt en l’air, a taquiner la foule comme on batifole avec des vagues espiègles.

Un concert qui s’intensifie au fur et à mesure que la marée humaine s’épaissit et qui rappelle quelques vinyles vintage new yorkais, livrés avec la montée de sève printanière. Une fraîcheur bienvenue pour un après-midi qui ne demande qu’à se prolonger. Une respiration revigorante avant la soirée.

 


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Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 01:00


C’était le 8 mai 2005. Le Wall Street Journal publiait l’article « Faîtes-moi des électrochocs, les Ramones sont devenus mainstream. » 2011, l’imagerie du quatuor punk américain sert à transformer en homme-sandwich les clients de magasins de fringues à bas prix. Oui, oui. Rien ne se perd, tout se transforme… Rigolez, allez ! Viendra un jour où votre vieille sera affublée d’un pull cœur croisé à l’effigie de la bestiole d’Iron Maiden.


Quoi qu’il en soit, force est de constater que le rock a su dépasser le simple exercice de style. De courant musical libertaire à philosophie de vie, il a contaminé tous les bastions cultureux : photo (allez donc voir Rockfolio), vidéo (idem avec Rock en Clips), dessin (Rock’Art), voire littérature (Bibliothèque Rock). Pas mal pour une musique remplie de loosers, de putains, d’autistes, de poètes, de junkies et autres génies.


Surtout la preuve que le rock reste un matériau vivant, ouais ! Et c’est justement cette vivacité qui permet l’émergence de puristes ou d’amateurs occasionnels, de rois déchus ou d’escrocs magnifiques, qui favorise les découvertes ou les débats enflammés. C’est cette réalité à laquelle rend hommage Rock en Seine en faisant le tour du domaine.


Un festival ne reste peut-être qu’un best-of, qu’un morceau immergé de l’iceberg, mais il vous reconnecte au réel. A l’émotion. C’est un shoot d’adrénaline à vivre en live. A avaler d’un trait, le souffle court. Un concentré dionysiaque qui permet d’oublier son quotidien. Bref, un accélérateur de vie qui ne peut se contenter de la chaîne hi-fi ou de l’enceinte de l’ordi.


Foo Fighters, The Kills, Arctic Monkeys, Interpol, Archive, Deftones…
Magnez-vous, qu’on vous dit ! Il se peut qu’un jour, eux aussi, finissent sur un t-shirt de supermarché. Oui, mais voilà. A vos gosses, à vos potes, bombant le torse et plissant le sourcil en regardant l’horizon, vous pourrez leur dire : « J’y étais, petit. J’y étais. » Le reste ? Le reste n’aura foutrement aucune importance.

 

C’est ça, être rock.

 



 


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PS : Pour les absents, et ce depuis 2007, suivez l'actualité du festival à travers la RockCover, son blog officiel. Comptes-rendus des concerts, interviews des artistes, focus sur les révélations, anecdotes en direct des coulisses, vidéos d'ambiance, photos, archives des autres éditions... Bref, retrouvez le parc de Saint-Cloud 24h/24 depuis le blog, l'application mobile et le Facebook du festival.



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Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 01:00

Scorpions, Snoop Dogg, David Guetta, Supertramp, Cypress Hill, Lou Reed, PJ Harvey, The Chemical Brothers…
Que l’on aime ou non, qu’on en pleure, qu’on en rit, qui aurait cru que ces artistes feraient un jour une pause dans le Kreiz Breizh ? Personne, allons ! Et c’est la même ritournelle (bretonne) qui est chantée chaque année depuis la création du festival en 1992.

Vieilles-Charrues-2012.jpg
Mais loin d’être un aboutissement, la 20ème édition est surtout un cap (breton ?). Un horizon qui espère en reprendre 20 de plus. Avec l‘appétit vorace des grands enfants. Car, cette année encore, de nouveaux records sont à inscrire dans la mythologie du festival : 212 000 entrées payantes (soit 260 000 personnes sur le site, 14 000 de plus qu'en 2010) ; 175 000 billets vendus en seulement trois jours ; et la 2ème fois (avec 2001) que le festival est complet.

Anniversaire pluvieux, anniversaire heureux ? Faut croire... C'est toute une fierté qui s'exprime ici chaque jour : la fierté d'être bénévole, de soutenir l'activité locale, économique et artistique. La musique ne reste peut-être que du bruit organisé, mais vu les émotions suscitées, la passion qui en découle, les frissons ressentis – et ce, quelque soit son âge, son origine, sa culture – on ne peut que regretter de ne pas déjà être à demain.

21ème, nous voilà ! On a hâte…



Comptes-rendus de concert

// House of Pain // Misteur Valaire // Dj Zebra // David Guetta // The Inspector Cluzo // Shaka Ponk // Adam Kesher //




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