Dimanche 8 novembre 2009

Loufoque, protéiforme et singulière, l’artiste fait rimer chœurs bulgares avec cors de chasse, bruits parasites et caractère en acier trempé. Car sous les invectives malicieuses de cette obsessionnelle du détail, un leitmotiv maniaque demeure : l’Art ne se contracte pas, il se danse.


Chez vous, l’image est indissociable de la musique…
Effectivement. J’ai toujours  trouvé que les pochettes de disque n’étaient pas très belles, de manière générale. Cette obsession pour l’esthétisme me vient à l’origine de mes études en Histoire de l’Art. La suite s’est imposée à moi : des amis graphistes, un conjoint affichiste et des aventures esthétiques avec Philippe Decouflé Anne Feinsilber ou bien Titouan Lamazou.

Comment votre processus créatif s’exerce-t-il ?
Prenez mon dernier album « Tableau de chasse » … Chaque chanson a été écrite à partir d’une sculpture ou d’une image. Je me suis ruiné en droit de reproduction ! (Rires) « L’Epave » m’a par exemple été inspirée par Rodin. Tout comme Claudel, j’en suis fan. J’aime me mettre à la place du sculpteur, imaginer le bruit du métal (un son par ailleurs réutilisé dans mes rythmes) et comprendre l’acte de créer à partir d’un simple et morne caillou. Idem pour les peintures mystiques et religieuses du musée du Louvre. J’ai l’impression d’entre le chant des anges. D’où mon envie de reproduire cette sensation dans mes chansons. Je peux justifier le moindre de mes arrangements. Rien n’est fortuit.

Au fond, n’est-ce pas un prétexte pour parler de soi ?
Tout à fait. Ca n’est rien d’autre. J’aime écrire à partir du concret, mais j’ai un univers très personnel. C’est tout de même un métier très narcissique… Et je fais avant tout des chansons pour moi. Instinctives et intuitives. Sans me comparer forcément à eux, j’aime l’adage de Radiohead et de Björk : mettre la créativité au service de la notoriété. Et sans consensus.

Le recours à la vidéo oblige-t-il à sacrifier l’aspect spontané du concert ?
Non car je suis plus forte sur scène. Je n’ai jamais le tract. Toute seule, je peux même tenir plus d’une heure. Dès fois, je suis mal lunée, d’autres fois je peux être drôle. Pas d’artifices. En concert, je suis seul avec mes choristes. Pas besoin d’une grosse section derrière. Je n’ai pas de tubes, donc chaque soir est un combat autant qu’un défi. Il faut être courageuse. Rien n’est jamais gagné. Et j’ai annulé un seul concert dans ma vie : j’avais une pneumonie…

Et comment appréhendez-vous les dates ? Le contexte peut être primordiale…
Je considère les dates dans leur globalité. La chaleur ne s’attend jamais là où on l’attend. Une tournée, c’est une colo. On enchaîne les dates sans visiter les villes.


Vous êtes terriblement exigeante avec vous-même…

Il faut être bien accordé avec son label. Moi, je possède une liberté incroyable. Je me dois donc d’être audacieuse et atypique. Je sais également que j’ai un public fidèle et intelligent. Une chance dans un pays culturellement riche mais aux contours parfois un peu fascistes. Ici, on enterre les gens vivants. On est à la ramasse. Et beaucoup vivent sur leur acquis. La variétoch’ n’est vraiment pas faite pour le long terme. C’est longue une pente ascendante… Et ce type de carrières est loin de me faire rêver.

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Photo : Julien Bourgeois



Par Longueur d'Ondes
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Dimanche 4 octobre 2009

La scène rock belge ne sait jamais aussi bien portée, à l’image de leurs compatriotes Ginzhu, Girls in Hawaï, The Tellers, d’Hollywood Porn Stars et Sharko. A l’occasion de la sortie de leur deuxième album, rencontre anglophone avec Philip Bosschaerts (le chanteur/guitariste) et Lies Lorquet (la bassiste/chanteuse) du groupe Mintzkov.

 


Le fait que Minchul (le batteur) et Philip soient graphistes a-t-il une incidence sur la musique ?

Philip : Minchul est effectivement illustrateur, tandis que moi j’étais peindre. Bon, maintenant je me concentre surtout sur la musique, mais je dirais que j'ai encore une manière assez « visuelle » de travailler. C’est assez utile lorsqu'il s'agit d'écrire des textes. Les paroles de chansons, c'est un peu comme des peintures, constituées d'une somme de petites images qui finissent par former un tout...

 

Quel est votre processus créatif ?

P : Ca dépend. Le plus souvent, on compose la musique ensemble, tous les cinq, et moi j'écris les textes. Mais il n'y a pas de vrai plan. Ca dépend un peu de chaque titre. Ce qui fait que le processus reste toujours excitant.

Lies : En général, Philip trouve d'abord une succession d'accords intéressants, tout seul chez lui... J'adore être dans le studio de répétition quand il nous présente ses trouvailles et voir ce que les autres musiciens composent autour de cette base. Les premiers éléments sont toujours la guitare, la basse et la batterie : le squelette de toute chanson de Mintzkov. Philip écrit ensuite les paroles.

 

Comment s’est déroulé l’enregistrement de l’album ? Quelle ligne directrice vouliez-vous lui donner ?

P : Nous avons enregistré « 360° » d'une façon plus live que notre précédent et premier album. Au lieu de faire une sorte de millefeuille de sons, on voulait avoir quelque chose de plus distinct, plus clair... Et sur le prochain, je suis sûr que nous allons essayer encore quelque chose de différent.

L : Techniquement parlant, « 360° » a été enregistré quasiment en direct, tous ensemble dans le studio, avec presque pas d'overdubs à l’exception des voix.

 

Comparé à votre premier album, quels points avez-vous améliorés ?

P : Quand on a fait notre premier album, les gens étaient toujours surpris quand ils nous voyaient en live. Ils s’attendaient plus à un groupe pop. En live, nous avons toujours aimé proposer quelque chose qui avance, qui envoie et, bien sûr, nous aimons un son assez puissant, assez rock.

L : Juste après la sortie en Belgique de notre premier album « M for Means and L For Love » en 2003, nous avons recruté un nouveau guitariste, Daan. Ca a complètement changé notre façon de faire des chansons, car la dynamique apportée par des guitaristes différents n'est jamais réellement comparable.

 

Comment s’est décidé le choix de la pochette ?

P : On a demandé à un ami à nous de faire la pochette. Il est arrivé avec l'image du phénix. Ca a trouvé un écho avec notre sentiment d'être parvenus à faire un nouvel album vraiment bon. Chaque album est un peu comme une renaissance.

L : C'est très intéressant d'avoir un graphiste qui vient poser une image sur la musique que tu fais. Pour nous, cela donne à l'album une nouvelle dimension.

 

L’idée du clip « Ruby Red » vient-elle de Minchul ?

P : Non. En fait, ce sont deux personnes que nous connaissons qui sont venues avec l'idée. On aimait le principe d'un clip qui n'exprime pas directement le thème de la chanson, et le principe d'avoir un type étrange comme personnage principal. C'est un peu surréaliste, mais c'est ça qui est bien. Concernant d'éventuels prochains clips, nous avons toujours des idées assez délirantes, mais pas sûr que le budget suive... Et Steven Spielberg n'est pas toujours disponible !

 L : Minchul a toujours une opinion très sûre et un œil sur tous nos visuels, pochettes, clips, photos... C'est lui qui a choisi la couleur du phénix par exemple. Et, personnellement, je lui fais totalement confiance sur ces sujets. Nous sommes tous fans de ses illustrations !

 

Quels sont vos récents coups de cœur musicaux concernant la scène belge ?

P : Il y a un groupe d'Anvers dont le disque sort bientôt chez nous et qui s'appelle The Hickey Underworld. Leur son est très dur ! C'est un groupe assez extrême avec des influences hardcore et en même temps très mélodique, très pop. Il y a aussi un jeune type de Gand qui s'appelle The Bony King Of Nowhere qui vient de faire un bel album.

L : Quant à moi, j'attends avec impatience le prochain album des Girls In Hawaii. Sur scène, j'adore.



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(Traduction : Jean-Philippe Béraud)




Par Longueur d'Ondes
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Samedi 12 septembre 2009

L'électro, une musique sans visage ni âme ? Allez donc dire ça à The Prodigy et son chanteur punkoïd ou son black MC. Car ce soir, les pionniers de la big beat ont retourné le festival avec rage et férocité. Ambiance rave party des warehouses UK.

nullBruyant. Brutal. Extrême. Le recordman de vente de disques de l'Histoire de la dance music a pratiqué la technique de la terre brûlée. Uppercut dans les gencives. Et nous, K.O., dandelinant de manière hébétée. L'énergie est ainsi demeurée intacte, puissante, explosant à chaque coups sourds des basses, telle le gourdin dans le gong des festivaliers.

Rien, ni personne n'a été épargné, des lumières épileptiques jusqu'à la transe inhumaine à laquelle la foule s'est adonnée. Ni même les nuages de terre atterris dans le gosier. Come on, hey ! Car dans les rangs, c'est l'anarchie, la rebellion. Et chaque déserteur s'est retrouvé pieds et poings liés dans une immense et caractéristique machine à laver.

Sur scène, le punk Keith Flint, petit diable malicieux et entortillé, roule des yeux à la Hannibal Lecter. A vous faire pâlir le slip, le doigt sans cesse en l'air. Signe de défi. Car il règne sur le set une certaine animalité. Une redoutable fureur, style combat de coqs et brâme de cerfs à se frapper le poitrail, déjà envahi de peintures de guerre.

Le MC black - Maxim Reality - crache son flow comme un forcené et bondit nerveusement à chaque déflagration vocale. Il s'échauffe, s'élance sur le ring comme un boxeur voulant rendre les coups. Et répète autant de "Fuck !" et de "Listen !" qu'un bègue fou atteint du syndrôme de la tourette.

"Voodoo People", "Poison", "Breathe", "Smack my bitch up" (assis/debout)... Le beau-frère de Liam Gallagher (belle ironie !) - Liam Howlett - passe le répertoire à la moulinette, hachant menu le hardcore, l'industriel et le breakbeat. Le guitariste, lui, fait sécher sa gratte au ventilo. Tranquille. Larsenant au possible les enceintes de ses riffs gouilleurs.

Puis, ce fut le vide. Le calme après la tempête. Un long râle avant le point de non-retour. Fin du set.

Il y a des silences qui vous habitent une nuit. Il y en a d'autres qui vous traumatisent toute une vie. 


Come back, Prodigy !
 


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Vendredi 11 septembre 2009

Figure héraldique du genre, les bad boys US ont chromé leur heavy glam avec une dose de rock stoner et de blues huileux. Effet garanti. Les groupies, se pâmant à chaque œillade, ont depuis longtemps dépassé le starter. Une chose est sûre, les EODM n'ont rien inventé. C'est clair ! Oui, mais et alors ?

Avec un "Are you readyyy... ?" sous l'aisselle et une lèvre velue à faire pâlir les résidents de l'hospice de Saint-Cloud, Jesse "fuckin" Hugues a réussi à faire dans le défouloir rock. Le tout en jean, s'il vous plaît. Le propos ? Lourd, pesant, ironique et bien léché. Le type même qui se frotte à votre jambe et vous mâchouille le cerveau comme on chique du tabac texan. Et c'est bien dès les premières secondes que la pétaradante machine s'emballe et vrombrit, marquée par les claquements de bottines cirées du maître des lieux.

Sur scène, Stéphane Saunier (programmateur Canal+) et Macy Gray opinent du chef. Il faut dire que le groupe sait y faire : les corps tatoués, les muscles saillants et la sueur aux hormones comme aftershave. Derrière les coups sourds des riffs gras, le batteur s'en donne à cœur joie, style bûcheron débitant du bois, le rictus en plus. Même pas mal.

Les cassures de rythmes embrasent l'assistance. La foule retient son souffle - alcoolisée - prête à galetter le jambon braisé avalé sur le pouce. Ca sent la poudre. Définitivement. Pourtant, rien ne semble perturber les prêteurs sur gage rock. L'attitude est nonchalante, sexy à souhait, à dandiner de l'arrière-train lors de quelques solos bluesy. Quant au torse, il est offert en pâture à une foule repue. A genoux. Domptée.

La guitare Flying V ? Exhibée, telle un grigri tribal, un sex-appeal nicotiné à l'effluve orgasmique. On en reveut encore. Et encore. Marre des kids bien peignés qui squattent les ondes. Pas de doute, la pression a mis ici les têtes en ébullition, sorte de bouillon à l'arsenic de fond de cale. Expression primaire des bas-fonds. Mais la course s'interrompt là, car il faut bien en finir. Avec l'envoi traditionnel de baguettes du batteur et, dans l'air, une dose palpable d'électricité.

Rock you, babes.


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Jeudi 10 septembre 2009

11 ans déjà que le général Patton n'avait pas réuni ses troupes... C'est chose faite ce soir. Et si le set en découragea certains, les fans - en écho - sont loin d'avoir oublié le raz-de-marée provoqué par Album of the Year en 97.

"Sweet sweet Paaaris !" clame Mike Patton, le chanteur hors-norme de la formation. A ses côtés, toute l'équipe de 1997 : Billy Gould, Roddy Bottum, Mike Bordin et Jon Hudson. Ce soir, c'est donc une page de l'Histoire qui se joue.

Il faut dire que Faith no More a su imposer le son d'une génération : celui du métal alternatif. Et, comme si cela ne suffisait pas déjà, les musiciens s'étaient même permis dans leur carrière quelques écarts hip-hop, jazz ou pop. C'est dire !

"Epic", "We care a lot", "Midlife crisis" ou encore la reprise des Commodores "Easy"... Tous ces titres ont donc enfin repris vie.


Sur scène : un rideau rouge lynchien pour toile de fond. Devant : le combo en costards pastels à la porte-flingue, la rose à la pochette et la canne de Patrick Hernandez à la main. La moustache est fine et le cheveu gominé en arrière. Ambiance mafia italienne à souhait. Seul intrus dans le tableau de famille ritale : le batteur et ses dreadlocks. Gloups !

Dans la foule, Mouss - le chanteur de Mass Hysteria - récite par cœur les couplets, tandis que sur scène les guitaristes de Billy Talent et de The Offspring s'amusent à quelques headbangings.


Le micro en écharpe, et après une introduction Soul à rouler des galoches, Patton enchaîne les titres avec sa voix si spécifique. Mi-hargneuse, mi raisonnante. Mélange de cris étranglés et de grondements plutôt nerfs que muscles. La bête tourne en rond comme un félin, grogne, guette et s'asperge d'eau, quand il ne la crache pas tout simplement sur le sol. Hagard.

Et quand "Easy" retentit, c'est le chaud-froid. Le crooner reprend le dessus, gentleman, laissant de côté ses précédents rugissements et autres hurlements de fond de gorge. Coquin, va !

Seule date française de cet été ? Côté émotions, c'est l'hydrocution. Un café, l'addition. Le public en redemande.
 


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Mercredi 9 septembre 2009

Quand le directeur du festival dit penser depuis quelques années à une passerelle entre le rock et la mode, on comprend mieux en croisant dans les coulisses la Beyoncé punk : Ebony Bones. Et, à bien y regarder, on pourrait même se demander s'ils ne sont pas de mèche...
 
nullEx-comédienne londonienne de 28 ans, Ebony Bones est autant un personnage haut en couleur (l'arc-en-ciel est son ami) qu'une boulimique du dressing de la parade Disney. Pour l'occasion, la chanteuse a sorti son habit de lumière, sorte de scoubidou entortillé autour de son corps frêle.

Sur scène, après sa reprise de "Another brick in the wall" des Pink Floyd, sa coiffure rythme les ébats. La choucroute chevelue évoque la crinière de la lionne, effet "saut du lit" ou "fixation extrême". Un nuage crépu de mousse dans un bain de champagne qui tranche avec son joli minois d'ébène. Et dont le naturel ne tient - décidemment - qu'à un cheveu.

L'artiste arrive en retard à sa conférence de presse. Normal. Il fallait bien se changer, tout de même. Le décor ? Un poster, un canapé noir et des coussins rouges, encadrés par deux lampes halogènes. La belle cherche ses mots, réfléchit, interroge le regard des autres de ses mains menues. L'accent est rond, le sourire en coin, et l'artiste joue les délicieuses divas. Pas étonnant qu'elle fut découverte dans une sitcom UK. Ebony Bones sait travailler sa mise en scène.

Exit le collier à boules, bonjour les cubes en mousse, style brassards pour les enfants apprenant à nager. Ambiance Cosplay  japonais du rayon enfants de chez Ikéa. Goldorak n'a plus à rougir avec ses fulguro-poings. Hellboy non plus : la concurrence est rude. Le reste est une liste à la Prévert, de quoi faire pâlir le transformiste Arturo Braquetti. La jupe est courte, laissant entrevoir de longs collants roses. Les semelles sont compensées et tranchent par rapport aux boas en laine tressée qui trônent, tels des trophées, autour de son cou. Quant au maquillage blanc de ses paupières, il est assez excessif pour qu'un battement de cil vous joue les stroboscopes.
 
Bref, un personnage, disions-nous. Hum... Rien de tel - mais avec malice, please - pour vous "saper" le moral.


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Mardi 8 septembre 2009

Ce qu'il faut avant tout retenir de la prestation de Pascal Arbez-Nicolas, c'est toute la difficulté qu'ont les dj's pour occuper une scène. Mais dans le style, l'artiste s'en sort plutôt bien. Voir plus.

nullDepuis le concert de Daft Punk aperçu il y a quelques années à l'An-fer, le dijonnais s'était promis de faire de même. Sûr de lui et de cette nouvelle voie qui se dessinait. Et toc ! En 2001, le dj créait même son label, Citizen Records... Et re-toc ! Obstiné, dîtes-vous ? Le p'tit Pascal a eu raison de persister.

Car question "habillage vidéo", il fallait également compter sur le dompteur de machines. Goutelettes et jets d'eau de lumière, lignes graphiques, équalizer en guise de corde à sauter, personnages saturés... L'ensemble évoque un "Tron" épuré à la mode "Grand bleu" en 3D. Hypnose de masse garanti. 

Tant mieux, car la position statique imposée par l'exercice rend complexe (pour ne pas dire parfois "ingrate") la communion entre l'artiste et son dancefloor. Mais Vitalic veille au grain, hein hein, tel le professeur fou au-dessus de ses pipettes fumantes, lançant quelques frémissements de sourcil à l'assistance. 

Pendant ce temps-là, le public, la main en l'air, le verre dans l'autre et chaloupant du bassin, danse au grès des sons minimalistes et des boucles répétitives. Histoire de tromper la morosité de cette fin de soirée post-Oasis. On se surprend même à croiser quelques fans de tectonik, tiens donc, sans doute perdus en chemin.

Et si le dj s'avère moins entêtant dans les breaks et les montées acides que sur album, son set se démarque davantage par un marathon lancinant, empli de marées synthétiques. Un show oscillant entre l'atmosphérique et l'épique, les clapotis électro en guise de dessert et la ligne de basse en bandoulière. Prêt en redégainer.

Enjoy ! Avis aux clubbers : un nouvel album est prévu pour septembre 2009.


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Par Webcover Rock en Seine
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Lundi 7 septembre 2009

Traînant le pied, la silhouette fil-de-fer, la mèche frisée tombante et les chaussures dorées striées, le Stéphanois s'est prêté au jeu de l'interview.

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Comment vous sentez-vous ?
Excité et stressé. Car, même si chaque festival est différent, il y a toujours une même montée d'adrénaline avant. Je ne réalise même pas ce qui m'arrive. J'essaie juste d'avancer dans ce que je sais faire et dans ce que je veux. Et puis, j'ai un regard assez naïf sur la chose, ayant toujours l'impression d'apprendre.

Quel regard portez-vous sur votre buzz ?
Vous savez, je ne force pas les gens à croire en quelque chose. Je suis ce que je suis. Si ça plait à certains, tant mieux. Je n'ai pas, ou plus, une revanche à prendre sur la vie. C'est vraiment un rêve de faire partager ça avec des gens. J'ai juste peur de me faire manger par le système, donc je m'impose une certaine candeur pour garder un côté authentique.

Internet a-t-il justement été salutaire ?
Je me moque de dire aux gens de ne pas télécharger. Je ne suis pas un donneur de leçons. Du coup, je considère encore Internet comme une chance, car j'ai un besoin viscéral de pouvoir m'expliquer sur mes choix. C'est pour ça que je gère moi-même mon blog ou mon MySpace. D'autant que les reprises sont un excellent moyen de marquer ton univers en l'opposant à l'original.

Qu’en est-il de l'enregistrement d'un deuxième album ?
Je continue à composer, mais je pense qu'il me faudra une vraie pause. Je pense également que je peux peut-être aller plus loin dans les paroles. Par contre, une chose est sûre, je ne chanterai pas en français. Je ne sais pas... Pas à l'aise. L'habitude de chanter du gospel ou les écoutes prolongées des Beatles et d'Elton John. En ce moment, j'écoute Noisettes et Kings of Leon.

Un mot sur Oasis ?
Oasis qui splitte, je trouve ça rock ! Et puis, franchement, c'est Oasis, quoi. Pas de surprise. Moi, ce soir, je serai devant Patrick Wolf.


Par Webcover Rock en Seine
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